jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2200609 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | IDEO SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 5 mai 2022, enregistrée le 10 mai 2022, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé au tribunal la requête de M. A B enregistrée le 12 janvier 2022.
Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2022, M. B :
1°) forme opposition à la contrainte référencée ES562100074 notifiée par exploit d'huissier du 29 décembre 2021, émise par Pôle emploi pour le recouvrement d'une somme de 6 158,94 euros en remboursement d'un trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique pour la période du 01 novembre 2019 au 31 octobre 2020 augmenté des frais d'actes de 4,85 euros ;
2°) demande au tribunal de condamner à Pôle emploi de lui verser la somme de 100 000 euros.
Il soutient que :
- il n'a pas procédé à de fausses déclarations ;
- le tribunal correctionnel de Tours l'a condamné pour des motifs non fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2022, Pôle emploi, représenté par Me Bodin, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la demande indemnitaire est irrecevable ;
- la requête est irrecevable dès lors que M. B n'a pas exercé de recours administratif préalable obligatoire contre la notification de ce trop-perçu prévu à l'article R. 5426-19 du code du travail ;
- le cumul entre la perception des revenus de son activité professionnelle et le service de l'ASS n'était possible que jusqu'au 1er novembre 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer les conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Van Muylder, magistrate désignée, a été lu.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi pour la première fois le 26 mars 2007 et, en son dernier état à compter du 11 février 2011. Depuis le mois d'avril 2017 le requérant bénéficiait de l'allocation spécifique de solidarité. Des attestations d'employeurs émises par la société Torann France et la société Securitas France ont révélé que le requérant avait été recruté sur la période du 8 août au 30 septembre 2019, et du 1er octobre 2019 au 9 octobre 2020. Par un jugement du tribunal de grande instance de Tours du 10 juillet 2020, M. B a été condamné à une peine d'emprisonnement de 6 mois et à indemniser Pôle emploi à hauteur de 3 000 euros, pour avoir fourni de fausses déclarations en vue d'obtenir de Pôle emploi des aides à l'embauches et à la reprise d'emploi. Par courrier du 12 novembre 2020, Pôle emploi a notifié au requérant une décision de trop-perçu d'un montant de 6 158,94 euros au titre de l'allocation spécifique de solidarité, à rembourser dans un délai d'un mois. Une relance lui a été adressée le 14 décembre 2020. Par courrier recommandé avec accusé de réception du 18 janvier 2021, Pôle emploi lui a adressé une mise en demeure, distribué le 8 février 2021. Par exploit d'huissier du 29 décembre 2021, Pôle emploi a signifié à M. B une contrainte, dont le requérant demande l'annulation, d'un montant de 6 158,94 euros, augmenté de 4, 85 euros de frais.
Sur les conclusions indemnitaires :
Sur la fin de non-recevoir opposée par Pôle emploi :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
3. Il ne ressort pas de l'instruction que le requérant aurait présenté une demande indemnitaire à Pôle emploi. Dans ces conditions, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par Pôle emploi tirée de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires présentées par M. B faute de réclamation préalable.
Sur les conclusions aux fins d'opposition à contrainte :
4. Aux termes de l'article R. 5426-19 du code du travail, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Le débiteur qui conteste le caractère indu des prestations qui lui sont réclamées forme un recours gracieux préalable devant le directeur général de Pôle emploi. " ; qu'aux termes de l'article R. 5426-22 du même code : " Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification () ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision de Pôle emploi ordonnant le reversement d'un indu de prestations n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de Pôle emploi dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par ces dispositions.
6. Pôle emploi soutient sans être contredit que M. B n'a pas exercé le recours administratif prévu par les dispositions précitées de l'article R. 5426-19 du code du travail à l'encontre de la décision ordonnant le reversement de l'indu d'allocation de solidarité spécifique. Les moyens contestant le bien-fondé de l'indu invoqués par le requérant à l'appui de son opposition à la contrainte en litige sont, dès lors, irrecevables.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à Pôle emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. Van Muylder La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre du travail, de plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
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01/06/2026