mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2201632 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CATED CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 février 2022, Mme A C, représentée par Me Sarfati, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction en base des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, des contributions sociales et des rappels de TVA auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les bases d'imposition retenues pour ses bénéfices non commerciaux sont erronées, dès lors que son expert-comptable a établi des déclarations rectificatives faisant ressortir des bénéfices imposables de 13 653 euros et 63 888 euros respectivement pour 2016 et 2017, documents dont il atteste qu'ils correspondent à la réalité des données qui lui ont été communiquées ;
- son état de santé ne lui permettait pas de réaliser le chiffre d'affaires initialement déclaré, lequel se trouvait en outre déconnecté des encaissements bancaires ;
- compte tenu de son état de santé, l'administration, en poursuivant le contrôle, n'a pas respecté le principe de loyauté, le principe d'égalité des armes et a commis un abus de faiblesse ;
- pour les mêmes motifs, la majoration pour non-dépôt est injustifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, exerçant une activité libérale en tant qu'avocate, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, à l'issue de laquelle, par une proposition de rectification du 21 décembre 2018, lui ont été notifiés des rehaussements de ses bénéfices non commerciaux selon la procédure d'évaluation d'office prévue par le 2° de l'article L.73 du livre des procédures fiscales et des rappels de TVA selon la procédure de taxation d'office visée au 3° de l'article L. 66 du ce livre, à l'exception des rappels de TVA des mois d'octobre à décembre 2016 et de janvier, mars et juin à décembre 2017, notifiés suivant la procédure contradictoire de l'article L. 55 du même livre. La requérante a contesté ces impositions supplémentaires par une réclamation du 3 novembre 2021, qui a fait l'objet d'une admission partielle et d'un rejet pour le surplus le 30 novembre 2021. Par la requête susvisée, Mme C conteste devant le tribunal les impositions supplémentaires restant à sa charge.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Si la requérante soutient avoir été gravement malade durant la procédure ce qui ne lui a pas permis de participer aux opérations de contrôle, elle ne produit aucune pièce permettant d'apprécier le bien-fondé de cette allégation. Au demeurant, il résulte des énonciations non contestées de la proposition de rectification qu'elle avait mandaté Mme B, expert-comptable, pour la représenter durant la vérification de comptabilité et que cette dernière était ainsi en mesure de fournir au vérificateur les informations qu'il sollicitait et d'engager avec lui un débat oral et contradictoire. Par suite, les moyens tirés de ce que l'administration aurait agi en violation du principe de loyauté et du principe d'égalité des armes et aurait commis un abus de faiblesse en procédant au contrôle malgré l'état de santé de Mme C, doivent, en tout état de cause, être écartés.
Sur le bien-fondé des impositions :
3. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ". Dès lors que les rehaussements des bénéfices non commerciaux contestés ont été notifiés à Mme C suivant la procédure d'évaluation d'office prévue par le 2° de l'article L.73 du livre des procédures fiscales, dont la mise en œuvre n'est pas contestée, il lui appartient d'apporter la preuve de l'exagération des montants imposables retenus par l'administration.
4. Aux termes de l'article 93 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice à retenir dans les bases de l'impôt sur le revenu est constitué par l'excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession ".
5. En l'espèce, l'administration, qui a constaté que les recettes encaissées en 2016 et 2017 ne correspondaient pas aux recettes déclarées tardivement par la requérante et que des dépenses avaient été retenues alors qu'elles n'étaient manifestement pas nécessaires à l'exercice de sa profession, a procédé à l'évaluation d'office des bases d'imposition de Mme C au titre des bénéfices non commerciaux. Pour contester cette évaluation, la requérante se borne à produire des déclarations rectificatives de son expert-comptable selon lesquelles les bénéfices imposables à retenir au titre de 2016 et 2017 s'élèveraient respectivement à 13 653 euros et 63 888 euros. Toutefois, ces documents, établis deux ans après la fin des opérations de contrôle et dépourvus de la moindre justification, ne sont pas, à eux seuls, de nature à apporter la preuve, qui incombe à la requérante, de l'exagération des bases retenues par l'administration. Cette preuve n'est pas davantage rapportée par l'affirmation, dénuée de précisions, selon laquelle l'état de santé de la requérante lu interdisait de réaliser le bénéfice tel qu'arrêté par le service.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander la réduction en base des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu, des contributions sociales et des rappels de TVA auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au directeur des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
Mme Richard, première conseillère ;
M. Viain, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201632
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026