mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2113257 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | BODSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Bodson, demande au tribunal :
1°) la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les revenus auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2018 ;
2°) le sursis à paiement des recettes des titres de recette, avis d'imposition et acte de recouvrement intervenus ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'avis d'imposition contesté est entaché de vice de forme, de défaut de motivation suffisante, de non-respect des règles de prescription, de motivation inexacte, de défaut de base légale, d'erreur de droit et erreur de fait ;
- il est irrégulier, dès lors qu'il n'a pas pu se le voir notifier, ayant dû abandonner le logement qu'il occupait car ne pouvant payer son loyer ;
- l'année 2018 fut une année blanche, en relation avec le changement des modalités déclaratives de l'IR et le passage à la retenue à la source ;
- les sommes qui lui ont été versées en 2018 par la communauté d'agglomération Grand Paris Sud (GPS) constituent une indemnité et qui a pour caractère d'être non imposable à l'impôt sur le revenu ;
- la majoration de 40% n'est pas justifiée au titre de l'article 1718 du code général des impôts, la mise en demeure lui ayant été adressée au titre de ces dispositions ne lui étant pas parvenu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de taxation d'office est inopérant ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jacquinot,
- les conclusions de M. Arnaud Boriès, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B n'ayant pas procédé à la déclaration de ses revenus au titre de l'année 2018 après l'envoi d'une mise en demeure, par une proposition de rectification dont il a été accusé réception le 2 octobre 2020 l'administration fiscale a procédé à l'imposition de ses revenus de l'année 2018 selon la procédure de taxation d'office des articles L. 66 et suivants du livre des procédures fiscales. Par une décision notifiée le 14 août 2021, l'administration fiscale a rejeté la réclamation de M. B. M. B demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2018.
2. Les moyens tirés de vice de forme, de non-respect des règles de prescription, de motivation inexacte, d'erreur de droit et d'erreur de fait de l'avis d'imposition ne sont assortis d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ils doivent dès lors être écartés.
3. Aux termes de l'article R.198-10 du livre des procédures fiscales : " () En cas de rejet total ou partiel de la réclamation, la décision doit être motivée. () ". Les irrégularités qui peuvent entacher la décision prise par le service sur la réclamation du contribuable sont sans influence sur la validité de l'imposition contestée et ont pour seul effet de priver l'administration et, après elle, le juge, de la possibilité d'opposer au contribuable la tardiveté de ses conclusions devant le tribunal administratif. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision statuant sur leur réclamation préalable doit être écarté comme inopérant.
4. Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : / 1° à l'impôt sur le revenu, les contribuables qui n'ont pas déposé dans le délai légal la déclaration d'ensemble de leurs revenus ou qui n'ont pas déclaré, en application des articles 150-0 E et 150 VG du code général des impôts, les gains nets et les plus-values imposables qu'ils ont réalisés, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 67 ; ". Aux termes de l'article L. 67 du même livre : " La procédure de taxation d'office prévue aux 10 et 40 de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. () / Il n'y a pas lieu de procéder à cette mise en demeure si le contribuable change fréquemment de lieu de séjour ou séjourne dans des locaux d'emprunt ou des locaux meublés, ou a transféré son domicile fiscal à l'étranger sans déposer sa déclaration de revenus, ou si un contrôle fiscal n'a pu avoir lieu du fait du contribuable ou de tiers. ". Aux termes de l'article L. 193 du même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ".
5. Pour être régulière, la mise en demeure adressée au contribuable en application de ces dispositions doit être notifiée à la dernière adresse qu'il a officiellement communiquée à l'administration fiscale. En cas de changement de domicile, il appartient au contribuable d'établir qu'il a fait les diligences nécessaires pour informer l'administration de sa nouvelle adresse ou qu'il a pris les précautions nécessaires pour que le courrier lui soit adressé à sa nouvelle adresse, en informant La Poste de sa nouvelle adresse et en lui demandant que son courrier y soit réexpédié.
6. Il est constant que M. B n'a pas déposé dans le délai légal sa déclaration d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2018. Il ne conteste pas davantage que la mise en demeure de déclarer ses revenus ainsi que la proposition de rectification ont bien été notifiés à la dernière adresse connue de l'administration fiscale, sans qu'exerce une influence le fait qu'il ait dû brutalement quitter son ancien logement en raison de difficultés d'ordre professionnel. Par suite, la procédure de taxation d'office a été appliquée à bon droit et la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions supplémentaires incombe au requérant. Le moyen tiré d'un défaut de base légale de la décision attaquée doit également être écarté.
7. Il résulte de l'instruction que si M. B fait valoir que les revenus perçus par lui au titre de l'année 2018 ne constituent pas des salaires mais une indemnisation exonérée d'imposition sur le revenu, il ne verse aucune preuve s'agissant de la nature des sommes qui lui ont été versées et n'apporte aucun élément de nature à permettre de considérer que ces sommes pourraient être susceptible d'exonération d'impôt sur le revenu. Le moyen tiré de l'absence de bien-fondé de l'imposition d'office de l'impôt sur le revenu pour l'année 2018 doit dès lors être écarté.
8. Aux termes du A du II de l'article 60 de la loi du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 : " Les contribuables bénéficient, à raison des revenus non exceptionnels entrant dans le champ du prélèvement mentionné à l'article 204 A du code général des impôts, tel qu'il résulte de la présente loi, perçus ou réalisés en 2018, d'un crédit d'impôt modernisation du recouvrement destiné à assurer, pour ces revenus, l'absence de double contribution aux charges publiques en 2019 au titre de l'impôt sur le revenu. ". Aux termes du L de cet article : " () 3. Seuls les revenus déclarés spontanément par le contribuable sont pris en compte dans le calcul du montant du crédit d'impôt prévu au A et du crédit d'impôt complémentaire prévu au 3 du E. ".
9. M. B n'a pas déposé de déclaration sur ses revenus de l'année 2018, malgré la mise en demeure régulièrement notifiée conformément aux points 2 à 5 du présent jugement. Son imposition a dès lors été établie selon la procédure de taxation d'office prévue à l'article L. 66 de livre de procédure fiscale. Dans ces conditions, les revenus perçus en 2018 ne pouvaient, en application du 3 du L de l'article 60 de la loi du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 précité, être pris en compte dans le calcul du montant du crédit d'impôt modernisation du recouvrement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'imposition d'impôt sur le revenu pour l'année 2018, qu'il qualifie " d'année blanche " serait irrégulière.
10. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; /b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; "
11. M. B n'a pas déposé de déclaration sur ses revenus de l'année 2018, malgré la mise en demeure régulièrement notifiée conformément aux points 2 à 5 du présent jugement. Par suite, c'est à bon droit que le service a appliqué aux impositions supplémentaires mises à sa charge la majoration de 40 % prévue par le b du 1 de l'article 1728 du code général des impôts en cas de défaut de déclaration dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure.
12. Le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions de la requête tendant au sursis de paiement de l'imposition contestée se trouvent ainsi privées d'objet et ne peuvent qu'être rejetées.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la directrice départementale des finances publiques du département du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
M. Jacquinot, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le rapporteur,
M. Jacquinot
Le président,
T. Bertoncini La greffière,
K. Nabunda
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2113257
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026