Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2114247
jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2114247 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I. Par une demande enregistrée sous le n° 2114247 le 27 septembre 2021 et des mémoires enregistrés le 2 octobre 2023 et le 16 novembre 2023, en vue d'obtenir l'exécution du jugement n° 1902532 du 1er juillet 2021 par lequel le tribunal a annulé la décision du 5 février 2019 du directeur de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) lui refusant un droit au départ anticipé à la retraite au titre de la catégorie active, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'enjoindre à la CNRACL de lui accorder la jouissance de sa pension de retraite de façon rétroactive à compter du 1er août 2018 ;
2°) d'enjoindre à la CNRACL de réviser le montant de sa pension de retraite en prenant en compte les trimestres travaillés du 1er août 2018 au 31 juillet 2021 ;
3°) d'enjoindre à la CNRACL de lui verser une indemnité au titre des préjudices qu'il estime avoir subis ;
4°) de l'exonérer en totalité des impôts sur les sommes qu'il va percevoir.
Par un mémoire du 8 juin 2022 la CNRACL conclut au rejet de la demande de M. B.
Par un courrier du 19 janvier 2024, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible de se fonder sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tenant à ce qu'il soit enjoint à la CNRCAL de réviser le montant de la pension de retraite de M. B en prenant en compte les trimestres travaillés du 1er août 2018 au 31 juillet 2021 ainsi que celles tenant à ce que la CNRACL lui verse une indemnité correspondant aux préjudices qu'il estime avoir subis dès lors qu'il s'agit de litiges distincts qui ne se rapportent pas à l'exécution du jugement du 1er juillet 2021. Par ce même courrier elles ont été informées de ce que le jugement était susceptible de se fonder sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tenant à ce que M. B soit exonéré en totalité des impôts sur les sommes perçues sont irrecevables dès lors qu'elles ne relèvent pas de l'office du juge administratif.
II. Par une demande, enregistrée sous le n° 2307629 le 18 avril 2023 et des mémoires, enregistrés le 13 juin 2023, 23 août 2023 et le 16 novembre 2023, en vue d'obtenir l'exécution du jugement n° 1902532 du 1er juillet 2021 par lequel le tribunal a annulé la décision du 5 février 2019 du directeur de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) lui refusant un droit au départ anticipé à la retraite au titre de la catégorie active, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'enjoindre à la CNRACL de lui accorder la jouissance de sa pension de retraite de façon rétroactive à compter du 1er août 2018 ;
2°) d'enjoindre à la CNRACL de réviser le montant de sa pension de retraite en prenant en compte les trimestres travaillés du 1er août 2018 au 31 juillet 2021 ;
3°) d'enjoindre à la CNRACL de lui verser une indemnité au titre des préjudices qu'il estime avoir subis.
4°) de l'exonérer en totalité des impôts sur les sommes qu'il va percevoir.
Par un mémoire du 22 juin 2023, la CNRACL conclut au rejet de la demande de M. B.
Par un courrier du 19 janvier 2024, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible de se fonder sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tenant à ce qu'il soit enjoint à la CNRCAL de réviser le montant de la pension de retraite de M. B en prenant en compte les trimestres travaillés du 1er août 2018 au 31 juillet 2021 ainsi que celles tenant à ce que la CNRACL lui verse une indemnité correspondant aux préjudices qu'il estime avoir subis dès lors qu'il s'agit de litiges distincts qui ne se rapportent pas à l'exécution du jugement du 1er juillet 2021. Par ce même courrier elles ont été informées de ce que le jugement était susceptible de se fonder sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tenant à ce que M. B soit exonéré en totalité des impôts sur les sommes perçues sont irrecevables dès lors qu'elles ne relèvent pas de l'office du juge administratif.
Vu :
- le jugement n°1902532 du 1er juillet 2021 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des pensions de retraites civiles et militaires ;
- le décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Goudenèche, rapporteure,
-et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 1902532 du 1er juillet 2021, le tribunal a annulé la décision du 5 février 2019 par laquelle le directeur de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) a refusé de reconnaître à M. B un droit au départ anticipé à la retraite au titre de la catégorie active. M. B demande au tribunal d'enjoindre à la CNRACL de prendre les mesures qu'impliquent un tel jugement.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2114247 et n° 2307629 de M. B présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la recevabilité :
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du décompte définitif de pension produit en défense, qu'à la suite du jugement n° 1902532 la CNRACL a révisé le montant de la pension accordée à M. B. Si ce dernier entend contester la régularité du calcul que l'administration a effectué pour réviser sa pension, il soulève ainsi un litige distinct qui ne se rapporte pas à l'exécution du jugement du 1er juillet 2021 et dont il n'appartient pas au tribunal de connaître dans le cadre de la présente instance. Il suit de là que les conclusions doivent être rejetées.
4. En deuxième lieu, l'exécution du jugement du 1er juillet 2021, qui n'avait pas pour objet d'indemniser le requérant au titre des préjudices qu'il estimait avoir subis en raison de l'illégalité fautive de la décision du 5 février 2019, n'implique pas qu'il soit enjoint à la CNRACL de verser à M. B une telle indemnité, au demeurant non chiffrée. Ce dernier soulève ainsi un litige distinct dont il n'appartient pas au tribunal de connaître dans le cadre de la présente instance. Il suit de là que les conclusions doivent être rejetées.
5. En dernier lieu, il n'appartient pas au juge administratif, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, de se prononcer sur des conclusions autres que celles tendant à l'annulation d'une décision ou à la condamnation d'une personne publique au versement d'une somme d'argent. Dès lors, en lui demandant de l'exonérer en totalité des impôts sur les sommes qu'il va percevoir, M. B saisit le tribunal de conclusions qui ne relèvent pas de l'office du juge administratif, auquel il n'appartient pas de faire œuvre d'administrateur. Par suite, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur les autres conclusions :
6. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
7. Si le jugement rendu le 1er juillet 2021 a annulé la décision du 5 février 2019 refusant de reconnaitre au requérant un droit au départ anticipé à la retraite au titre de la catégorie active, il est constant que ce dernier n'a été radié des cadres que le 1er août 2021. Ainsi, l'exécution de ce jugement n'implique pas de lui accorder de façon rétroactive, à compter du 1er août 2018, date à laquelle il y avait légalement droit, la jouissance de sa pension de retraite dès lors qu'il s'est maintenu en position d'activité et ainsi perçu le traitement équivalent au service fait. Il suit de là que les conclusions doivent être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes n° 2114247 et n° 2307629 présentées par M. B doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Les requête n° 2114247 et n°2307629 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse des dépôts et des consignations.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. Bourragué, premier conseiller,
Mme Goudenèche, conseillère,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La rapporteure,
signé
C. Goudenèche
La présidente,
signé
C. Bories
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et économique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2114247 et 2307629
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