lundi 8 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2114852 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre (JU) |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 novembre 2021, 4 octobre et 19 octobre 2023 ainsi qu'un mémoire récapitulatif enregistré le 12 janvier 2024, M. et Mme B et M. D, représentés par Me Cabral, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°2021/60 du 15 juillet 2021 par lequel le maire de Boisemont les a mis en demeure de prendre chacun en ce qui les concerne, toutes les mesures pour garantir la sécurité de la portion de mur leur appartenant et portant séparation avec la parcelle communale cadastrée section A n°551 ; ensemble, la décision du 13 octobre 2021 par laquelle le maire de Boisemont a implicitement rejeté le recours gracieux formé à l'encontre de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Boisemont une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le mur objet du litige n'est pas un mur mitoyen et appartient à la commune de Boisemont ;
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation dès lors que :
* le rapport rendu par Mme E le 4 février 2021 ne l'a pas été dans un délai de 24 heures suivant sa désignation par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise de sorte que cette experte ne peut être regardée comme étant désignée sur le fondement de ces dispositions ;
* le bureau d'études désigné par le maire de Boisement pour rendre son diagnostic s'est fondé sur les constats de sa visite du 23 mars 2021, soit plus de trois mois avant la restitution de son diagnostic ce qui atteste de l'absence de danger imminent ;
*l'état du mur litigieux ne relève pas, à la date du jugement, de la situation de danger imminent au sens de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation.
- l'arrêté attaqué est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 avril 2022, 30 juin, 17 octobre et 9 novembre 2023 ainsi qu'un mémoire récapitulatif enregistré le 12 janvier 2024, la commune de Boisemont, représentée par Me Béguin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le mur faisant l'objet de l'arrêté attaqué est propre aux parcelles appartenant à M. et Mme B et à M. D et ne constitue pas un mur mitoyen ainsi que l'a jugé la cour d'appel de Versailles dans un arrêt n°18/02388 du 20 juin 2023 ;
- l'arrêté attaqué a été pris à la suite du constat de l'expert désigné par le tribunal administratif sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation de l'existence d'un danger grave et imminent et du diagnostic réalisé le 1er juin 2021 par le bureau d'étude BMI ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- l'arrêt de la cour d'appel de Versailles n°18/02388 du 20 juin 2023 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Zaccaron Guérin, conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, magistrate désignée,
- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
- les observations de Me Cabral, représentant les requérants,
- et les observations de Me Béguin, représentant la commune de Boisemont.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite du rapport du 4 février 2021 de l'expert désigné par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, et d'une étude diagnostic réalisée par le bureau d'études Brizot et Masse Ingénierie (BMI) le 1er juin 2021, le maire de Boisement a édicté un arrêté n°2021/60 le 15 juillet 2021 portant mise en sécurité du mur longeant les parcelles cadastrées section A numéro 528, appartenant à M. A B et Mme F B, numéros 564 et 567 appartenant à M. C D et numéro 551, appartenant à la commune de Boisemont donnant respectivement sur les numéros 36, 32 et 38, Grande Rue et le 22 rue Maurice Fouquet à Boisemont. Il a ainsi mis en demeure d'une part, M. D de mettre en place, dans un délai de trois mois à compter de la notification dudit arrêté, des équerres provisoires pour conforter provisoirement le mur et préserver les pans de murs restants et d'autre part, M. et Mme B de réaliser ces mêmes prescriptions s'agissant de la zone 3 du mur, déterminée par le bureau d'étude BMI et s'agissant des zones 3,4 et 5 de ce mur, de purger les éléments instables par la dépose de tout le linéaire du couronnement et du mur au droit de la zone déjà partiellement effondrée selon " les préconisations de méthodologie du cabinet BMI (échafaudage, dépose par passe de 50 cm de hauteur, conservation des pierres) ". Le recours gracieux formé par M. et Mme B et M. D à l'encontre de cet arrêté a fait l'objet d'une décision implicite de rejet née le 13 octobre 2021. Par la présente requête, M. et Mme B et M. D demandent l'annulation de l'arrêté du 15 juillet 2021 et de la décision implicite du 13 octobre 2021 rejetant leur recours gracieux contre cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation : " En cas de danger imminent, manifeste ou constaté par le rapport mentionné à l'article L. 511-8 ou par l'expert désigné en application de l'article L. 511-9, l'autorité compétente ordonne par arrêté et sans procédure contradictoire préalable les mesures indispensables pour faire cesser ce danger dans un délai qu'elle fixe. () ". L'article L. 511-4 du même code précise que le maire est l'autorité compétente pour exercer les pouvoirs de police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations pour remédier, en application de l'article L. 511-2 du même code aux " risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers ".
3. Les pouvoirs reconnus au maire par l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation auxquels renvoie l'article L. 2213-24 du code général des collectivités territoriales, doivent être mises en œuvre lorsque le danger provoqué par un immeuble provient à titre prépondérant de causes qui lui sont propres. Elles se distinguent en cela des pouvoirs de police générale reconnus au maire par l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, qui s'appliquent dans l'hypothèse où le danger menaçant un immeuble résulte d'une cause qui lui est extérieure.
4. La contestation des décisions prises en application des dispositions précitées, qui ont remplacé les arrêtés de péril imminent depuis l'ordonnance du 16 septembre 2020 relative à l'harmonisation et à la simplification des polices des immeubles, locaux et installations, relève du contentieux de pleine juridiction. Par suite, la légalité d'un tel arrêté s'apprécie à la date à laquelle le juge se prononce.
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment de l'arrêt n°18/02388 rendu par la cour d'appel de Versailles le 20 juin 2023 que le mur litigieux a été définit comme propre à la parcelle cadastrée section A numéro 528 appartenant à M. et Mme B de sorte que la ligne divisoire passe derrière ce mur. M. et Mme B ne sont ainsi pas fondés à soutenir que le mur litigieux est un mur mitoyen faisant obstacle à ce que le maire de Boisemont édicte l'arrêté attaqué à leur encontre.
6. En deuxième lieu, la circonstance que l'expert désigné par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise n'a pas rendu son rapport dans un délai de 24 heures suivant sa désignation ne peut utilement être invoquée pour remettre en cause le fondement législatif sur lequel cette dernière a été désignée, à savoir l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation.
7. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les constatations de l'expert et du maître d'œuvre sont suffisantes pour caractériser un péril grave et imminent, au sens de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation. En effet, le danger n'est pas limité aux trois parties effondrées mais concerne l'intégralité du mur longeant la parcelle A 551, allant de la sente de la Cupidone à la parcelle A 304, y compris les parcelles dont les requérants sont propriétaires. S'il ressort du rapport d'expertise que ce mur a été également fragilisé par les plantations situées sur la parcelle appartenant à la commune du fait de son mauvais entretien, il n'en demeure pas moins que le mur s'est effondré sur trois portions et qu'il présente un danger à raison d'un défaut de conception, l'expert ayant observé qu'il avait été réduit sur sa hauteur de plus de la moitié, notamment au droit des parcelles A 564 et 567, ce que confirme d'ailleurs l'étude diagnostic réalisée par BMI qui note : une perte de cohérence du mur (zones 1,2,5), le lessivage et déjointement de la maçonnerie (zones 1,2,3, 5), la présence d'une végétation abondante (zones 1,2 et 3), l'absence de couronnement (zone 1), des dévers importants en partie haute du mur, le bombement des parements, un amas de pierres en partie basse traduisant la chute de matériaux et le vidage des maçonneries (zone 2), des vides interstitiels (zones 2,3,5), l'effondrement partiel du mur (zones 3,4,5), de nombreux vides au sein de la maçonnerie avec colonisations biologiques, le placement d'étais anarchiques insuffisants et inadaptés et le couronnement ciment et tuiles présentant des signes d'affaiblissement (zones 3 et 4). Dès lors, les désordres du mur de soutènement, alors même qu'ils auraient été aggravés par la végétation abondante que la commune a laissé pousser sur la parcelle A551 qu'elle n'a pas correctement entretenue, proviennent à titre prépondérant de causes qui lui sont propres. Enfin, la circonstance que le maître d'œuvre BMI ait rendu son étude diagnostic trois mois après sa visite des lieux ne permet pas de contredire les constats dressés dans le rapport de l'expert et son étude diagnostic sur l'existence d'un péril grave et imminent. Par conséquent, les moyens tirés de l'inexistence d'un péril grave et imminent et de l'origine extérieure des désordres affectant le mur doivent être écartés.
8. En quatrième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que l'autorité territoriale, en édictant l'arrêté attaqué, aurait poursuivi un autre but que celui de mettre fin au péril imminent qui, comme évoqué précédemment, était suffisamment caractérisé par le rapport d'expertise du 4 février 2021. Par suite, le moyen tiré du détournement de procédure soulevé par les requérants doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B et M. D ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 15 juillet 2021 et de la décision implicite du 13 octobre 2021 rejetant leur recours gracieux à l'encontre de cet arrêté.
Sur les frais du litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Boisemont, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée à ce titre par les requérants.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme demandée sur le fondement de ces mêmes dispositions par la commune de Boisemont.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B et de M. D est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la commune de Boisemont présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme F B, à M. C D et à la commune de Boisemont.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
C. Zaccaron Guérin Le greffier,
signé
F. Lux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 21148522
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026