vendredi 8 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2115695 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | TOURROU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 décembre 2021 et 22 juillet 2022, M. B A, représenté par Me Tourrou, avocat, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 ainsi que des majorations et pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- l'administration a méconnu les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, dès lors qu'il n'a pas été répondu à sa demande formulée le 25 octobre 2019 de communication des documents obtenus auprès de tiers et utilisés pour fonder les impositions supplémentaires mises à sa charge ;
- l'administration aurait dû déduire des montants des cotisations supplémentaires celui de l'impôt sur les sociétés supporté par la SASU ITCS en application du paragraphe n° 140 de la documentation référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-10 du 12 septembre 2012.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mai 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Louazel, conseillère ;
- les conclusions de M. Prost, rapporteur public ;
- et les observations de Me Nkot Mapouna, avocate, substituant Me Tourrou.
Considérant ce qui suit :
1. À l'issue de la vérification de comptabilité de la SASU ITCS, qui a pour objet le conseil en management, la conception, la réalisation et la gestion de systèmes d'information, son associé unique, M. A, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces. Il s'est vu notifier, par une proposition de rectification du 24 septembre 2019, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu portant sur l'année 2017, assorties de majorations et pénalités, à raison de sommes regardées comme des revenus distribués par la SASU ITCS. Par deux réclamations préalables en date des 17 aout 2020 et 22 mars 2021, M. A a contesté les cotisations supplémentaires des impositions mises à sa charge. L'administration a, par deux décisions en date des 20 novembre 2020 et 19 mai 2021, a partiellement admis sa réclamation et maintenu les impositions contestées pour un montant total de 55 725 euros. Par une réclamation préalable du 13 septembre 2021, rejetée le 29 octobre 2021, M. A en a demandé le dégrèvement. Le requérant demande au Tribunal de prononcer la décharge de ces cotisations.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des documents et renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour mettre à même l'intéressé d'y avoir accès avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent.
4. Il résulte de l'instruction que l'administration n'a exercé son droit de communication que dans le cadre de la procédure de vérification de comptabilité de la SASU ITCS. Or le principe d'indépendance des procédures fait obstacle à ce que la proposition de rectification adressée à la société ITCS puisse être regardée comme un élément utilisé pour fonder l'imposition personnelle de M. A. En tout état de cause, M. A a nécessairement eu connaissance des informations issues des documents et renseignements obtenus auprès de tiers par l'administration fiscale, dont il a reçu communication en qualité d'associé unique de la SASU ITCS. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.
5. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. / Toutefois, ces bénéfices sont () diminués des sommes payées au titre de l'impôt sur les sociétés. () ". Aux termes de l'article 47 de l'annexe II au code général des impôts : " Toute rectification du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés au titre d'une période sera prise en compte au titre de la même période pour le calcul des sommes distribuées ".
6. Les dispositions de l'article 110 du code général des impôts définissent la notion de bénéfice au sens du 1° du 1. de l'article 109 de ce même code comme étant le bénéfice retenu pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés, en ne permettant la déduction des cotisations à l'impôt sur les sociétés que dans la mesure où elles ont été effectivement payées avant la clôture de l'exercice d'imposition.
7. M. A ne conteste pas avoir disposé de bénéfices de la SASU ITCS à hauteur de 150 560 euros. S'il soutient, en revanche, qu'il convient de déduire du montant des revenus distribués la somme payée au titre de l'impôt sur les sociétés, il n'établit pas que la SASU ITCS se serait acquittée de cette imposition avant la clôture de l'exercice en litige. Au contraire, il résulte de l'instruction que l'avis de mise en recouvrement de l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2017 n'est intervenu que le 28 février 2020, soit postérieurement à la date de clôture de l'exercice. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a imposé ce montant de revenus distribués.
8. M. A n'est pas fondé à se prévaloir des énonciations du paragraphe n° 140 de l'instruction référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-10, publiée le 12 septembre 2012, qui ne contient, au sens de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, aucune interprétation différente de la loi fiscale que celle dont il est fait application dans le présent jugement.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 mars 2024.
La rapporteuse,
signé
M. LOUAZEL
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026