jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2113848 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 11ème Chambre |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2021, Mme C B, représentée par Me Lequillerier, demande au tribunal :
1°) de condamner l'établissement public de santé Roger Prévot à lui verser, au titre de salaires impayés pour la période de 2015 à 2021, la somme totale de 32 805,71 euros, majorée des intérêts de droit à compter de la décision à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement public de santé Roger Prévot la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'établissement public de santé Roger Prévot aux entiers dépens.
Mme B soutient qu'elle est fondée à demander :
- la somme de 7 560 euros, correspondant à 14 jours de travail effectués en sus de ses obligations horaires au titre de l'année 2015 et des années 2017 à 2021 ;
- la somme de 5 245,71 euros, correspondant aux temps de pause qu'elle n'a pas pu prendre, dès lors qu'elle travaillait de manière isolée au cours des années en litige ;
- la somme de 6 000 euros, au titre de la prime de nuit, de 1 000 euros par an, qu'elle aurait dû percevoir au cours de chacune des six années en litige ;
- la somme de 14 000 euros au titre des heures de nuit effectuées et non rémunérées.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juillet 2024, l'établissement public de santé Roger Prévot, représenté par Me Falala, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'établissement public de santé Roger Prévot fait valoir :
- à titre principal, que la requête est irrecevable, dès lors qu'elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- à titre subsidiaire, que les demandes de Mme B ne sont pas fondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°2002-9 du 4 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prost, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Charlery, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Goulard, représentant l'établissement public de santé Roger Prévot.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 31 janvier 1969, adjointe administrative principale, occupe les fonctions de standardiste au sein de l'établissement public de santé Roger Prévot. Par un courrier en date du 26 avril 2021, elle a demandé le paiement d'indemnités non perçues depuis 1990, d'un montant total de 58 690 euros et correspondant à des temps de pause non pris, à des jours de réduction de temps de travail et à des primes de nuit non versées et à des heures de nuit non majorées. L'établissement public de santé Roger Prévot a rejeté sa réclamation par un courrier en date du 20 mai 2021. Mme B a présenté à la directrice de l'établissement public de santé Roger Prévot un recours gracieux, le 1er juillet 2021, auquel il n'a pas été répondu. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de faire droit à ses demandes qu'elle limite à la période courant de 2015 à 2021 et à la somme de 32 805,71 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En premier lieu, Mme B fait valoir que ses fonctions de standardiste l'ont conduite à travailler au-delà de la durée hebdomadaire légale de 35 heures. Toutefois, en se bornant à indiquer qu'elle a travaillé 206 jours, soit 1 521h30, au cours de l'année 2003, qui n'est pas en litige, et alors que le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum et en fonction d'aménagements horaires propres à l'exercice des missions confiées, Mme B, qui a, par ailleurs, régulièrement bénéficié du paiement d'heures supplémentaires, n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'établir que l'établissement public de santé Roger Prévot serait effectivement redevable de rémunérations non versées au titre des années querellées. Ce moyen doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, il est constant que, lorsqu'un agent public accomplit six heures de travail effectif par jour, son employeur est tenu de lui accorder un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes qui peut, le cas échéant, coïncider avec la pause déjeuner. Alors même qu'il doit être pris par l'intéressé à un moment fixé par l'employeur en fonction des nécessités du service, le temps de pause durant lequel l'agent n'est pas à la disposition de son employeur et peut vaquer librement à ses occupations personnelles ne constitue pas un temps de travail effectif et ne doit, par suite, pas être rémunéré.
4. Il résulte des plannings de travail versés aux débats par Mme B pour les années 2015 à 2021 que la requérante a effectué plus de six heures de travail effectif par jour travaillé. Elle devait ainsi bénéficier d'un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes. Toutefois, il résulte de l'instruction que Mme B n'établit pas qu'elle était isolée et qu'elle n'a pas été en mesure de prendre ses temps de pause, dès lors qu'il résulte de ces mêmes plannings que d'autres standardistes étaient régulièrement affectés sur les mêmes plages horaires que les siennes. En tout état de cause, les temps de pause ne constituant pas un temps de travail effectif, ils n'avaient pas à être rémunérés. Dans ces conditions, à supposer même que Mme B n'ait pas pu prendre l'ensemble de ses temps de pause, elle n'est pas fondée à demander à l'établissement public de santé Roger Prévot de rémunérer ces temps de pause.
5. En troisième lieu, Mme B soutient qu'elle aurait dû bénéficier d'une prime de nuit de 1 000 euros par an et que toutes ses heures de nuit n'ont pas été indemnisées. Toutefois, il résulte de l'instruction que, d'une part, deux standardistes travaillaient exclusivement la nuit, ce qui n'était pas le cas de la requérante qui n'a effectué que quelques nuits de remplacement au cours des années en litige et, d'autre part, que la requérante a bénéficié du paiement d'heures supplémentaires de nuit, ainsi qu'il ressort des bulletins de salaires qu'elle produit. Dans ces conditions, faute de précisions suffisantes, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par l'établissement public de santé Roger Prévot, que les conclusions indemnitaires de Mme B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions liées au frais du litige :
7. L'établissement public de santé Roger Prévot n'étant pas la partie perdante à l'instance, les conclusions de Mme B présentées au titre des articles L.761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a également lieu de rejeter les conclusions de l'établissement public de santé Roger Prévot présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'établissement public de santé Roger Prévot sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à l'établissement public de santé Roger Prévot.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. d'Argenson, président,
M. Prost, premier conseiller,
M. Robert, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
F.-X. Prost
Le président,
signé
P.-H. d'ArgensonLa greffière,
signé
M. A
La République mande et ordonne à la ministre de la Santé et de l'Accès aux soins en ce qui la concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2113848
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026