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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2115645

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2115645

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2115645
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCABINET TACHNOFF TZAROWSKY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 octobre 2021 au greffe du Tribunal administratif de Paris, M. A B, représenté par Me Tachnoff-Tzarowsky, avocate, demande à ce Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux mises à sa charge au titre de l'année 2013 ;

2°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement sur le fondement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales.

M. B soutient que :

- sa réclamation préalable est recevable ;

- l'administration n'était pas fondée à remettre en cause la déductibilité, en charges, de sommes engagées à l'occasion de travaux relatifs à l'immeuble appartenant à la SCI ISANEST, situé 5 avenue Fontenelle à Sceaux aux motifs que :

* une erreur a été commise dans le calcul des surfaces de bureau et d'habitation ;

* l'administration s'est fondée à tort sur l'absence de justificatif pour remettre en cause la déductibilité des sommes acquittées en 2013 au titre des travaux de rénovation de sol, pour un montant de 7 329 euros ;

* les travaux correspondant au remplacement de fenêtres ainsi qu'à l'achat et au remplacement de parquet ont été qualifiés à tort de dépenses personnelles non déductibles ;

* les travaux de remplacement des fenêtres et de changement de garde-corps ont été qualifiés à tort de dépense d'amélioration non déductibles, alors qu'il s'agit de dépenses d'entretien.

Par une ordonnance du 16 décembre 2021, le vice-président de la 1ère section du Tribunal administratif de Paris a transmis le dossier de la requête de M. B au Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense enregistrés les 8 décembre 2021, 18 mai 2022 et 24 juin 2024, l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France conclut au rejet de la requête.

L'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France fait valoir :

- à titre principal, que la requête est tardive ;

- à titre subsidiaire, que les dépenses présentées ne sont pas déductibles.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gabez, première conseillère ;

- et les conclusions de M. Villette, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, dirigeant et associé à hauteur de 98 % de la SCI ISANEST, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces de sa situation fiscale portant sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015. Par une proposition de rectification du 29 juillet 2016, l'administration fiscale lui a notifié, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2013 à 2015 résultant, notamment, du rejet des dépenses de travaux effectués sur un immeuble appartenant à la SCI ISANEST, situé 5 avenue Fontenelle à Sceaux, qu'il a déduites au titre des charges grevant ses revenus fonciers. Les cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti en 2013, mises en recouvrement le 31 décembre 2017, ont été contestées par M. B, le 1er juillet 2021. Sa réclamation a été rejetée par l'administration fiscale le 3 août 2021. M B demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2013.

Sur les conclusions aux fins de décharge, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par l'administration :

2. Aux termes du II. de l'article 15 du code général des impôts : " Les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu (). ". Aux termes de l'article 28 du même code : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété. ". Aux termes de l'article 31 de ce code : " I. - Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire () b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement (). ".

3. D'une part, pour les locaux autres que ceux qui sont à usage d'habitation, seules sont déductibles des revenus fonciers les dépenses correspondant à des travaux d'entretien et de réparation. Ces travaux sont ceux qui ont pour objet de maintenir ou de remettre un immeuble en bon état et d'en permettre un usage normal sans en modifier la consistance, l'agencement ou l'équipement initial. Les dépenses d'amélioration s'entendent de celles qui ont pour objet d'apporter à un immeuble un équipement ou un élément de confort nouveau ou mieux adapté aux conditions d'occupation de cet immeuble, sans en modifier cependant la structure.

4. D'autre part, il résulte de ces dispositions que pour être déductibles, les dépenses alléguées doivent se rapporter à des immeubles dont les revenus sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers, ce qui exclut les immeubles dont le propriétaire doit être regardé comme s'étant réservé la jouissance. Elles doivent également être dument justifiées, être effectivement supportées par le propriétaire et être engagées en vue de l'acquisition ou de la conservation du revenu. Ainsi les dépenses de réparation, d'entretien ou d'amélioration doivent notamment, pour être admises en déduction, avoir été effectuées par le propriétaire, réellement payées au cours de l'année d'imposition et il appartient au contribuable de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges en produisant des pièces justificatives, qui sont constituées de factures, de plans, de photographies et de tous autres éléments permettant d'établir avec précision la nature, le montant et la réalité de la charge supportée.

5. M. B soutient que l'administration a retenu une surface de bureaux erronée, qui ne correspond pas à celle qui est mentionnée sur l'attestation de surface établie par la société AVICEA. Il résulte toutefois de l'instruction que dans la réponse aux observations du contribuable, tenant compte des observations de M. B, l'administration a modifié la répartition de la surface prise en compte dans son calcul en retenant une surface de bureaux loués de 181, 42 m2 et une surface d'habitation de 218,58 m2. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

6. Si M. B demande la déduction, s'agissant des revenus fonciers dus au titre de l'année 2013, de dépenses acquittées au titre de travaux de rénovation de sol pour un montant de 7 329 euros, il ne produit aucun justificatif sur ce point et ne démontre pas, dès lors, le caractère déductible de ces travaux.

7. L'agencement de l'immeuble situé 5, avenue Fontenelle à Sceaux est constitué d'un rez-de-chaussée à usage de bureaux faisant l'objet d'un bail commercial et deux étages à usage d'habitation mis à disposition gratuitement de M. B. Il résulte de l'instruction que les dépenses engagées correspondant aux factures intitulées " Tek View Châssis 2e étage ", " Tek View Châssis 1er étage " et " Décoplus parquet et sa livraison au 1er étage " se rapportent à des travaux qui ont été exclusivement réalisés dans la partie de l'immeuble affectée à l'habitation de M. B. Dans ces conditions, les dépenses en cause doivent être regardées comme ayant été engagées à titre personnel par M. B. Ce dernier n'est dès lors pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a remis en cause les déductions opérées sur les revenus fonciers au titre de ces travaux pour 2013.

8. M. B soutient que les travaux correspondant aux factures intitulées " Tek View châssis -1 " et " Teck View garde-corps " sont des travaux de réparation et d'entretien et que les dépenses correspondantes sont, dès lors, déductibles. Il résulte de l'instruction, d'une part, que les travaux se rapportant à la première facture correspondent au remplacement des fenêtres du rez-de-chaussée de l'immeuble situé 5, avenue Fontenelle à Sceaux. Si M. B fait valoir que ces travaux ont consisté en un remplacement à l'identique des fenêtres en termes de dimension et d'ouverture, il ne conteste toutefois pas que les performances des nouvelles fenêtres sont meilleures que celles qu'elles ont remplacées. En outre, le requérant ne produit aucun élément attestant que l'état de vétusté des fenêtres initiales auraient rendu ces travaux indispensables. D'autre part, la seconde facture concerne la pose d'un garde-corps en aluminium. M. B n'apporte aucun élément permettant de considérer que les travaux correspondants n'ont pas eu pour effet d'apporter un équipement nouveau à l'immeuble, ainsi que cela ressort des termes de la proposition de rectification. Dans ces conditions, ces travaux doivent être regardés comme des travaux d'amélioration de l'immeuble et non comme des travaux d'entretien et de réparation au sens des dispositions précitées de l'article 31 du code général des impôts. Par suite, c'est à bon droit que l'administration ne les a pas admis en déduction des revenus fonciers.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins de sursis de paiement :

10. Le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Les conclusions de la requête tendant au sursis de paiement des impositions contestées se trouvent donc privées d'objet.

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de sursis de paiement formulée par M. B

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Île-de-France.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Gabez, première conseillère et Mme Bergantz, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.

La rapporteure,

signé

C. GABEZ

Le président,

signé

K. KELFANI

Le greffier

signé

D. HAUDE

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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