vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2113014 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GIDE LOYRETTE NOUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 7 octobre 2021 et 11 novembre 2022, la SCS CECOBIL, représentée par Me Vital-Durand et Me Brusq, avocats, demande au Tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser la somme de 556 583,14 euros, assortie des intérêts de droit à compter du 31 mai 2021, au titre du préjudice subi du fait de la fermeture illégale du commerce qu'elle exploite pour une durée de 24 jours, dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de prononcer la capitalisation des intérêts échus à l'issue d'une année entière en application de l'article 1343-2 du code civil ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SCS CECOBIL soutient que :
- les décisions du préfet des Hauts-de-Seine portant fermeture, d'une part, du 6 février au 6 mars 2021, des quarante commerces non alimentaires du centre commercial " Les Passages de l'Hôtel de Ville " qu'elle exploite à Boulogne-Billancourt, et, d'autre part, du 11 au 18 février 2021, des dix-sept commerces accessibles depuis la voie publique, sont illégales dès lors que le préfet des Hauts-de-Seine ne pouvait prendre en compte la surface de vente de ces dix-sept commerces dans le calcul de la surface commerciale utile au sens du II bis de l'article 37 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 ;
- l'illégalité de ces décisions a été reconnue par la juge des référés du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, par l'ordonnance n° 2102229 du 17 février 2021 ;
- ces illégalités constituent une faute de nature à engager la responsabilité de l'État ;
- cette faute lui a causé un préjudice financier de 556 583,14 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Louazel, rapporteuse ;
- les conclusions de M. Prost, rapporteur public ;
- et les observations de Me Brusq.
La SCS CECOBIL a produit une note en délibéré, enregistrée le 29 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La SCS CECOBIL exploite, sous l'enseigne " Les Passages de l'Hôtel de Ville ", un centre commercial situé 5 rue Tony Garnier à Boulogne-Billancourt. Par des décisions des 6 et 11 février 2021, le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné, en application des dispositions de l'article 37 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020, la fermeture administrative de quarante magasins non alimentaires de ce centre commercial puis de dix-sept de ses commerces accessibles depuis la voie publique. Par un courrier du 27 mai 2021, dont le préfet des Hauts-de-Seine a accusé réception le 31 mai 2021, la SCS CECOBIL a formé une réclamation préalable tendant à l'indemnisation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de l'illégalité des décisions par lesquelles cette autorité lui a fait obligation de procéder à la fermeture de son centre commercial. Le silence gardé par le préfet des Hauts-de-Seine sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par cette requête, la SCS CECOBIL demande au Tribunal de condamner l'État à lui verser la somme de 556 583,14 euros.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
2. Toute illégalité qui entache une décision administrative constitue en principe une faute de nature à engager la responsabilité de l'État. Une telle faute ne peut, toutefois, donner lieu à la réparation du préjudice subi par l'administré concerné lorsque les circonstances de l'espèce sont de nature à justifier légalement la décision, le préjudice allégué ne pouvant alors être regardé comme la conséquence du vice dont cette décision est entachée.
3. Aux termes de l'article 37 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, dans sa version applicable au litige : " II. - () les magasins de vente et centres commerciaux, comportant un ou plusieurs bâtiments dont la surface commerciale utile cumulée calculée dans les conditions du II bis est supérieure ou égale à vingt mille mètres carrés, ne peuvent accueillir du public () II bis.- La surface mentionnée au premier alinéa du II est calculée dans les conditions suivantes : / 1° La surface commerciale utile est la surface totale comprenant les surfaces de vente, les bureaux et les réserves, sans déduction de trémie ou poteau et calculée entre les axes des murs mitoyens avec les parties privatives, et les nus extérieurs des murs mitoyens avec les parties communes. La surface est prise en compte indépendamment des interdictions d'accès au public ; / 2° Il faut entendre par magasin de vente ou centre commercial tout établissement comprenant un ou plusieurs ensembles de magasins de vente, y compris lorsqu'ils ont un accès direct indépendant, notamment par la voie publique, et éventuellement d'autres établissements recevant du public pouvant communiquer entre eux, qui sont, pour leurs accès et leur évacuation, tributaires de mails clos. L'ensemble des surfaces commerciales utiles sont additionnées pour déterminer l'atteinte du seuil de 20 000 m², y compris en cas de fermeture, même provisoire, de mails clos reliant un ou plusieurs établissements ou bâtiments () ".
4. Il résulte de ces dispositions que les surfaces de vente, des bureaux et des réserves des magasins de vente directement accessibles par la voie publique doivent être prises en compte dans le calcul de la surface commerciale utile cumulée.
5. Il résulte de l'instruction que le centre commercial " Les Passages de l'Hôtel de Ville ", exploité par la SCS CECOBIL, comporte des magasins de vente tributaires d'un mail clos d'une surface de 19 628,70 m², des bureaux d'une surface de 201,60 m² ainsi que des magasins de vente directement accessibles par la voie publique d'une surface de 3 907,50 m². Dans ces conditions, la surface totale de vente du centre commercial s'élevait, à la date des décisions attaquées, à plus de 20 000 m². Dès lors, le préfet des Hauts-de-Seine pouvait opposer le seuil de 20 000 m² au centre commercial exploité par la société requérante sans être tenu de déduire, pour le calcul de la surface commerciale utile cumulée de ce centre, les surfaces de vente directement accessibles par la voie publique s'élevant à 3 907,50 m². Par suite, la SCS CECOBIL n'est pas fondée à soutenir que les décisions des 6 et 11 février 2021 auraient été prises en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 37 du décret du 29 octobre 2020.
6. La SCS CECOBIL ne peut utilement soutenir que, par l'ordonnance n° 2102229 du 17 février 2021, la juge des référés du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisie sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a prononcé la suspension de l'exécution de la décision du 11 février 2021 portant fermeture de son établissement, dès lors que, compte tenu de son caractère provisoire, une telle ordonnance est dépourvue de l'autorité de chose jugée.
7. Il résulte de ce qui précède que la SCS CECOBIL n'est pas fondée à soutenir que les décisions des 6 et 11 février 2021 seraient illégales. Dès lors, la société requérante ne justifie d'aucune faute imputable à l'État susceptible d'engager sa responsabilité. Par suite, les conclusions aux fins d'indemnisations présentées par la SCS CECOBIL ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au paiement des intérêts capitalisés.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la SCS CECOBIL doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SCS CECOBIL est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCS CECOBIL et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
La rapporteuse,
signé
M. LOUAZEL
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026