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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2114346

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2114346

mardi 14 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2114346
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème Chambre
Avocat requérantCABINET DELPEYROUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 novembre 2021 et 26 décembre 2023, la société par action simplifiée (SAS) Martek Promotion, représentée par la selarl Delpeyroux et associés, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 et de rétablir le crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont elle disposait ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le coefficient de déduction de taxe sur la valeur ajoutée appliqué par l'administration est erroné dès lors que son activité d'acquisition et de location en réméré constitue une activité accessoire à son activité principale de promotion immobilière et doit donc être exclue de ce calcul ;

- en tout état de cause, l'administration a affecté à tort à l'activité d'acquisition et de location en réméré plusieurs dépenses ;

- compte tenu des calculs erronés de l'administration, il y a lieu de rétablir le crédit de taxe sur la valeur ajoutée remis en cause.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mai 2022 et 28 août 2024, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction du contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la SAS Martek Promotion ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jacquinot,

- les conclusions de M. Boriès, rapporteur public,

- et les observations de Me Henry-Stasse, représentant la SAS Martek Promotion.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Martek Promotion, qui exerce une activité de promotion immobilière de logements, a fait l'objet d'une vérification générale de comptabilité sur la période allant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017. A l'issue de ce contrôle, le service a fait part à la société, par une proposition de rectification en date du 7 juin 2019, de son intention d'effectuer des rectifications en matière de taxe sur la valeur ajoutée, d'impôt sur les sociétés et de taxe sur les salaires. Par courrier du 29 juillet 2019, la SAS Martek Promotion a contesté l'ensemble de ces rectifications. Le 8 août 2019, l'administration a admis en déduction de taxe sur la valeur ajoutée certaines opérations au titre des années 2016 et 2017. Par courrier du 22 avril 2021, la société a contesté les rappels de TVA déductible et l'annulation du crédit de TVA. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision de rejet le 17 septembre 2021. La SAS Martek Promotion demande au tribunal la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 et de rétablir le crédit de taxe sur la valeur ajoutée constitué.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 206 de l'annexe II au code général des impôts : " () 3° Pour l'application des dispositions du 1°, il est fait abstraction du montant du chiffre d'affaires afférent : () b. Au produit des opérations immobilières et financières accessoires exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée. Sont considérées comme accessoires les opérations qui présentent un lien avec l'activité principale de l'entreprise et dont la réalisation nécessite une utilisation limitée au maximum à 10 % des biens et des services grevés de taxe sur la valeur ajoutée qu'elle a acquis. () ".

3. Il résulte de l'instruction que l'activité d'acquisition et de location en réméré exercée par la SAS Martek Promotion n'est pas habituelle, mobilise une seule personne pour les transactions effectuées et a pour seul objectif de placer sa trésorerie. La société requérante ne fournit par ailleurs aucun élément permettant d'effectuer un lien entre cette activité de placement de trésorerie et son activité principale de promotion immobilière. Dès lors, en l'absence de tout lien établi entre l'activité d'acquisition et de location en réméré exercée par la SAS Martek Promotion et son activité principale, c'est à bon droit que l'administration a considéré que cette activité ne pouvait revêtir le caractère d'une activité exercée à titre accessoire.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 177 du livre des procédures fiscales : " En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée déductible dans les conditions fixées par l'article 271 du code général des impôts, les redevables doivent justifier du montant de la taxe déductible et du crédit de taxe dont ils demandent à bénéficier, par la présentation de documents même établis antérieurement à l'ouverture de la période soumise au droit de reprise de l'administration ". Il suit de là que la SAS MARTEK PROMOTION supporte la charge de la preuve du bien-fondé du crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont elle demande le rétablissement.

5. Pour rejeter la demande de rétablissement de crédit de taxe sur la valeur ajoutée effectuée par la SAS Martek Promotion, l'administration fiscale a considéré que la société n'apportait aucun élément de nature à justifier que les dépenses effectuées auprès de certains fournisseurs étaient intégralement affectées à son activité principale. L'administration fiscale en a déduit que ces dépenses constituaient des frais généraux, lesquels se voient appliquer un coefficient de déduction de la taxe sur la valeur ajoutée.

6. Il résulte de l'instruction que si la SAS Martek Promotion fait valoir que plusieurs dépenses effectuées auprès de fournisseurs ne sont susceptibles que d'être affectées à son activité de promotion immobilière, tandis que d'autres n'ont profité que de manière très marginale à son activité de vente à réméré, elle ne produit aucune facture ou justificatif à l'appui de ses assertions écrites. En outre, elle admet également que certaines de ses dépenses ont ainsi été de nature à servir son activité de vente à réméré, et sont donc comprises dans le champ des frais généraux. Dans ces conditions, la SAS Martek Promotion n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a appliqué le coefficient de déduction de la taxe sur la valeur ajoutée sur les dépenses analysée comme constituant des frais généraux.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SAS Martek Promotion doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administration.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS Martek Promotion est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Martek Promotion et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction du contrôle fiscal Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,

M. Jacquinot, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 janvier 2025.

Le rapporteur,

Signé

M. Jacquinot

Le président,

Signé

T. Bertoncini La greffière,

Signé

K. Nabunda

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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