Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2115374

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2115374
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2021, et un mémoire enregistré le 19 octobre 2022 et non communiqué, et un mémoire récapitulatif enregistré le 24 novembre 2022, M. D A B et Mme E A B demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2021 par lequel le maire de la commune de Rueil-Malmaison a délivré à la société Pourtout un permis de construire ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Rueil-Malmaison les frais exposés et non compris dans les dépens en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que l'arrêté de permis de construire méconnait l'article UEd 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Rueil-Malmaison dès lors que la construction ne constitue pas une annexe et s'implante sur deux limites séparatives.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, la commune de Rueil-Malmaison conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A B ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chaufaux,

- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,

- et les observations de M. A B, et de Mme C, représentant la commune de Rueil-Malmaison.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté en date du 1er juin 2021, le maire de la commune de Rueil-Malmaison a délivré à la société Pourtout un permis de construire pour la démolition d'un abri à bois et la construction d'une remise pour voitures de collection, sur un terrain situé rue Victor Schoelcher à Rueil-Malmaison. Par la présente requête, M. et Mme A B demandent au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article UEd 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rueil-Malmaison, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " () 1- Dispositions générales : / En dehors des cas évoqués aux paragraphes " 1.2-Dispositions Particulières ", les constructions doivent s'implanter en retrait des limites séparatives selon les modalités d'implantation définies au ci-dessous : () 1.2- Dispositions relatives à l'implantation des façades ne comportant pas de baies principales / La distance comptée entre la limite séparative et tout point de la façade ou partie de façade doit être au moins égale à la moitié de la hauteur de la façade (H=L/2) avec: / Un minimum de 3 mètres dans la (ou les) bande(s) de 29m de profondeur comptée(s) perpendiculairement à partir de la limite d'emprise de la voie (ou de chacune des voies), existante à la date d'approbation du PLU, desservant la propriété. () 3.2- Peuvent être implantés dans la marge de retrait sous réserve de s'insérer de manière harmonieuse dans le tissu environnant : / deux annexes non contiguës d'une hauteur maximale de 2,80m (au faîtage ou à l'acrotère) et d'une emprise au sol maximale de 25m² pour l'une et de 9m² pour l'autre. () ". Le glossaire du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rueil-Malmaison définit les annexes comme des : " Constructions isolées ou non, telles qu'un garage, un appentis, une serre, un abri de jardin, une chaufferie, un auvent, un atelier, etc., autres que la construction principale, à l'exclusion de tous locaux pouvant être occupés à titre d'habitation ou d'occupation permanente. ".

3. D'une part, l'annexe d'une construction principale doit s'entendre comme une construction s'implantant sur la même unité foncière que la construction principale. Ainsi, dès lors que la construction en litige s'implante sur une unité foncière dépourvue de toute construction, elle constitue un bâtiment autonome et ne peut, comme le soutient la commune en défense, être qualifiée d'annexe d'une construction principale située à plus de trois kilomètres du terrain d'assiette du projet. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la construction en litige s'implante sur deux limites séparatives. Par suite, la construction en litige n'étant pas au nombre de celles pour lesquelles il peut être fait exception à l'interdiction de principe des constructions en limite séparative posée par l'article UEd 7 précité, les requérants sont fondés à soutenir que le permis de construire attaqué méconnaît les dispositions de l'article UEd 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Rueil-Malmaison.

Sur la mise en œuvre de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

4. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".

5. Le vice relevé au point 3 est susceptible d'être régularisé sans que cela implique d'apporter au projet en cause un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il y a lieu, dans ces conditions, d'annuler l'arrêté du 1er juin 2021 en tant seulement que cette décision méconnait les dispositions de l'article UEd 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rueil-Malmaison.

Sur les frais du litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. et Mme A B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : L'arrêté du 1er juin 2021 du maire de la commune de Rueil-Malmaison est annulé partiellement, au sens des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, en tant qu'il méconnait les dispositions de l'article UEd 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rueil-Malmaison.

Article 2 : Les conclusions de M. et Mme A B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B, à Mme E A B, à la commune de Rueil-Malmaison et à la société Pourtout.

Délibéré après l'audience du 23 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Edert, présidente,

Mme Chaufaux, première conseillère,

Mme Zaccaron Guérin, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.

La rapporteure,

signé

E. Chaufaux

La présidente,

signé

S. EdertLa greffière,

signé

S. Le Gueux

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.