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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2204874

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2204874

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2204874
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMICHELOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 avril 2022 et le 21 septembre 2022, M. et Mme A, représentés par Me Michelot, demandent au tribunal de prononcer la décharge partielle des suppléments d'impôt sur le revenu auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2017 dans la catégorie des revenus fonciers.

Ils soutiennent que :

- les rectifications afférentes aux locaux sis 7, rue Monclar à Aix-en-Provence qu'ils détiennent en propre sont insuffisamment motivées s'agissant des années 2013 et 2014 ;

- les travaux de rénovation entrepris en 2013 et 2014 dans l'immeuble sis 7, rue Monclar à Aix-en-Provence sont des travaux de rénovation non assimilables à une construction et une reconstruction, de sorte que c'est à tort que le service a remis en cause leur déductibilité ;

- sont également déductibles du revenu foncier, les travaux réalisés en 2012 par la SCI Prado 377 et qui n'ont consisté qu'en une redistribution des pièces sans affecter le gros-œuvre ainsi que ceux, conduits en 2016 et 2017, en vue d'améliorer la signalétique des places de stationnement existantes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val- d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Huon, président rapporteur,

- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A sont notamment propriétaires de locaux sis 7 rue Monclar à Aix-en-Provence (13) soit directement soit par l'intermédiaire de la SCI Prado 377, dont ils détiennent, à eux deux, 100 % des parts. Aux termes d'une proposition de rectification du 13 décembre 2019, le service a, en particulier, remis en cause la déductibilité de certains travaux d'amélioration effectués depuis 2012 sur cet immeuble, au motif qu'ils s'apparentaient, en réalité, à des travaux de reconstruction. L'administration a ainsi rectifié le déficit foncier reportable sur l'année 2017 et a réintégré des charges non déductibles exposées au cours de ladite année. A la suite du rejet de leur réclamation, M. et Mme A demandent la décharge partielle des impositions qui leur ont été assignées par voie de conséquence.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ".

3. Après avoir rappelé les textes et principes de droit applicables, le vérificateur a clairement indiqué les motifs l'ayant conduit à rejeter la déduction des charges afférentes aux locaux sis 7, rue Monclar à Aix-en-Provence (13) s'agissant des années 2013 et 2014, détenus en propre par M. et Mme A, en détaillant l'objet et le montant des factures correspondantes. Il a ainsi mis à même les requérants de formuler utilement leurs observations. Par suite, le moyen tiré de ce que la proposition de rectification du 13 décembre 2019 serait insuffisamment motivée de ce chef manque en fait.

Sur le bien-fondé des impositions :

4. Aux termes de de l'article 31 du code général des impôts : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / () b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement () ". Au sens de ces dispositions, doivent être regardés comme des travaux de reconstruction ceux qui comportent la création de nouveaux locaux d'habitation, ou qui ont pour effet d'apporter une modification importante au gros œuvre, ainsi que les travaux d'aménagement interne qui, par leur importance, équivalent à des travaux de reconstruction, et, comme des travaux d'agrandissement, ceux qui ont pour effet d'accroître le volume ou la surface habitable des locaux existants. Il appartient au contribuable, qui entend déduire de son revenu brut les dépenses constituant, selon lui, des charges de la propriété, de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges.

5. En premier lieu, M. et Mme A admettent que le 1er étage de l'immeuble sis 7, rue Monclar à Aix-en-Provence était à usage professionnel mais font valoir qu'il était destiné originellement à l'habitation de sorte qu'une occupation temporaire pour un autre usage n'est pas de nature à elle seule à lui ôter cette destination, en l'absence de travaux modifiant cette conception, cet aménagement ou ces équipements. Toutefois, d'une part, ils n'apportent pas la moindre justification sur la destination originelle des locaux en cause ni, par voie de conséquence, sur le caractère purement temporaire de leur affectation professionnelle. D'autre part, en ce qui concerne tant le 1er que le 2ème étage, également en litige, l'administration relève, sans être nullement contredite, que les éléments produits lors du contrôle ont fait apparaître que l'opération de réhabilitation a consisté notamment en la démolition des sols, la dépose de cheminée, la démolition des murs pour ouverture et étaiement, l'évacuation des décombres, la démolition de la cloison entre les 2e et 3e étages, la création d'ouvertures de passage dans un mur porteur, la séparation d'appartements, la préparation et le ragréage des sols. Il en résulte que cette opération a impacté le gros œuvre de manière significative et a conduit à la transformation complète des espaces intérieurs, dont, au surplus, l'ensemble des menuiseries, équipements et appareillages a été recréé. Dans ces conditions, les travaux en cause, dont, par ailleurs, il n'est pas allégué qu'ils seraient indissociables les uns des autres, doivent être regardés comme équivalent à des travaux de reconstruction et d'amélioration au sens du b) du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts. C'est donc à bon droit que le service a rejeté la déductibilité des dépenses correspondantes.

6. En second lieu, d'une part, M. et Mme A n'établissent pas que les deux factures adressées à la SCI Prado 377, d'un montant total de 1 651, 54 € et afférentes à la démolition de cloisons aux 1er, 2ème et 3ème étage seraient détachables de l'opération de reconstruction de l'immeuble, qui a conduit à l'augmentation de la surface habitable. D'autre part, les intéressés soutiennent que les dépenses d'aménagement des places de parking, soit 2 291€ pour 2016 et 6 292 € pour 2017 correspondent simplement en la délimitation et la numérotation des emplacements. Toutefois, ils n'apportent aucune justification ni même aucune précision à cet égard, alors que le vérificateur a relevé que les travaux en cause ont consisté en l'abattage d'arbres présents sur le site et la création de places de stationnement et non simplement à l'amélioration de la signalétique d'emplacements existants. Ces dépenses correspondent donc également à des travaux de construction non déductibles en application b) du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la demande en décharge présentée par M. et Mme A ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président,

Mme Edert, vice-présidente,

M. Viain, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.

L'assesseur le plus ancien,

signé

S. EDERT

Le président,

signé

C. HUON

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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