mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2200207 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GUIDET ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 janvier 2022, la SELARL C Basse agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la SAS Global Bâtiment, représentée par Me Guidet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés qui lui ont été assignées au titre des années 2015 et 2016 et des rappels de TVA auxquels elle a été assujettie pour la période du 1er juin 2014 au 31 décembre 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée dans la mesure où elle ne la met pas à même de comprendre l'origine des rehaussements ; en effet, le service vérificateur n'explique pas les raisons qui l'ont amené, pour un même client, à écarter en 2015 en partie le taux de TVA de 10 % et de retenir pour le surplus le taux de 20 % et pour 2016 de n'appliquer que le taux de TVA de 20 % ;
- l'administration ne pouvait pas mettre en œuvre la procédure de taxation d'office concernant les suppléments d'impôt sur les sociétés, dès lors qu'elle n'a pas procédé au préalable à une mise en demeure ;
- concernant les rappels de TVA au titre de 2015, elle recherche actuellement les justificatifs attestant de la nature des travaux éligible au taux de TVA à 10 % ;
- concernant les rappels de TVA au titre de 2016, les travaux taxés au taux de TVA de 20 % n'ont pas concerné des constructions nouvelles, mais un appartement ancien sis 6 rue des Bougainvilliers à Montpellier ainsi que la rénovation d'une maison individuelle dans le département de l'Hérault ;
- la pénalité de 40 % pour défaut de déclaration dans les délais est injustifiée au titre de l'exercice 2015, dès lors que l'administration n'établit pas lui avoir envoyé une mise en demeure.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juin 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Global Bâtiment, qui exploite une activité de construction de maisons individuelles, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour les années 2015 et 2016. Le service a considéré sa comptabilité comme non probante et irrégulière, a reconstitué son chiffre d'affaires et lui a notifié, par une proposition de rectification du 9 juillet 2018, des suppléments d'impôt sur les sociétés au titre des années 2015 et 2016 et des rappels de TVA pour la période du 1er juin 2014 au 31 décembre 2016, selon la procédure de taxation d'office prévue en cas de carence déclarative. Par une réclamation du 6 juillet 2021, rejetée le 5 novembre 2021, la société a sollicité la décharge de ces impositions. Par la requête susvisée, la SELARL C Basse, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la SAS Global Bâtiment, demande la décharge, en droits et pénalités, de ces suppléments d'impôt sur les sociétés et de ces rappels de TVA.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 67 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : () 2° à l'impôt sur les sociétés, les personnes morales passibles de cet impôt qui n'ont pas déposé dans le délai légal leur déclaration, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 68 ; () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 68 du même livre : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2°, 5° et 6° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure ".
3. Il résulte de l'instruction que les 2 juin 2016 et 1er juin 2017, le service des impôts des entreprises de Suresnes a adressé à la requérante, à son adresse au 20 rue des Velettes à Suresnes, deux mises en demeure de déposer ses déclarations de résultats à l'impôt sur les sociétés, respectivement pour les exercices clos en 2015 et 2016. Le service produit les accusés de réception des plis recommandés justifiant qu'ils ont été distribués respectivement les 4 juin 2016 et 3 juin 2017. Il n'est pas contesté que la requérante n'a pas souscrit ses déclarations de résultats au titre des années 2015 et 2016, respectivement dans les trente jours suivant ces notifications. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que ses bases d'imposition à l'impôt sur les sociétés ont été irrégulièrement établies d'office.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions () ". Il résulte de ces dispositions que la notification de redressement opérée dans le cadre d'une taxation d'office doit permettre au contribuable de connaître les éléments servant au calcul des bases d'imposition et les modalités de leur prise en compte pour la détermination de celles-ci.
5. En l'espèce, la requérante soutient que le service n'explique pas les raisons qui l'ont amené, pour un même client, à accepter en 2015 le taux de TVA de 10 % et à ne retenir que le taux de TVA de 20 % en 2016. L'administration fait toutefois explicitement apparaître dans la proposition de rectification du 9 juillet 2018 que le taux de TVA à 10 % ne peut être retenu qu'à la condition que les prestations facturées aient porté sur des travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien portant sur des locaux d'habitation achevés depuis plus de deux ans et facturés directement à des personnes physiques, sous réserve qu'une facture ait été présentée par la SAS Global Bâtiment ainsi qu'une attestation signée par le client, et que la prestation ait été réglée sur la période concernée. Si la requérante fait valoir que le client en cause ne disposait pas, à la date de la proposition de rectification, des documents nécessaires pour justifier de l'application d'un taux de 10 %, cette circonstance est sans influence sur la régularité de la motivation de la proposition de rectification, qui comportait les éléments servant au calcul des bases d'imposition à la TVA établies d'office et était ainsi conforme aux exigences posées par les dispositions précitées de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette proposition de rectification doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
6. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ". Dès lors que la SAS Global Bâtiment a été imposée, par voie de taxation d'office en application du 2° et du 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, il lui appartient d'apporter la preuve de l'exagération des montants imposables retenus par l'administration.
7. Aux termes de l'article 278 du code général des impôts : " Le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée est fixé à 20 % ". Par ailleurs, aux termes de l'article 279-0 bis du même code : " La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 10 % sur les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien autres que ceux mentionnés à l'article 278-0 bis A portant sur des locaux à usage d'habitation, achevés depuis plus de deux ans ".
En ce qui concerne les rappels de TVA au titre de l'année 2015
8. En se bornant à soutenir qu'elle recherche actuellement les attestations attestant de la nature des travaux éligible au taux de TVA à 10 %, la requérante n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'exagération des rappels de TVA au titre de 2015.
En ce qui concerne les rappels de TVA au titre de l'année 2016
9. En se bornant à produire un simple dépôt de plainte rapportant les allégations de M. A et en faisant valoir que les travaux taxés au taux de TVA de 20 % n'ont pas concerné des constructions nouvelles, mais un appartement ancien sis 6 rue des Bougainvilliers à Montpellier ainsi que la rénovation d'une maison individuelle dans le département de l'Hérault, la société requérante n'établit pas, comme il lui incombe, que c'est à tort que l'administration a soumis ces prestations au taux normal de TVA.
Sur les pénalités :
10. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / () b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai () ".
11. Ainsi qu'il a été dit au point 5, la SAS Global Bâtiment a régulièrement été mise en demeure de déposer sa déclaration de résultats de l'exercice clos en 2015 et ne conteste pas s'être abstenue d'y déférer dans les délais prescrits. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration a appliqué au rehaussement d'impôt sur les sociétés afférent à cet exercice la majoration de 40 % prévue par les dispositions précitées du b. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par la SELARL C Basse doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SELARL C Basse, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la SAS Global Bâtiment, est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SELARL C Basse et au directeur des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
Mme Richard, première conseillère ;
M. Viain, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200207
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026