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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2203576

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2203576

mardi 11 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2203576
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantCABINET DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 11 mars 2022 et 28 avril 2023, M. G E et Mme B E née A F, agissant en qualité de représentants légaux de M. C E, majeur protégé, représentés par Me Coubris, demandent au juge des référés statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à leur verser la somme provisionnelle de 300 000 euros ;

2°) de déclarer le jugement commun à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine ;

3°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- M. C E a été victime d'un accident médical non fautif et les préjudices en lien avec le dommage qui en a découlé doivent être réparés par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale ;

- l'ONIAM a déjà été condamné par le tribunal administratif de Versailles le 23 novembre 2010 à leur verser une indemnité provisionnelle d'un montant total de 23 519,42 euros correspondant aux frais de santé et frais divers exposés, au déficit fonctionnel temporaire de M. C E jusqu'au 31 décembre 2009 ainsi qu'aux souffrances endurées ;

- l'ONIAM sera condamné à leur verser une provision de 300 000 euros au titre du besoin d'assistance par une tierce personne de M. C E, de son préjudice scolaire et professionnel et de son déficit fonctionnel.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 avril 2022 et 12 mai 2023, l'ONIAM, représenté par Me de la Grange, demande que les demandes des requérants soient réduites à de plus justes proportions ne pouvant excéder la somme de 21 600 euros.

Il fait valoir que :

- il ne conteste pas l'existence d'un accident médical non fautif et ne s'oppose pas à l'octroi d'une indemnité provisionnelle au bénéfice de M. C E ;

- il a déjà versé la somme de 23 519,42 euros en exécution du jugement du tribunal administratif de Versailles du 23 novembre 2010 ;

- la demande de provision formulée au titre du besoin d'assistance par une tierce personne est sérieusement contestable en l'absence de connaissance précise des montants versés par les organismes sociaux à ce titre ;

- l'octroi d'une provision sur le préjudice scolaire et professionnel, qui devra faire l'objet d'une analyse détaillée par un expert, est sérieusement contestable ;

- la provision demandée au titre du déficit fonctionnel de M. C E sera limitée à la somme de 21 600 euros.

Par une ordonnance du 2 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 17 mai 2023.

L'ensemble de la procédure a été communiqué à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

En application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Goupillier, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. C E, né le 15 octobre 2001, a été pris en charge le 16 janvier 2003 à l'hôpital Louis Mourier à la suite de la contraction d'une otite bilatérale. Alors qu'il lui était administré de la Rocéphine par voie intraveineuse, l'enfant a été pris d'une crise tonico-clonique avec révulsion occulaire, suivie d'une cyanose généralisée, d'une bradycardie profonde, d'une chute de tension avec une désaturation d'oxygène à 85 % et d'un probable arrêt cardiaque. Des mesures de réanimation ont immédiatement été entreprises et ont permis à l'intéressé de récupérer un état hémodynamique satisfaisant avec cependant une défaillance multiviscérale. Le diagnostic retenu a été celui d'un malaise grave avec convulsion, hypoxie et hypotension artérielle compliquée d'une défaillance multiviscérale et d'un état de mal épileptique alors qu'une IRM pratiquée le 29 janvier 2003 a fait état de lésions compatibles avec une origine anoxo-ischémique. Par un jugement avant-dire droit du 25 février 2008, le tribunal administratif de Versailles a ordonné la réalisation d'une expertise qui a été confiée au docteur D. Par un jugement du 23 novembre 2010, le même tribunal a jugé que M. C E avait été victime, le 16 janvier 2003, d'un accident médical non fautif et a condamné à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à verser à M. G E et Mme B E née A F, parents de la victime, la somme de 23 519,42 euros en réparation des préjudices de leur fils au titre des dépenses de santé, frais d'assistance pendant l'expertise, de son déficit fonctionnel temporaire pour la période du 16 janvier 2003 au 31 décembre 2009 ainsi que des souffrances endurées. Par une ordonnance du 17 janvier 2022, G E et Mme B E ont été habilités par le juge des tutelles à représenter M. C E pour l'ensemble des actes relatifs à ses biens et à sa personne. Par une requête enregistrée le 4 mars 2022, ceux-ci ont saisi le juge des référés en application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative qui, par une ordonnance du 15 mars 2023, a ordonné la réalisation d'une nouvelle expertise confiée aux docteurs Bourre et Loubeyre. Dans la présente affaire, les mêmes requérants demandent au juge des référés statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative de condamner l'ONIAM à leur verser la somme provisionnelle de 300 000 euros.

Sur les conclusions aux fins de provision :

2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.

En ce qui concerne l'existence d'une obligation non sérieusement contestable :

3. Aux termes du II l'article L. 1142-1 du code de la santé publique dans sa version alors en vigueur : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'incapacité permanente ou de la durée de l'incapacité temporaire de travail. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'incapacité permanente supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". La condition d'anormalité du dommage doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Ainsi, elles ne peuvent être regardées comme anormales au regard de l'état du patient lorsque la gravité de cet état a conduit à pratiquer un acte comportant des risques élevés dont la réalisation est à l'origine du dommage.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction et, en particulier de l'expertise du docteur D du 20 septembre 2009 que M. C E a été victime, le 16 janvier 2003, d'un accident médical non fautif. Il est par ailleurs constant que le dommage qui a découlé de cette hospitalisation a revêtu, ainsi que l'a relevé le tribunal administratif de Versailles dans son jugement n° 0709104 du 23 novembre 2010, un caractère grave et anormal au sens des dispositions mentionnées au point précédent, l'ONIAM précisant au demeurant dans ses écritures qu'il ne conteste ni la survenue d'un accident médical non fautif ni ne s'oppose au principe de l'octroi d'une indemnité provisionnelle au bénéfice du requérant. Dans ces conditions, l'obligation dont le requérant se prévaut à l'encontre de l'ONIAM présente un caractère non sérieusement contestable.

En ce qui concerne le montant de l'obligation non sérieusement contestable :

5. M. G E et Mme B E demandent, en leur qualité de représentants légaux de M. C E, le versement d'une provision de 300 000 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment que leur enfant a subis à la suite de l'accident médical non fautif mentionné au point précédent. Le montant de la provision que peut allouer le juge des référés, sur le fondement des dispositions ci-dessus rappelées de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui paraît revêtir un caractère de certitude suffisant.

6. Dans son rapport du 20 septembre 2009, si l'expert D a relevé que l'accident médical non fautif du 16 janvier 2003 avait été à l'origine, pour M. C E, de séquelles neuro-psychologiques et cognitives, il a indiqué que la date de consolidation de l'état de santé de l'enfant ne pouvait être déterminée. Ainsi qu'il a été indiqué au point 1, le juge des référés du tribunal a, une ordonnance du 15 mars 2023, ordonné la réalisation d'une nouvelle expertise confiée aux docteurs Bourre et Loubeyre aux fins notamment de déterminer la date de consolidation de l'état physique de l'intéressé.

S'agissant du préjudice tiré du besoin d'assistance par tierce personne :

7. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel du préjudice résultant pour elle de la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne dans les actes de la vie quotidienne, il détermine d'abord l'étendue de ces besoins d'aide et les dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. En vertu des principes qui régissent l'indemnisation par une personne publique des victimes d'un dommage dont elle doit répondre, il appartient ensuite au juge de déduire du montant de l'indemnité allouée à la victime au titre de l'assistance par tierce personne les prestations ayant pour objet la prise en charge de tels frais. Cette déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement si le bénéficiaire revient à meilleure fortune.

8. En l'espèce, l'expert D a considéré, à l'issue de l'examen de M. C E réalisé le 26 mars 2009 que celui-ci souffrait, depuis la survenue de l'accident médical non fautif mentionné au point 4, d'anomalies neurologiques accompagnées d'un déficit moteur modéré des membres supérieur et inférieur gauche, de troubles globaux de la motricité fine, d'un discret syndrome pyramidal des membres inférieurs ainsi que de troubles cognitifs marqués par des difficultés d'apprentissage et de repérage, des troubles de l'attention ainsi qu'une lenteur et un manque d'initiative. Si l'expert a indiqué, dans son rapport du 20 septembre 2009, que les besoins d'assistance par un tiers pour un enfant de six ans atteint de tels troubles pouvaient être estimé à " deux heures par jour les jours scolaires et de quatre heures par jour les jours non scolaires ", il a relevé que les séquelles de M. C E pouvaient évoluer et qu'une amélioration de son état de santé était possible. En outre, l'ONIAM fait valoir que la créance dont se prévalent M. G E et Mme B E est sérieusement contestable dès lors que ceux-ci ne justifient pas du montant des aides qu'ils ont perçu à ce titre et si les requérants soutiennent qu'ils n'ont perçu aucune aide à l'exception de l'allocation adultes handicapés depuis novembre 2021, les documents qu'ils versent aux débats sont insuffisants pour le démontrer. Dès lors, la somme demandée par les requérants au titre de l'assistance par une tierce personne ne peut être regardée, en l'état de l'instruction, comme non sérieusement contestable au sens des dispositions précitées de l'article R. 541-1 du code de la santé publique. Par suite, la demande de provision à ce titre doit être rejetée.

S'agissant du préjudice scolaire et professionnel :

9. Lorsque la victime se trouve, du fait d'un accident corporel survenu dans son jeune âge, privée de toute possibilité d'accéder dans les conditions usuelles à la scolarité et à une activité professionnelle, la circonstance qu'il n'est pas possible, eu égard à la précocité de l'accident, de déterminer le parcours scolaire et professionnel qui aurait été le sien ne fait pas obstacle à ce que soit réparé le préjudice, qui doit être regardé comme certain, résultant pour elle de la perte des revenus qu'une activité professionnelle lui aurait procurés et de la pension de retraite consécutive, ainsi que ses préjudices d'incidence scolaire et professionnelle. Dans un tel cas, il y a lieu de réparer tant le préjudice professionnel que la part patrimoniale des préjudices d'incidence scolaire et professionnelle par l'octroi à la victime d'une rente de nature à lui procurer, à compter de sa majorité et sa vie durant, un revenu équivalent au salaire médian. Cette rente mensuelle doit être fixée sur la base du salaire médian net mensuel de l'année de la majorité de la victime, revalorisé chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25 du code de la sécurité sociale. Doivent en être déduits les éventuels revenus d'activité ainsi que, le cas échéant, les sommes perçues au titre de l'allocation aux adultes handicapés, ou au titre de pensions ou de prestations ayant pour objet de compenser la perte de revenus professionnels. Cette rente n'a, en revanche, pas pour objet de couvrir la part personnelle des préjudices d'incidence scolaire et d'incidence professionnelle, qui doit faire l'objet d'une indemnisation distincte.

10. Il résulte, en l'espèce, de l'instruction que M. C E a pu suivre une scolarité en bénéficiant dès la maternelle d'une assistante de vie scolaire. Par la suite, l'intéressé a été admis en classe puis en unité localisée pour l'inclusion scolaire (CLIS et ULIS) à partir de l'année 2013 et, à compter de l'année 2018, il a poursuivi sa formation au sein d'un établissement ou service d'aide par le travail (ESAT). En se bornant à indiquer que M. C E est en recherche d'orientation professionnelle, qu'il éprouve des difficultés à prendre des initiatives et à comprendre certaines consignes et qu'il existe une incertitude sur ses capacités à exercer une activité professionnelle future rémunérée, les requérants n'établissent pas, ainsi que le fait valoir l'ONIAM en défense, que la créance dont ils se prévalent à cet égard revêt, en l'état de l'instruction, un caractère non sérieusement contestable. Par suite, la demande doit être rejetée.

S'agissant du préjudice tiré du déficit fonctionnel :

11. Dans son rapport d'expertise du septembre 2009, le docteur D a précisé que si l'état de santé de M. C E était susceptible d'évolution, son déficit fonctionnel permanent ne pourrait être inférieur à 30 %. Dans son jugement du 23 novembre 2010, le tribunal administratif de Versailles a condamné l'ONIAM à verser aux requérants la somme de 15 000 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire de l'enfant pour la période comprise entre le 16 janvier 2003 et le 31 décembre 2009. En défense, l'ONIAM évalue, pour la période postérieure, le déficit fonctionnel indemnisable de l'intéressé à la somme de 21 600 euros correspondant, en l'espèce, à la fraction non sérieusement contestable du préjudice indemnisable ici en cause. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser aux requérants une provision de 21 600 euros au titre du déficit fonctionnel de M. C E.

12. Il résulte de tout ce qui précède que M. G E et Mme B E sont uniquement fondés, en leur qualité de représentants légaux de M. C E, à demander de l'ONIAM le versement d'une provision d'un montant de 21 600 euros.

Sur la déclaration de jugement commun à la CPAM :

13. Seuls peuvent se voir déclarer commun un jugement rendu par une juridiction administrative, les tiers dont les droits et obligations à l'égard des parties en cause pourraient donner lieu à un litige dont la juridiction saisie eût été compétente pour connaître et auxquels pourrait préjudicier ce jugement dans des conditions leur ouvrant droit à former tierce-opposition à ce jugement. En l'espèce, la CPAM des Hauts-de-Seine a été régulièrement mise en cause. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par les requérants doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM le versement aux requérants d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : L'ONIAM est condamné à verser à M. G E et Mme B E, en leur qualité de représentants légaux de M. C E, une provision d'un montant de 21 600 euros.

Article 2 : L'ONIAM versera à M. G E et Mme B E une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. G E, Mme B E, M. C E à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy-Pontoise, le 11 juillet 2023.

Le juge des référés

signé

C. Goupillier

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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