mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2115890 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | MICHEL-AUDOUIN-GILLET-BELGRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2021, Mme A B, représentée par la SCP Michel-Audouin-Gillet-Belgrand, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités correspondantes.
Elle soutient que :
- les sommes versées par la société AZ World Travels correspondent à la rémunération d'une activité exercée auprès de la société ;
- elle a déclaré 19 502 euros de traitements et salaires au titre de l'année 2015, de sorte que la base d'imposition retenue par l'administration doit être réduite à concurrence de cette somme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 13 mars 2024 :
- le rapport de Mme Saïh, rapporteure ;
- les conclusions de M. Boriès, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Suite à la vérification de comptabilité de la SARL AZ World Travels, qui exerce une activité d'agence de voyages, au titre des exercices 2015 à 2017, l'administration fiscale a constaté des versements de fonds au profit de Mme B par l'inscription au compte " 467 - débiteurs et créditeurs divers " des sommes de 42 846 euros en 2015 et 9 755 euros en 2016. Mme B a fait l'objet d'un contrôle sur pièces, à l'issue duquel elle s'est vue notifier par deux propositions de rectification, en date des 13 décembre 2018 et 2 juillet 2019, établies selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2015 et 2016 pour un montant, droits et pénalités, de 23 381 euros. Ces cotisations supplémentaires ont été mises en recouvrement le 30 juin 2020. Mme B a contesté les impositions supplémentaires mises à sa charge par une réclamation du 8 juin 2021, qui a été rejetée par une décision du 25 octobre 2021. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de prononcer la décharge totale ou partielle des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016 ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. /Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement. ".
3. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté, que Mme B n'a pas formulé d'observations en réponse aux propositions de rectification des 13 décembre 2018 et 2 juillet 2019 qui lui ont été régulièrement notifiées. Par suite, Mme B supporte la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions supplémentaires en litige.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
4. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital (). ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes ; (). ".
5. Pour contester les cotisations supplémentaires d'impositions mises à sa charge, Mme B soutient que les sommes versées par la société AZ World Travels à son bénéfice correspondent à la rémunération de son activité professionnelle au sein de ladite société et qu'elle a, en outre, déclaré la somme de 19 502 euros dans la catégorie des traitements et salaires au titre de l'année 2015. A l'appui de sa requête, elle produit ses bulletins de salaire édités par la société AZ World Travels de janvier 2015 à décembre 2015, mentionnant un salaire mensuel de 1 625, 20 euros nets, ainsi que ses relevés bancaires pour la période du 31 décembre 2014 au 31 décembre 2015 faisant apparaître des versements mensuels de cette société du même montant. Toutefois, ces seules pièces ne suffisent pas à démontrer que la requérante est salariée de la société AZ World Travels. Elle ne produit, en effet, ni son contrat de travail, ni aucun autre document permettant au tribunal d'établir la réalité et la teneur de ses missions au sein de cette entreprise, alors qu'il résulte de l'instruction que Mme B n'est pas au nombre des salariés de cette société dans sa déclaration annuelle de données sociales au titre de l'année 2015. Dans ces conditions, Mme B, qui supporte la charge de la preuve à défaut d'observations formulées à la suite des propositions de rectification qui lui ont été régulièrement notifiées, n'établit pas l'origine des versements en litige. Par suite, Mme B devant être regardée comme ayant bénéficié d'avantages occultes au sens du c) de l'article 111 du code général des impôts, au titre des années en litige, c'est donc à bon droit que l'administration fiscale l'a assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2015 et 2016.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en décharge présentées par
Mme B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 13 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
La rapporteure,
Z. Saïh
Le président,
T. Bertoncini La greffière,
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026