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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2205394

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2205394

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2205394
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre (JU)
Avocat requérantSCP LACOURTE RAQUIN TATAR

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2205394 les 15 avril 2022 et 6 juillet 2023, la SCI PB10, représentée par Me Charriau et Me Dubois, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020, à raison d'un immeuble dont elle est propriétaire situé 4, place de la Pyramide à Puteaux ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'au 1er janvier 2020, l'immeuble était totalement dépourvu de murs extérieurs et était devenu impropre à toute utilisation.

Par des mémoires en défense enregistrés les 9 août 2022 et 14 mai 2024, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par la SCI PB10 ne sont pas fondés.

La SCI PB10 a produit un mémoire enregistré le 17 mai 2024 qui n'a pas été communiqué.

II. Par une requête et des mémoires enregistrés sous le n° 2213486 les 28 septembre 2022, 6 juillet et 8 décembre 2023, la SCI PB10, représentée par Me Charriau et Me Dubois, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021, à raison d'un immeuble dont elle est propriétaire situé 4, place de la Pyramide à Puteaux ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'au 1er janvier 2021, l'immeuble était totalement dépourvu de murs extérieurs et était devenu impropre à toute utilisation.

Par des mémoires en défense enregistrés les 17 mars 2023 et 14 mai 2024, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par la SCI PB10 ne sont pas fondés.

III. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2304033 les 21 mars 2023 et 17 avril 2024, la SCI PB10, représentée par Me Charriau et Me Dubois, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2022, à raison d'un immeuble dont elle est propriétaire situé 4, place de la Pyramide à Puteaux ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'au 1er janvier 2022, l'immeuble était totalement dépourvu de murs extérieurs et était devenu impropre à toute utilisation.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 juillet 2023, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par la SCI PB10 ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Louazel, conseillère, pour statuer sur les affaires relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Louazel, magistrate désignée ;

- les conclusions de M. Prost, rapporteur public ;

- les observations de Me Avrin, avocate, substituant Me Charriau et Me Dubois.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI PB10 a été assujettie à la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2020 à 2022 à raison d'un immeuble situé 4, place de la Pyramide à Puteaux. Par des réclamations préalables en date des 22 avril 2021, 23 mai et 11 octobre 2022, rejetées respectivement les 14 février et 5 août 2022 et 23 janvier 2023, la SCI PB10 a demandé le dégrèvement de ces cotisations. La requérante demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1415 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l'habitation principale sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ".

3. Un immeuble passible de la taxe foncière sur les propriétés bâties qui fait l'objet de travaux entraînant sa destruction intégrale avant sa reconstruction ne constitue plus, jusqu'à l'achèvement des travaux, une propriété bâtie assujettie à la taxe foncière en application de l'article 1380 du code général des impôts. Il en va de même lorsqu'un immeuble fait l'objet de travaux nécessitant une démolition qui, sans être totale, affecte son gros œuvre d'une manière telle qu'elle le rend dans son ensemble impropre à toute utilisation. En revanche, la seule circonstance qu'un immeuble fasse, ultérieurement à son achèvement et alors qu'il est soumis à ce titre à la taxe foncière sur les propriétés bâties, l'objet de travaux qui, sans emporter ni démolition complète ni porter une telle atteinte à son gros œuvre, le rendent inutilisable au 1er janvier de l'année d'imposition, ne fait pas perdre à cet immeuble son caractère de propriété bâtie pour l'application de l'article 1380 du code général des impôts.

4. Il résulte de l'instruction que l'ensemble immobilier dont est propriétaire la SCI PB10, composé de trois bâtiments de six étages, reliés entre eux par deux ailes transversales et articulés autour d'un noyau central, a fait l'objet d'une opération de restructuration et de réhabilitation lourde à compter du 20 février 2019. La société PB10 soutient que les travaux exécutés au cours de cette opération ont rendu l'immeuble en litige impropre à toute utilisation dès le 1er janvier 2020. Elle explique que les murs extérieurs ont été abattus au cours de l'année 2019, que les quatre premiers niveaux des ailes transversales ont été démolis l'année suivante et qu'une atteinte significative avait été portée au gros-œuvre du bâtiment au 1er janvier 2022. Toutefois, il ressort des constats d'huissier des 30 décembre 2019 et 2020 versés à l'instance que l'immeuble avait, aux 1er janvier 2020 et 2021, conservé à la fois sa structure porteuse et sa structure générale, dont des façades en béton brut et une toiture. S'il est constant que cette structure générale était détruite au 1er janvier 2022, le constat d'huissier du 31 décembre 2021 et le rapport technique du 1er décembre 2021 produits au dossier font apparaître que l'ossature de la construction demeurait et que sa solidité et sa consistance n'avaient pas été suffisamment atteintes pour regarder l'immeuble comme totalement inutilisable à cette date. Dans ces conditions, les travaux de restructuration et de réhabilitation ne lui ont pas fait pas perdre le caractère de propriété bâtie au sens de l'article 1380 du code général des impôts. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a estimé qu'elle devait être assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison de l'immeuble en litige au titre des années 2020 à 2022.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la SCI PB10 doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la SCI PB10 doivent, dès lors, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes nos 2205394, 2213486 et 2304033 de la SCI PB10 sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI PB10 et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

La magistrate désignée,

signé

M. LOUAZEL

La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2205394, 2213486, 2304033

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