mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2202901 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CASTEBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 1er mars 2022, 2 février 2023 et 9 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Castebert, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et des contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été privé d'un débat contradictoire préalable à la notification de la proposition de rectifications ;
- la proposition de rectification ne lui a pas été régulièrement notifiée ;
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;
- la reconstitution du chiffre d'affaires est viciée car elle y intègre à tort les commissions payées par les clients à la plateforme Uber ; par ailleurs, à supposer que ces commissions doivent être réintégrées dans le chiffres d'affaires, elles devraient être admises en charges déductibles ;
- le service n'a pas démontré l'appréhension effective des revenus distribués ;
- c'est à tort que le service a appliqué la majoration pour manquement délibéré.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 juillet 2022 et 21 septembre 2023, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A était le gérant de la SASU Swift Cars, qui a pour objet social le transport de voyageurs, jusqu'au 10 juillet 2019. Il a fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle au titre des années 2016 et 2017, à l'issue duquel et aux termes d'une proposition de rectification du 17 décembre 2019, le service lui a notifié, à raison de distributions opérées à son profit par la société Swift cars, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, ainsi qu'un rappel de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. M. A a contesté, par une réclamation du 9 juillet 2021, rejetée le 12 janvier 2022, les impositions supplémentaires ainsi mises à sa charge. Par la requête susvisée, il réitère ses prétentions devant le tribunal.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Selon l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées. Hormis le cas où elle se réfère à un document qu'elle joint à la proposition de rectification ou à la réponse aux observations du contribuable, l'administration peut satisfaire cette obligation en se bornant à se référer aux motifs retenus dans une proposition de rectification, ou à une réponse aux observations du contribuable, consécutive à un autre contrôle et qui lui a été régulièrement notifiée, à la condition qu'elle identifie précisément la proposition ou la réponse en cause et que celle-ci soit elle-même suffisamment motivée.
3. La proposition de rectification du 17 décembre 2019 adressée à M. A mentionne les montants des revenus que l'administration a considéré comme lui ayant été distribués, leur fondement légal, la catégorie de revenus et les années d'imposition, et indique que ces impositions supplémentaires font suite à la vérification de comptabilité de la SASU Swift Cars qui s'est déroulée du 11 juin 2019 au 17 décembre 2019. S'agissant des motifs des rectifications de la SASU Swift Cars, elle se borne à faire état des montants des revenus que l'administration a considéré comme ayant été distribués à M. A au titre des année 2016 et 2017, sans donner le détail des éléments pris en compte pour les déterminer, ni préciser les modalités selon lesquelles les bénéfices de la SASU Swift Cars ont été reconstitués. Dans ces conditions, la proposition de rectification du 17 décembre 2019, qui ne contient pas les modalités de détermination des bases rectifiées de la SASU Swift Cars et, partant des distributions assignées au requérant même, est insuffisamment motivée. Il est constant, par ailleurs, que la proposition de rectification notifiée à la SASU Swift Cars n'était pas annexée à ce document, qui n'y renvoyait que dans une annexe contenant un extrait relatif exclusivement à la maîtrise de l'affaire. Par suite, la proposition de rectification ne respecte pas l'exigence de motivation requise par l'article L. 57 précité du livre des procédures fiscales.
4. La procédure d'imposition étant ainsi irrégulière, M. A, sans qu'il soit besoins d'examiner ses autres moyens, doit être déchargé, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et des contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017.
Sur les frais d'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est déchargé, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des cotisations sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
Mme Richard, première conseillère ;
M. Viain, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUON La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202901
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026