Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2113704
vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2113704 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème Chambre (JU) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 octobre 2021, et des pièces complémentaires enregistrées les 1er février 2022, 8 février 2022, 26 mai 2022 et 11 avril 2024, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 août 2021, par laquelle le directeur de l'agence Pôle emploi de Nanterre lui a refusé le bénéfice de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
M. A soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- il se trouve dans une situation de grande précarité dès lors qu'il se retrouve privé de son unique source de revenue depuis le mois d'août 2021.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 janvier et 2 février 2022, la directrice régionale de Pôle emploi (devenu France Travail) Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête de M. A est irrecevable dès lors qu'elle ne contient aucun moyen de légalité à l'encontre de la décision attaquée ;
- les pièces fournies par M. A ne lui permettent pas de bénéficier du versement de l'allocation de solidarité spécifique ;
- M. A peut demander le réexamen de sa demande en fournissant de nouvelles pièces à l'appui de son dossier.
Par un courrier en date du 19 avril 2022, une demande d'accord pour médiation a été proposée à M. A et à la directrice régionale de Pôle emploi Île-de-France, qui l'ont acceptée. La médiation n'ayant pas abouti, l'affaire est retournée à l'instruction le 7 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
En application des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, la rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Griel, magistrate désignée ;
- et les observations de M. A, le requérant
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 30 août 2021, le directeur de l'agence Pôle emploi de Nanterre a classé sans suite la demande de versement de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) présentée par M. A, au motif qu'il ne remplissait pas les conditions d'activité et de ressources, en application des dispositions de l'article R. 5423-1 du code du travail.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active ou à l'aide exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
3. Dès lors il appartient au tribunal de se prononcer directement sur les droits de M. A à l'ASS, sans avoir à se prononcer sur le vice propre de l'acte invoqué par le requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation qui concerne un éventuel vice propre de la décision attaquée et est dépourvu d'influence sur les droits réels du demandeur de l'allocation qui sont déterminés par le juge dans le cadre du recours contentieux, doit être écarté comme inopérant.
4. Aux termes de l'article L. 5423-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation de solidarité spécifique les travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits à l'allocation d'assurance, qui ne satisfont pas aux conditions pour bénéficier de l'allocation des travailleurs indépendants prévue à l'article L. 5424-25 et qui satisfont à des conditions d'activité antérieure et de ressources. ". Et aux termes du 3° de l'article R. 5423-1 du même code : " Pour bénéficier de l'allocation de solidarité spécifique, les personnes mentionnées à l'article L. 5423-1 : / 1° Justifient de cinq ans d'activité salariée dans les dix ans précédant la fin du contrat de travail à partir de laquelle ont été ouverts leurs droits aux allocations d'assurance. En ce qui concerne les personnes ayant interrompu leur activité salariée pour élever un enfant, cette durée est réduite, dans la limite de trois ans, d'un an par enfant à charge ou élevé dans les conditions fixées à l'article R. 342-2 du code de la sécurité sociale () / 3° Justifient, à la date de la demande, de ressources mensuelles inférieures à un plafond correspondant à 70 fois le montant journalier de l'allocation pour une personne seule et 110 fois le même montant pour un couple. "
5. Il ressort des pièces du dossier que le directeur de l'agence Pôle emploi de Nanterre a rejeté la requête de M. A au motif que les documents fournis ne permettent pas de justifier de ressources mensuelles inférieures au plafond fixé par l'article R. 5423-1 du code du travail correspondant à 110 fois le montant journalier de l'allocation de solidarité spécifique. Il soutient que les pièces fournies par M. A sont illisibles et ne permettent pas d'examiner sa situation. Il ressort également des pièces du dossier, et notamment des avis d'imposition de 2021 et 2020, pour ses revenus de 2020 et 2019, que la moyenne mensuelle des ressources déclarées par le foyer de M. A, marié à la date de la décision du 30 août 2021, s'élève à 3 555,50 euros. Ce montant est supérieur au plafond fixé par l'article R. 5423-1 du code du travail pour un couple, soit la somme de 1860,10 euros. Par suite, le niveau de ressources financières du requérant, apprécié au regard de la période de référence, ne lui ouvrait droit au bénéfice de l'allocation de solidarité spécifique. Dès lors, le directeur de l'agence Pôle emploi de Nanterre a fait une exacte application des dispositions précitées en lui refusant le bénéfice de cette allocation.
6. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du directeur de l'agence Pôle emploi de Nanterre en date du 30 août 2021. Néanmoins, le requérant s'il s'y croit fondé peut ainsi que l'y a invité France travail en défense, à présenter une nouvelle demande qui sera examinée au regard de sa situation actuelle.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice régionale de France Travail Île-de-France.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024
La magistrate désignée
signé
H. LE GRIEL
La greffière
signé
E. PRADELLa République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026