vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2203754 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SANCHEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2022, M. A B, représenté par Me Sanchez, avocat, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 à 2017, ainsi que des pénalités et intérêts de retard correspondants ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- les impositions mises à sa charge au titre des années 2015 et 2016 étaient prescrites, dès lors que la proposition du 28 septembre 2020, qui lui a été notifiée après l'expiration du délai de reprise de l'administration, n'a pas pu interrompre la prescription ; l'administration fiscale n'établit pas le caractère occulte d'une quelconque activité qu'aurait exercée la société Promodis Distribution Internationale, celle-ci étant déclarée en Belgique, et ne pouvait donc pas opposer le délai de prescription de dix ans prévu par les dispositions de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales ;
- l'administration fiscale n'établit pas avoir interrompu le délai de prescription des impositions dues par la société Promodis Distribution Internationale au titre de l'année 2017, faute de lui avoir régulièrement notifié une proposition de rectification ; les impositions dues par la société Promodis Distribution Internationale au titre de l'année 2017 étant prescrites, elles ne peuvent fonder une quelconque distribution à son bénéfice ;
- les impositions en litige ont été établies en méconnaissance des droits de la défense, garantis par l'article 47 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'administration fiscale ne lui ayant pas communiqué l'ensemble des éléments du dossier utiles pour préparer sa défense, à savoir l'ensemble des éléments saisis chez la société Promodis Distribution Internationale et la requête déposée par la direction nationale des enquêtes fiscales et les pièces produites à l'appui de celle-ci ;
- la société Promodis Distribution Internationale ayant été mise en liquidation judiciaire, et l'administration fiscale n'ayant pas saisi le liquidateur de société, il n'existe pas de créance fiscale certaine, liquide et exigible qui puisse justifier une distribution à son égard ;
- les impositions en litige ont été établies en méconnaissance de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, dès lors que la société Promodis Distribution Internationale a fait l'objet d'une vérification de comptabilité avant même l'envoi d'un avis ;
- la reconstitution de chiffre d'affaires de la Promodis Distribution Internationale est dépourvue de toute réalité comptable et fiscale ;
- la majoration de 1,25 qui lui a été appliquée a été jugée irrégulière par la Cour de justice de l'Union européenne ;
- l'administration fiscale n'établit pas qu'il ait effectivement appréhendé les distributions de la Promodis Distribution Internationale ;
- les contribution sociales et les pénalités mises à sa charge doivent, par voie de conséquence, être déchargées.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 septembre 2022, l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France conclut au rejet de la requête.
L'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention entre la France et la Belgique du 10 mars 1964 tendant à éviter les doubles impositions et à établir les règles d'assistance administrative et juridique réciproque en matière d'impôts sur les revenus ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de commerce ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite de la vérification de comptabilité de l'établissement stable en France de la société Promodis Distribution Internationale, domiciliée en Belgique, qui exerce une activité de grossiste alimentaire, dont M. B était associé et gérant, l'administration fiscale a notifié à ce dernier, par une proposition de rectification du 28 septembre 2020, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux au titre des années 2015 à 2017, à raison de sommes regardées comme des revenus distribués par la société Promodis Distribution Internationale et imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. La réclamation, en date du 13 mai 2021, présentée par le requérant en vue d'obtenir le dégrèvement de ces impositions supplémentaires a été rejetée par l'administration fiscale par une décision du 7 février 2022. M. B demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 à 2017, ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondants.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne dont les droits et libertés garantis par le droit de l'Union ont été violés a droit à un recours effectif devant un tribunal dans le respect des conditions prévues au présent article. / Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial, établi préalablement par la loi. Toute personne a la possibilité de se faire conseiller, défendre et représenter. / Une aide juridictionnelle est accordée à ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes, dans la mesure où cette aide serait nécessaire pour assurer l'effectivité de l'accès à la justice. ".
3. M. B soutient qu'en application de l'article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'administration était tenue de lui communiquer, outre les éléments du dossier sur lesquels elle s'est fondée pour établir les impositions en litige, tous les documents qui auraient pu être utiles à l'exercice de ses droits de la défense. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a transmis au contribuable, le 15 décembre 2020, l'ensemble des documents obtenus par le biais de l'assistance administrative auprès des autorités belges et, le 15 février 2021, ceux obtenus auprès de La Poste, ainsi qu'une copie des documents saisis dans les locaux de la société Trad-Inter. Par ailleurs, le service vérificateur a restitué à M. B, le 26 septembre 2017, l'ensemble des documents qui avaient été saisis à son domicile. En tout état de cause, en se bornant à faire valoir de manière générale que les pièces non communiquées, et en particulier la requête de la direction nationale des enquêtes fiscales, auraient pu lui servir à assurer sa défense, M. B ne met pas le Tribunal en état de constater que de tels documents, à supposer qu'ils n'auraient pas été en sa possession, auraient pu lui permettre de faire connaître de manière utile et effective ses observations avant l'issue de la procédure administrative. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la procédure d'imposition serait entachée d'irrégularité au regard des dispositions de l'article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
4. Aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité () ".
5. M. B soutient que les documents obtenus par l'administration fiscale dans le cadre de la vérification de la comptabilité de la société Promodis Distribution Internationale ont été obtenus de manière irrégulière et ne pouvaient ainsi fonder les impositions en litige, dès lors que cette vérification de comptabilité a débuté dès la visite domiciliaire conduite par le service vérificateur, avant même l'envoi de l'avis de vérification de comptabilité le 6 juin 2018. Toutefois, alors qu'une visite domiciliaire et une vérification de comptabilité constituent deux procédures distinctes, et que le requérant se borne produire de simples allégations non assorties des précisions suffisantes, il ne résulte pas de l'instruction qu'au cours de la visite domiciliaire dont a fait l'objet la société Promodis Distribution Internationale, l'administration fiscale ait procédé à la comparaison des écritures comptables et des pièces obtenus dans le cadre de cette visite avec les déclarations fiscales souscrites par cette société, et ait ainsi procédé à une vérification de comptabilité déguisée. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la vérification de la comptabilité de la société Promodis Distribution Internationale aurait commencé avant l'envoi d'un avis de vérification, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, et que l'administration ne pouvait pas se fonder sur les documents obtenus dans ce cadre pour établir les impositions en litige.
Sur le bien-fondé des impositions :
6. D'une part, aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. / Par exception aux dispositions du premier alinéa, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la dixième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due, lorsque le contribuable exerce une activité occulte ou lorsqu'il est bénéficiaire de revenus distribués par une personne morale exerçant une activité occulte. L'activité occulte est réputée exercée lorsque le contribuable ou la personne morale mentionnée à la première phrase du présent alinéa n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire et soit n'a pas fait connaître son activité à l'organisme mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 123-33 du code de commerce, soit s'est livré à une activité illicite () ". Il résulte de ces dispositions que dans le cas où un contribuable n'a ni déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire, ni fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, son activité est réputée occulte s'il n'est pas en mesure d'établir qu'il a commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives. S'agissant d'un contribuable qui fait valoir qu'il a satisfait à l'ensemble de ses obligations fiscales dans un État autre que la France, la justification de l'erreur commise doit être appréciée en tenant compte de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment du niveau d'imposition dans cet autre État et des modalités d'échange d'informations entre les administrations fiscales des deux Etats.
7. D'autre part, aux termes de l'article 209 du code général des impôts, dans rédaction applicable au litige : " I. Sous réserve des dispositions de la présente section, les bénéfices passibles de l'impôt sur les sociétés sont déterminés d'après les règles fixées par les articles 34 à 45,53 A à 57, 108 à 117, 237 ter A et 302 septies A bis et en tenant compte uniquement des bénéfices réalisés dans les entreprises exploitées en France, de ceux mentionnés aux a, e, e bis et e ter du I de l'article 164 B ainsi que de ceux dont l'imposition est attribuée à la France par une convention internationale relative aux doubles impositions. () ". En vertu de l'article 4 de la convention franco-belge du 10 mars 1964 tendant à éviter les doubles impositions et à établir les règles d'assistance administrative et juridique réciproque en matière d'impôts sur les revenus, applicable aux années d'imposition en litige : " 1. Les bénéfices industriels et commerciaux ne sont imposables que dans l'Etat contractant où se trouve situé l'établissement stable dont ils proviennent () 3. Le terme " établissement stable " désigne une installation fixe d'affaires où l'entreprise exerce tout ou partie de son activité () 4. Constituent notamment des établissements stables : / a) Un siège de direction () ". Pour l'application de ces stipulations de la convention fiscale franco-belge le siège de direction s'entend du lieu où les personnes exerçant les fonctions les plus élevées prennent les décisions stratégiques qui déterminent la conduite des affaires de cette entreprise dans son ensemble. À cet égard, si le lieu où se tiennent les conseils d'administration d'une société peut constituer un indice pour l'identification d'un siège de direction, ce seul élément ne saurait, confronté aux autres éléments du dossier, suffire à le déterminer.
8. D'une part, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a pu relever lors du contrôle de la société Promodis Distribution Internationale, que celle-ci ne disposait en Belgique que d'une adresse de domiciliation, avec renvoi automatique du courrier au domicile de M. B, où était gérée l'activité de la société et étaient entreposés de nombreux documents relatifs à la gestion administrative et opérationnelle de celle-ci. Elle a également relevé que cette société avait notamment pour activité l'achat de boissons auprès de la société de droit néerlandais Schweppes International Limited, les marchandises étant enlevées puis stockées en France, avant d'être majoritairement livrées à des clients français. Ces éléments n'étant pas sérieusement contestés par le requérant, l'administration fiscale était fondée, eu égard notamment à la réalisation d'opérations formant un cycle commercial complet sur le territoire français, à regarder la société Promodis Distribution Internationale comme disposant d'un établissement autonome imposable en France sur le fondement de l'article 209 du code général des impôts. Au demeurant, eu égard aux mêmes éléments, et en particulier de la localisation en France de l'activité de direction de la société Promodis Distribution Internationale, cette société doit être regardée comme disposant sur le territoire français d'un établissement stable au sens de l'article 4 de la convention fiscale franco-belge.
9. D'autre part, il n'est pas contesté que la société Promodis Distribution Internationale n'a déposé aucune déclaration à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce et n'a souscrit aucune déclaration fiscale des revenus perçus à raison de son activité en France. Si M. B fait valoir que la société Promodis Distribution Internationale a toutefois déclaré ses résultats en Belgique, il ne résulte pas de l'instruction que le montant des revenus déclarés en Belgique corresponde au montant des revenus tirés de son activité en France, et la déclaration de tels revenus en Belgique, alors que cette société n'y disposait que d'une adresse de domiciliation, ne saurait résulter d'une simple erreur. Dès lors, l'administration fiscale était fondée à retenir que la société Promodis Distribution Internationale avait exercé en France une activité occulte au cours des années d'imposition en litige. Par suite, M. B, bénéficiaire de revenus distribués par une personne morale exerçant une activité occulte, n'est pas fondé à soutenir que les impositions mises à sa charge au titre des années 2015 et 2016 étaient prescrites lorsqu'elles ont été mises en recouvrement le 30 avril 2021.
10. Pour les mêmes motifs que ceux qui ont été énoncés ci-dessus, M. B n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir que les impositions supplémentaires mises à la charge de la Promodis Distribution Internationale au titre de l'année 2017 étaient prescrites lorsqu'elles ont été mises en recouvrement.
11. M. B fait valoir que les bénéfices reconstitués de la société Promodis Distribution Internationale ne reposeraient sur aucune donnée sérieuse, faute d'avoir pris en compte les données comptables de cette société librement accessibles auprès du greffe du tribunal de commerce en Belgique. Toutefois, les impositions en litige résultent de la reconstitution des résultats de l'établissement stable en France de la société Promodis Distribution Internationale, et non des résultats de celle-ci en Belgique. Par suite, en l'absence de présentation de toute comptabilité relative à l'exercice de cette activité sur le territoire français, l'administration fiscale était fondée à reconstituer les résultats de l'établissement stable de cette société en France en utilisant les sommes figurant sur les factures découvertes au domicile de M. B, minorées d'un taux de charge forfaitaire, méthode dont la pertinence n'est pas sérieusement contestée par le contribuable.
12. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés () ". En cas de refus des propositions de rectification par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire de sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.
13. Le requérant fait valoir que lorsqu'un rehaussement de bénéfices taxables en France à l'impôt sur les sociétés procède de l'imputation à un établissement stable situé en France de bénéfices réalisés par une société étrangère, celui-ci ne saurait par lui-même révéler l'existence d'une distribution de revenus par cette société, au sens de l'article 109 du code général des impôts. Toutefois il ressort des pièces du dossier soumis au Tribunal que la rectification litigieuse procède non de l'imputation à un établissement stable situé en France de bénéfices réalisés par la société de droit belge Promodis Distribution Internationale mais de la mise en évidence de l'exercice par cette société d'une activité occulte en France, dont il n'a jamais été sérieusement soutenu qu'elle aurait été retracée dans sa comptabilité, ni que les bénéfices en résultant auraient été déclarés et soumis à l'impôt en Belgique. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que les bénéfices ainsi imposés en France, qui n'ont été, ni mis en réserve, ni incorporés au capital, ne peuvent être regardés comme distribués en application des dispositions du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts.
14. Il résulte de l'instruction que le service a relevé, sans que ces éléments ne soient contestés, que M. B était gérant de droit et unique associé de la société Promodis Distribution Internationale, qu'il exerçait un contrôle effectif et constant sur la direction de cette entreprise, plus de 4 300 documents relatifs à la gestion administrative et opérationnelle de cette société ayant été retrouvés à son domicile, et qu'il disposait de l'accès à son compte bancaire. Dans ces conditions, l'administration fiscale établit que le requérant disposait de la maîtrise de l'affaire et est, dès lors, fondée à regarder l'intéressé comme ayant appréhendé les distributions en provenance de la société Promodis Distribution Internationale. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a réintégré ces revenus distribués dans le revenu imposable de M. B au titre des années d'imposition en litige, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, sur le fondement des dispositions du 1° du 1. de l'article 109 précité du code général des impôts.
15. M. B ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 622-24 du code de commerce, de la mise en liquidation judiciaire de la société Promodis Distribution Internationale, dès lors que le présent litige concerne les impositions mises à la charge du requérant et non celles mises à la charge de cette société.
16. Si M. B fait valoir que la majoration de base de 25% qui lui a été appliquée aurait été déclarée inconventionnelle par la Cour européenne des droits de l'homme, un tel moyen, qui n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, ne peut qu'être écarté.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent, par suite, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 13 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026