jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2201994 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | NUNES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2022, M. B A, représenté par Me Nunes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 22 novembre 2021 portant non renouvellement de son contrat de travail en qualité de praticien attaché associé au centre hospitalier des Rives de Seine ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 242 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le délai de préavis n'a pas été respecté et que l'avis du président de la commission médicale d'établissement est manquant ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'intérêt du service ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le centre hospitalier Rives de Seine conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 29 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 16 février 2024 à 12h
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jacquelin, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Lesson, substituant Me Budet et représentant le centre hospitalier des Rives de Seine.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté au centre hospitalier des Rives de Seine par un contrat de travail à durée déterminée conclu du 1er février 2020 au 31 janvier 2021, en qualité de praticien attaché associé, renouvelé du 1er février 2021 jusqu'au 31 janvier 2022. Par décision du 22 novembre 2021, le directeur du centre hospitalier a informé le requérant du non renouvellement de son contrat arrivé à échéance le 31 janvier 2022 et de ce qu'il cessera de faire partie du personnel à compter du 1er février 2022. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 6152-609 du code de la santé publique applicable en l'espèce : " Les praticiens attachés sont recrutés par le directeur de l'établissement sur proposition du chef de pôle ou, à défaut, du responsable du service, de l'unité fonctionnelle ou de toute autre structure interne d'affectation après avis du président de la commission médicale d'établissement ". Aux termes de l'article R. 6152-10 du même code : " Les praticiens attachés sont recrutés pour un contrat d'une durée maximale d'un an, renouvelable dans la limite d'une durée totale de vingt-quatre mois. () En cas de non-renouvellement du contrat par l'une ou l'autre des parties au contrat, le préavis est de quinze jours pour les contrats d'une durée inférieure à six mois et de deux mois pour les contrats d'une durée au plus égale à un an. "
3. D'une part, ni les dispositions précitées ni aucun autre texte ni aucun principe général du droit n'imposent au directeur d'établissement de recueillir préalablement à l'édiction d'une décision de non renouvellement des contrats à durée déterminée des praticiens attachés associés, l'avis du président de la commission médicale d'établissement. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision en litige a été prise doit être écarté.
4. D'autre part, en admettant même que le requérant n'a été informé du non renouvellement de son contrat de praticien attaché associé que le 9 décembre 2021, et si la méconnaissance du délai de prévenance est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration, elle est toutefois sans incidence sur la légalité de la décision de non-renouvellement du contrat. Le moyen tiré de cette méconnaissance doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Dès lors qu'elles sont de nature à caractériser un intérêt du service justifiant le non renouvellement du contrat, la circonstance que des considérations relatives à la personne de l'agent soient par ailleurs susceptibles de justifier une sanction disciplinaire ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'une décision de non renouvellement du contrat soit légalement prise, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.
6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport concernant la manière de servir de M. A du 24 août 2021 établi par le cadre supérieur de pôle, que l'intéressé a eu un comportement inadapté dans l'exercice de ses fonctions, tant à l'encontre du personnel soignant qu'à l'égard des patients. Les témoignages du personnel soignant au travers de courriels adressés à la hiérarchie, ainsi que la fiche de signalement des événements indésirables relatant des faits du 28 mars 2020, mettent en évidence de graves dysfonctionnements liés à l'exercice de M. A, des prises en charge inadaptées, de graves difficultés de communication tant avec le personnel soignant qu'avec les patients. En outre, les faits reprochés à M. A et qui ne sont pas matériellement contestés par l'intéressé, peuvent être de nature à compromettre le bon fonctionnement du service. Dans ces conditions, la décision de non renouvellement du contrat de M. A doit être regardé comme ayant été prise dans l'intérêt du service. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit, ainsi que l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés.
7. En dernier lieu, la décision de ne pas renouveler un contrat à durée déterminée peut, ainsi qu'il a été dit au point 5, être fondée sur des circonstances de nature à justifier une sanction disciplinaire. Dans ces conditions, M. A ne peut utilement invoquer le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'un détournement de procédure au motif qu'elle est fondée sur de telles circonstances. Par suite, le moyen de détournement de procédure ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier des Rives de Seine, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 1 500 euros en application des dispositions du même code.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera la somme de 1 500 euros au centre hospitalier des Rives de seine sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier des Rives de Seine.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
M. Jacquelin, premier conseiller ;
Mme Debourg, conseillère ;
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
G. Jacquelin
La présidente,
signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
E. Pradel
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2201994
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026