Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2204661

vendredi 29 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2204661
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CALLON AVOCATS & CONSEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mars 2022, M. A B, représenté par Me Callon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 mars 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à Nanterre lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil comprenant le versement de l'allocation pour demandeur d'asile et de lui indiquer le lieu susceptible de l'accueillir dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un courrier du 28 juin 2022, le président de la 2ème chambre du tribunal a, notamment au vu de l'ordonnance n° 2204663 du 5 avril 2022 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise sur le fondement des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, invité M. B à maintenir ses conclusions dans un délai d'un mois à peine de désistement d'office.

Par une lettre, enregistrée le 26 juillet 2022, M. B a déclaré maintenir l'ensemble de ses conclusions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que, postérieurement à l'introduction de la requête, à compter du mois d'avril 2022, les conditions matérielles d'accueil ont été accordées au requérant, et que celui-ci ayant déclaré être hébergé, il ne peut être enjoint à l'OFII de lui accorder un hébergement.

Vu :

- l'ordonnance n° 2204663 du 5 avril 2022 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; ()5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens (). ".

2. En premier lieu, le directeur général de l'OFII soutient qu'en application de l'ordonnance n° 2204663 du 5 avril 2022 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, la décision dont M. B demande l'annulation a été retirée. A cet égard, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'attestation de versement de l'allocation pour demandeur d'asile en date du 27 juillet 2022, et il n'est d'ailleurs pas contesté que

M. B s'est vu octroyer, à titre définitif, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, et a ainsi bénéficié du versement de l'allocation pour demandeur d'asile, à compter du 7 avril 2022. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation présentées par le requérant, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. En second lieu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Cergy-Pontoise, le 29 mars 2024.

Le président de la 2e chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.