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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2202143

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2202143

vendredi 31 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2202143
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSESTACQ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 février 2022 et 26 mars 2023, M. A B, représenté par Me Sestacq, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe annuelle sur les logements vacants auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 et 2020, à raison d'un appartement situé 7, rue Lucien Micaud à Asnières-sur-Seine ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que la vacance de son logement au titre des années d'imposition en litige est indépendante de sa volonté, dès lors qu'il était dans l'impossibilité de louer ce logement pendant les travaux de réfection dont il faisait l'objet, qu'il a vainement tenté de le louer par l'entremise de son réseau professionnel, et qu'il a finalement confié la gestion de son bien à une agence immobilière le 30 novembre 2019.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que le moyen invoqué par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Villette, conseiller ;

- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été assujetti, à raison d'un appartement situé 7, rue Lucien Micaud à Asnières-sur-Seine, dont il est propriétaire, à des cotisations de taxe annuelle sur les logements vacants au titre des années 2019 et 2020. Par une réclamation du 30 juin 2021, à laquelle l'administration fiscale n'a pas répondu, l'intéressé a demandé le dégrèvement de ces impositions. M. B demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe annuelle sur les logements vacants auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 à 2020.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

2. Aux termes de l'article 232 du code général des impôts dans sa version applicable aux années d'imposition en litige : " I. - La taxe annuelle sur les logements vacants est applicable dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements, entraînant des difficultés sérieuses d'accès au logement sur l'ensemble du parc résidentiel existant, qui se caractérisent notamment par le niveau élevé des loyers, le niveau élevé des prix d'acquisition des logements anciens ou le nombre élevé de demandes de logement par rapport au nombre d'emménagements annuels dans le parc locatif social () II. - La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l'année d'imposition () III. - La taxe est acquittée par le propriétaire () VI. - La taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable () ".

3. Le Conseil constitutionnel, dans ses décisions n° 98-403 DC du 29 juillet 1998 et n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012, n'a admis la conformité à la Constitution des dispositions instituant la taxe sur les logements vacants que sous certaines réserves. Il a notamment jugé que ne sauraient être assujettis à la taxe annuelle sur les logements vacants des logements, d'une part, qui ne pourraient être rendus habitables qu'au prix de travaux importants dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur, et, d'autre part, en ce qui concerne la vacance involontaire des logements, ceux " dont la vacance est imputable à une cause étrangère à la volonté du bailleur, faisant obstacle à leur occupation durable, à titre onéreux ou gratuit, dans des conditions normales d'habitation, ou s'opposant à leur occupation, à titre onéreux, dans des conditions normales de rémunération du bailleur. Ainsi, doivent être notamment exonérés les logements ayant vocation, dans un délai proche, à disparaître ou à faire l'objet de travaux dans le cadre d'opérations d'urbanisme, de réhabilitation ou de démolition, ou les logements mis en location ou en vente au prix du marché et ne trouvant pas preneur. ".

4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ d'application de la taxe sur les logements vacants prévue par l'article 232 précité du code général des impôts.

5. M. B soutient que les travaux entrepris dans l'appartement en litige, dont il a fait l'acquisition le 26 juillet 2017, ont fait obstacle à sa location. Toutefois, les travaux dont il s'agit, à savoir la réalisation de peintures et la pose de parquets, facturés le 20 décembre 2017, ne sauraient justifier la vacance de ce logement au cours des années 2018 et 2019. Par ailleurs, si le requérant fait valoir qu'il a vainement tenté de louer son logement en le proposant à son réseau professionnel, il n'apporte aucun élément, qu'il est le seul en mesure de produire, à l'appui de cette allégation. Enfin, si M. B soutient qu'il a confié la gestion de son appartement à une agence immobilière par un mandat de gestion locative signé le 30 novembre 2019, lui permettant de trouver un locataire en février 2020, il n'en demeure pas moins que cette démarche n'a été initiée qu'après plus de deux ans de vacance ininterrompue du logement. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la vacance de l'appartement du requérant au 1er janvier des années d'imposition en litige, résulterait de circonstances indépendantes de sa volonté. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a assujetti M. B à la taxe annuelle sur les logements vacants, au titre des années 2019 et 2020, à raison de l'immeuble en litige.

6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des impositions en litige.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la M. B doivent, par suite, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 13 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.

Le rapporteur,

signé

G. VILLETTE

Le président,

signé

K. KELFANI La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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