Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2115896
jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2115896 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DE CASTELBAJAC |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 décembre 2021 et le 10 janvier 2023, M. C, représenté par Me de Castelbajac, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 15 octobre 2021 par lesquelles la direction générale des finances publiques lui a refusé le bénéfice du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 au titre, d'une part, du mois de décembre 2020, et, d'autre part, des mois de janvier à juin 2021 ;
2°) d'enjoindre à la direction générale des finances publiques de lui verser les aides sollicitées dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice d'incompétence dès lors qu'elles ne sont pas signées et ne mentionnent pas les noms, prénoms et qualité de leur auteur ;
- elles sont entachées d'erreurs de fait au regard du niveau réel de son chiffre d'affaires ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 3-1 de l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- la substitution de motif de l'administration fiscale est insusceptible de prospérer, dès lors qu'il n'a jamais cessé d'exercer son activité économique de chauffeur, comme l'atteste son avis de situation au répertoire SIRENE.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- il y a lieu de substituer aux motifs retenus dans les décisions attaquées, selon lesquels il n'est pas possible de valider les chiffres d'affaires déclarés par M. C pour les mois en litige, celui selon lequel il n'a pas exercé d'activité économique au titre des mêmes mois, ce qui le rend inéligible au bénéfice des aides sollicitées ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 février 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifiée ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cordary, première conseillère ;
- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;
- et les observations de Me Ouattara, substituant Me de Castelbajac, représentant M. C, présent.
Considérant ce qui suit :
1. M. C exerce à Sarcelles (Val d'Oise) une activité individuelle de transport avec chauffeur depuis le 4 juin 2015. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler les décisions du 15 octobre 2021 par lesquelles la direction générale des finances publiques lui a refusé le bénéfice du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 au titre, d'une part, du mois de décembre 2020, et, d'autre part, des mois de janvier à juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Indépendamment des actions indemnitaires qui peuvent être engagées contre la personne publique, les recours relatifs au refus d'octroi de l'aide accordée dans le cadre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, qui relève de la catégorie des subventions, ne peuvent être portés que devant le juge de l'excès de pouvoir. Il ne s'agit donc pas de recours de plein contentieux, contrairement à ce que soutient l'administration fiscale.
3. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ". Selon l'article L. 212-2 du même code : " Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : / 1° Les décisions administratives qui sont notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées, notifiées par l'intermédiaire d'un téléservice, ne comportent pas les mentions du prénom, du nom et de la qualité de leur auteur, mais uniquement la mention " Direction générale des finances publiques DDFIP 95 ". Cette mention ne permet pas de s'assurer de la compétence de leur auteur, en méconnaissance des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, qui n'apparaissent pas, en l'état de l'instruction, de nature à fonder une annulation, ni sur la substitution de motif sollicitée par l'administration fiscale, que M. C est fondé à demander l'annulation des décisions 15 octobre 2021 par lesquelles la direction générale des finances publiques lui a refusé le bénéfice du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 au titre des mois de décembre 2020 et janvier à juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a seulement lieu d'enjoindre à la directrice départementale des finances publiques du Val d'Oise de réexaminer la demande de M. C, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1err : Les décisions du 15 octobre 2021 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la directrice départementale des finances publiques du Val d'Oise de réexaminer les demandes de M. C, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 2 000 euros à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Lusinier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. CORDARY
La présidente
Signé
C. ORIOLLa greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
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