jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2205971 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET THORRIGNAC AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 avril 2022 et 26 octobre 2023, le syndicat intercommunal de la piscine de l'Isle Adam-Parmain (SIPIAP), représenté par Me Auchet, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de condamner M. C, à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, ou, à titre subsidiaire, sur celui de la responsabilité contractuelle, à lui verser la somme de 686 928,30 euros toutes taxes comprises (TTC), à assortir des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du dépôt de sa requête indemnitaire, au titre des travaux de réparation dont le montant sera actualisé selon l'indice BT01 applicable au mois de janvier 2022 ;
2°) de condamner la société par actions simplifiées (SAS) SNRB, à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, ou, à titre subsidiaire, sur celui de la responsabilité contractuelle, à lui verser la somme de 411 478,55 euros TTC, à assortir des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du dépôt de sa requête indemnitaire, au titre des travaux de réparation dont le montant sera actualisé selon l'indice BT01 applicable au mois de janvier 2022 ;
3°) de condamner la SAS Socotec, à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, ou, à titre subsidiaire, sur celui de la responsabilité contractuelle, à lui verser la somme de 111 322,93 euros TTC, à assortir des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du dépôt de sa requête indemnitaire, au titre des travaux de réparation dont le montant sera actualisé selon l'indice BT01 applicable au mois de janvier 2022 ;
4°) de condamner la société anonyme (SA) Etandex, à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, ou, à titre subsidiaire sur celui de la responsabilité quasi-délictuelle, à lui verser la somme de 25 279,87 euros TTC, à assortir des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du dépôt de sa requête indemnitaire, au titre des travaux de réparation dont le montant sera actualisé selon l'indice BT01 applicable au mois de janvier 2022 ;
5°) de dire que la SAS Allouche a engagé sa responsabilité à hauteur de 782 240,12 euros TTC au titre des travaux et à hauteur de 361 831,32 euros TTC au titre des préjudices subis et à subir ;
6°) de condamner solidairement M. C, la SAS SNRB, la SAS Socotec et la SA Etandex, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, à lui verser la somme globale de 361 831,32 euros TTC, à assortir des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du dépôt de sa requête indemnitaire, au titre des préjudices subis ;
7°) de dire que le jugement à intervenir sera commun et opposable aux compagnies d'assurance parallèlement mises en cause devant le tribunal judiciaire de Pontoise pour tous les attendus du jugement qui concernent la responsabilité des titulaires des marchés et les préjudices retenus ;
8°) de mettre à la charge in solidum de M. C, de la SAS SNRB et des SA Socotec et Etandex la somme de 15 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Il soutient que :
- les désordres affectant la piscine, constatés dans le rapport d'expertise, sont de nature à engager la responsabilité des intervenants au chantier, à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, ou, à titre subsidiaire, sur celui de la responsabilité contractuelle, dès lors qu'ils ont commis des fautes y ayant concouru ;
- à cet égard, il est fondé à solliciter, au titre des travaux :
) la condamnation de :
o M. C au paiement de la somme de 686 928,30 euros TTC ;
o la SAS SNRB au paiement de la somme de 411 478,55 euros TTC ;
o la SAS AMTP au paiement de la somme de 8 160 euros TTC ;
o la SAS Socotec au paiement de la somme de 111 322,93 euros TTC ;
o la SA Etandex au paiement de la somme de 25 279,84 euros TTC ;
) la reconnaissance de la responsabilité de la SAS Allouche à hauteur de 782 240,12 euros TTC ;
- les conséquences des désordres subis, constatés dans le rapport d'expertise, sont de nature à engager la responsabilité solidaire des intervenants au chantier, à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, ou, à titre subsidiaire, sur celui, de la responsabilité contractuelle, dès lors qu'ils ont commis des fautes y ayant concouru.
- à cet égard, il est fondé à solliciter la condamnation solidaire de M. C, de la SAS SNRB et des SA Socotec et Etandex, au titre de l'ensemble des préjudices subis, à hauteur de :
) 26 247,60 euros TTC pour indemniser la réalisation des investigations techniques ;
) 19 419,72 euros TTC pour indemniser les mesures prises pour poursuivre l'activité ;
) 35 000 euros TTC pour réparer le préjudice lié à l'exécution non conforme de l'isolation ;
) 281 164 euros TTC pour réparer le préjudice lié à la fermeture de la piscine pendant les travaux de reprise ;
- contrairement à ce que font valoir les sociétés Socotec et Etandex, la prescription décennale ne leur est pas acquise dès lors que le délai de dix ans, intervenu le 28 juillet 2018, a été interrompu par la requête en référé expertise enregistrée le 25 juin 2018 et que, en tout état de cause, bien que la société Socotec n'ait été appelée à participer aux opérations d'expertise qu'en vertu de l'ordonnance n° 1900603 du 25 avril 2019, cette interpellation effectuée à la demande d'un débiteur solidaire, en présence du SIPIAP, a eu pour effet de l'attraire à la cause dans les mêmes conditions que les parties initialement désignées ;
- contrairement à ce que prétendent M. C et les sociétés Allianz IARD et Etandex, la mission confiée à l'expert, par l'ordonnance initiale n° 1806089 du 16 octobre 2018, concerne l'ensemble de l'immeuble dans lequel se trouve la piscine, ce qui a été confirmé par l'ordonnance n° 1900034 du 26 avril 2019 ; il s'ensuit qu'aucune prescription ne saurait être retenue s'agissant des désordres affectant les vestiaires et l'étanchéité de l'ouvrage ;
- si la SMABTP, assureur de la société SNRB, soulève l'incompétence de la juridiction administrative pour régler les litiges relatifs aux contrats d'assurance de droit privé, aucune demande de cet ordre n'a pourtant été formulée ;
- la responsabilité quasi-délictuelle de la société Etandex, même en sa qualité de sous-traitante des sociétés SNRB et Allouche, peut être recherchée par le maître d'ouvrage, de sorte qu'elle peut être condamnée solidairement avec les autres défendeurs dès lors qu'elle a commis des fautes ayant concouru aux désordres constatés ;
- contrairement à ce que soutient la SAS Socotec, la condamnation in solidum du contrôleur technique avec les autres constructeurs, dans le cadre de la garantie décennale, peut être recherchée dès lors qu'il a contribué à la survenance des désordres ayant affecté la piscine ;
- les demandes indemnitaires formulées, d'une part, au titre des travaux, et, d'autre part, au titre des préjudices immatériels, se fondent sur l'analyse technico-économique précise et détaillée réalisée par l'expert à partir des éléments qui lui ont été communiqués, de sorte que les défendeurs ne sont pas fondés à soutenir que l'évaluation des préjudices matériels et immatériels, non sérieusement contestée, n'est pas justifiée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er juillet 2022 et 15 mai 2023, la SA Allianz IARD, représentée par Me Thorrignac, conclut :
1°) à titre principal, au rejet pour forclusion des demandes indemnitaires formulées par le SIPIAP relatives aux fuites au droit des siphons de sol des locaux vestiaires, sanitaires et douches, ainsi qu'à l'absence d'étanchéité sur les planchers des locaux vestiaires, sanitaires et douches ;
2°) à la limitation de la responsabilité de la société Allouche à hauteur de 50 % au titre des désordres affectant le carrelage des bassins sportifs, ludique, pataugeoire et reprise des joints de goulotte ;
3°) à la limitation de la responsabilité de la société Allouche à hauteur de 20 % au titre de l'absence de mise en œuvre d'un revêtement d'étanchéité dans la zone vestiaires, sanitaires, douches et dans les zones hors plages et bassins ;
4°) à la limitation des préjudices matériels réclamés par le SIPIAP à la somme de 998 382,95 euros TTC ;
5°) au rejet des réclamations du SIPIAP au titre du préjudice immatériel, ou, subsidiairement, à la limitation de la part imputée de ce chef à la société Allouche à 20 %, soit la somme de 65 366,26 euros TTC ;
6°) à titre subsidiaire, à la fixation de la part définitive qui sera mise individuellement à la charge de M. C, des sociétés SNRB, Socotec, Etandex et Allouche au stade de la contribution à la dette ;
7°) en tout état de cause, à ce que soit ramenée à de plus justes proportions la demande à hauteur de 15 000 euros présentée par le SIPIAP sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
8°) à la mise à la charge du SIPIAP ou de toute autre partie succombante de la somme de 3 000 euros à lui régler au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la forclusion de l'action exercée par le SIPIAP est acquise au titre des désordres affectant les vestiaires et l'étanchéité de l'ouvrage, dès lors que la réception des travaux est intervenue le 28 juillet 2008, que la requête indemnitaire n'a été enregistrée que le 15 avril 2022 et que le référé expertise, qui ne concernait pas ces désordres, n'a pas pu avoir pour effet d'interrompre la prescription ;
- la responsabilité de la société Allouche n'a pas été retenue par l'expert au titre des désordres relatifs à l'isolation thermique, aux ouvrages métalliques extérieurs, à l'ouvrage de retenue des terres en vide sanitaire, à la reprise des plages minérales extérieures et à l'absence de dispositif d'extraction de l'air vicié dans le local JAVEL, de sorte qu'elle n'est pas redevable de la somme de 463 837,65 euros TTC demandée par le SIPIAP en réparation de ces désordres ;
- s'il est reproché à la société Allouche de ne pas avoir utilisé une colle adaptée au nouveau produit d'étanchéité, ayant eu pour conséquences le décollement des carrelages dans les bassins sportifs et ludique, ainsi que la dégradation des joints du carrelage, sa responsabilité ne peut être engagée qu'à hauteur de 50 % dans la mesure où le cahier des clauses techniques ETANFLEX ER ne lui a pas été communiqué par le maître d'œuvre et qu'aucune réserve n'a été émise par ce dernier ou par le SIPIAP ;
- les prestations d'étanchéité ont été supprimées à la demande du SIPIAP et le devis de la société Allouche, prenant acte de cette demande, a été validé par le maître d'œuvre, de sorte que la responsabilité de la société Allouche doit être limitée à 20 % ;
- l'expert ne verse pas les pièces à l'appui desquelles son évaluation des préjudices matériels a été opérée et a rejeté, de manière injustifiée, la solution réparatoire qu'elle a proposée, de sorte que la somme réclamée par le SIPIAP à ce titre doit être ramenée à 998 382,95 euros TTC, au lieu de 1 923 957,27 euros TTC ;
- s'agissant des préjudices immatériels dont se prévaut le SIPIAP, d'une part, la société Allouche ne peut être tenue responsable de la non-conformité de l'isolation dès lors que son intervention n'est pas liée à ce désordre, et, d'autre part, en l'absence de justification du montant retenu pour évaluer le préjudice d'exploitation, la société Allouche ne pourra en être tenue responsable qu'à hauteur de 20 %, soit pour la somme de 65 366,26 euros TTC au lieu de 361 831,82 euros TTC.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, M. C, agissant au nom et pour le compte de la SARL C, représenté par Me Tirel, conclut :
1°) à titre principal, au rejet pour forclusion des demandes indemnitaires formées par le SIPIAP relatives aux fuites au droit des siphons de sol des locaux vestiaires, sanitaires et douches, ainsi qu'à l'absence d'étanchéité sur les planchers des locaux vestiaires, sanitaires et douches ;
2°) à sa mise hors de cause et au rejet des demandes formées par le SIPIAP, les sociétés Etandex et Socotec et toutes autres parties à son encontre ;
3°) à titre subsidiaire, à la limitation de la somme à allouer au SIPIAP au titre des travaux de reprise à 1 923 957,27 euros TTC retenue par l'expert ;
4°) au rejet de la demande indemnitaire du SIPIAP portant sur le préjudice lié à la fermeture de la piscine pendant les travaux ;
5°) au rejet de toute condamnation solidaire à son encontre ;
6°) à la condamnation in solidum des sociétés AMTP, SNRB, Socotec et Etandex à le relever et à le garantir de toutes condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre au profit du SIPIAP et de toute autre partie ;
7°) en tout état de cause, au rejet des demandes formées par le SIPAP, les sociétés Etandex et Socotec et toutes autres parties à son encontre ;
8°) à la mise à la charge de tout succombant de la somme de 5 000 euros à lui régler sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la forclusion de l'action exercée par le SIPIAP est acquise au titre des désordres affectant les vestiaires et l'étanchéité de l'ouvrage dès lors que la réception des travaux est intervenue le 28 juillet 2008 et que la requête indemnitaire n'a été enregistrée que le 15 avril 2022 ;
- dès lors que la mission qui lui a été confiée en sa qualité d'architecte diffère de celles mises à la charge des autres sociétés composant le groupement de maîtrise d'œuvre, sa responsabilité ne peut pas être engagée à raison des désordres consécutifs aux manquements commis par les membres du groupement ;
- la somme totale allouée au SIPIAP, au titre de ses demandes indemnitaires, ne saurait excéder celle retenue par l'expert, à savoir 1 923 957,27 euros TTC ;
- la demande indemnitaire du SIPIAP relative au préjudice lié à la fermeture de la piscine pendant les travaux doit être rejetée faute pour ce dernier de le justifier dans son principe et dans son montant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2023, la SAS SNRB et la SMABTP, représentées par Me Lagrenade, concluent :
1°) au rejet pour incompétence des demandes dirigées contre la SMABTP ;
2°) au rejet des demandes du SIPIAP relatives aux désordres affectant les zones des WC publics, vestiaires, toilettes et douches de la piscine ;
3°) au rejet des demandes principales et indemnitaires relatives aux préjudices matériels et immatériels présentées par le SIPIAP ;
4°) au rejet des demandes d'appel en garantie présentées à l'encontre de la société SNRB ;
5°) au rejet de toute demande de condamnation solidaire les concernant ;
6°) à la condamnation de M. C, des sociétés Etandex, Allouche et Socotec à garantir la société SNRB de toutes les condamnations qui viendraient à être prononcées à son encontre ;
7°) à la mise à la charge solidaire du SIPIAP et de tous les succombants à l'instance des entiers dépens et de la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la demande du SIPIAP à l'encontre de la SMABTP, prise en sa qualité d'assureur de la société SNRB, est irrecevable dès lors qu'elle relève de la seule compétence des juridictions judiciaires ;
- sa responsabilité ne peut être engagée qu'au titre des désordres qui lui ont été déclarés imputables par l'expert ;
- contrairement à ce qu'allègue l'expert, le défaut de " dès béton " ne peut lui être imputable dès lors que cette prestation ne lui était pas prescrite contractuellement et que, en tout état de cause, elle n'a jamais été alertée de ce désordre par le maître d'œuvre et les corps d'état secondaires ;
- il en est de même pour l'absence de réalisation de l'étanchéité au droit des murs de la zone vestiaires dès lors que cette prestation n'était pas prévue contractuellement, qu'aucune demande ne lui a été faite en cours de chantier et que, en tout état de cause, cette prestation n'était pas mentionnée dans l'ordre de service du 23 juin 2006 ni au titre des réserves émises lors de la réception des travaux le 28 juillet 2008 et levées le 19 octobre 2019 ;
- les montants des travaux réparatoires retenus par l'expert ne sont ni détaillés ni justifiés au titre des préjudices matériels et immatériels, lesquels au surplus font l'objet de doublons avec les évaluations de l'expert relatives au coût des travaux de reprise ;
- la demande relative au préjudice lié à la fermeture de l'établissement pour la réalisation des travaux doit être proratisée en fonction du pourcentage d'imputabilité que l'expert a retenu à son encontre.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 décembre 2022, 9 juin 2023 et 20 octobre 2023, la SA Etandex, représentée par Me Touraille, conclut :
1°) au rejet pour forclusion des demandes indemnitaires formulées par le SIPIAP à son encontre ;
2°) au rejet pour forclusion des demandes indemnitaires formulées par le SIPIAP relatives aux fuites au droit des siphons de sol des locaux vestiaires, sanitaires et douches, ainsi qu'à l'absence d'étanchéité sur les planchers des locaux vestiaires, sanitaires et douches ;
3°) à la limitation de sa responsabilité à hauteur de 35 % au titre des désordres affectant les siphons d'évacuation des eaux ;
4°) au rejet de toutes les demandes du SIPIAP à son égard excédant les sommes de 25 279,84 euros TTC au titre des travaux ; 252,45 euros au titre du préjudice lié aux mesures permettant la poursuite d'activité ; 3 655,13 euros au titre du préjudice lié à la fermeture de la piscine pendant les travaux de reprise ; 1,30 % du montant de l'indemnité qui pourrait être allouée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 1,30 % du montant des entiers dépens ;
5°) à la fixation de la part définitive devant être mise à la charge de M. C, des sociétés Allouche, SNRB, Socotec et Etandex ;
6°) à la condamnation in solidum de M. C, des sociétés SNRB et Socotec à la garantir de toutes les condamnations qui viendraient à être prononcées à son encontre ;
7°) à la mise à la charge du SIPIAP et de tous les succombants à l'instance des entiers dépens et de la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la prescription décennale lui est acquise dès lors que le délai de dix ans, intervenu le 28 juillet 2018, n'a pas été interrompu par la requête en référé expertise enregistrée le 25 juin 2018, laquelle n'a pas été dirigée contre elle, nonobstant la demande formulée, à l'appui de son mémoire du 26 juillet 2018, par la société Allianz tendant à ce qu'elle participe aux opérations d'expertise ;
- surabondamment, les désordres relatifs aux fuites au droit des siphons de sol des locaux vestiaires, sanitaires et douches, ainsi qu'à l'absence d'étanchéité sur les planches des locaux vestiaires, sanitaires et douches ne relèvent pas des missions confiées à l'expert par l'ordonnance n° 1806089 du 16 octobre 2018, de sorte que l'action exercée à leur titre est forclose ; en tout état de cause, la société Etandex n'était pas en charge des missions concernées par ces désordres ;
- le décollement des carrelages dans les bassins sportifs et ludique, ainsi que la dégradation des joints de carrelage ne sont pas imputables aux travaux qu'elle a réalisés ; il en est de même pour les remontées d'humidité dans les cloisons en CARROBRIC, les phénomènes de corrosion affectant les portes métalliques extérieures des locaux techniques et l'absence d'ouvrage de retenue des terres dans le vide sanitaire ;
- le traitement en étanchéité des zones vestiaires, cabines, sanitaires et douches ne relèvent pas de ses missions, ainsi que le complexe d'isolation thermique par l'extérieur mis en œuvre sur la voile courbe de façade ;
- en tant que sous-traitant des sociétés SNRB et Allouche, elle n'a pas de lien contractuel avec le SIPIAP, qui ne saurait dès lors engager sa responsabilité sur le fondement de la responsabilité décennale des constructeurs ni sur celui de la responsabilité contractuelle ;
- sa responsabilité ne doit être engagée, conformément au rapport d'expertise, que :
) pour les travaux : au titre des défauts d'étanchéité des siphons d'évacuation des eaux des plages et ce à hauteur de 35 %, soit 16 450 euros hors taxes (HT) ; à cet égard, l'expert indique que cette somme représente 1,28 % du montant total des travaux de reprise ;
) pour les préjudices immatériels :
o au titre de la participation aux frais et installation de chantier, soit à hauteur de 1 555,56 euros HT ;
o au titre de la participation aux frais d'opération, soit à hauteur de 2 777,43 euros HT ;
o au titre de la participation aux frais d'investigation techniques, soit à hauteur de 283,54 euros, correspondant à sa quote-part d'1,30 % sur la somme totale de 26 247,60 euros TTC, et non pas à hauteur de cette dernière somme comme le demande le SIPIAP ;
- sa responsabilité ne peut pas être engagée à hauteur de 19 419,72 euros TTC s'agissant du préjudice lié aux mesures permettant la poursuite d'activité dès lors que cette demande figure déjà dans les montants réclamés par le SIPIAP à M. C et à la société SNRB ; si par extraordinaire, elle ne serait pas suivie par le tribunal, sa quote-part ne pourrait en tout état de cause excéder 1,30 % de la somme de 19 419,72 euros TTC, soit 252,45 euros TTC ;
- sa responsabilité ne peut pas être engagée au titre du préjudice lié à l'exécution non conforme de l'isolation, évalué à 35 000 euros TTC, lequel ne la concerne pas et, en tout état de cause, figure déjà dans la réclamation formulée par le SIPIAP à l'égard de M. C et de la société SNRB ;
- les défauts d'exécution sur les siphons de sol qui lui sont imputés, dont la reprise a été chiffrée à 16 450 euros HT, n'ont pas de lien de causalité avec le préjudice de perte d'exploitation allégué par le SIPIAP pendant l'exécution des travaux de reprise d'un montant total de 1 603 298,58 euros HT, de sorte qu'à titre principal, il ne peut pas lui être imputé et que, à titre subsidiaire, il ne saurait excéder sa quote-part de 1,30 % sur la somme de 281 164 euros TTC, soit la somme de 3 655,13 euros TTC.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 décembre 2022, 6 avril 2023 et 7 novembre 2023, la SAS Socotec Construction venant aux droits de la SAS Socotec France, représentée par Me Draghi-Alonso, conclut :
1°) au rejet pour forclusion des demandes indemnitaires formulées par le SIPIAP à son encontre ;
2°) au rejet de l'ensemble des demandes indemnitaires du SIPIAP dirigées contre elle et son assureur AXA France IARD ;
3°) au rejet des demandes d'appel en garantie présentées à son encontre et à celui de son assureur ;
4°) à la fixation de la part définitive devant être mise à la charge de M. C et des sociétés Allouche, SNRB et Etandex ;
5°) à la condamnation in solidum de M. C et des sociétés Allouche, SNRB et Etandex à la relever et à la garantir indemne de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre ;
6°) au rejet de toute demande de condamnation solidaire ;
7°) à la mise à la charge solidaire du SIPIAP et de tous les succombants à l'instance des entiers dépens et de la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'ordonnance de référé n'a interrompu la prescription qu'à l'égard des parties appelées à la procédure initiale et qu'au profit des personnes à l'origine de l'assignation, de sorte que les demandes formulées par le SIPIAP à son encontre et à celui de son assureur AXA France IARD sont irrecevables ;
- la responsabilité du contrôleur technique s'apprécie dans les limites de la mission qui lui a été confiée, de sorte que la survenance d'un aléa à la prévention duquel il devait une contribution doit être démontrée pour qu'une imputabilité soit reconnue ;
- la responsabilité du contrôleur technique ne peut être recherchée, au regard des missions qui lui ont été confiées, qu'en cas de désordre affectant la solidité des ouvrages soumis à son contrôle, lequel n'a jamais été évoqué dans le rapport d'expertise ;
- le SIPIAP échoue à établir le lien qui existerait entre les missions du contrôleur technique, qu'il se borne à énumérer, et les désordres en cause, de sorte qu'il ne peut valablement solliciter sa condamnation à le garantir sur le fondement de la responsabilité décennale ;
- en retenant la non réalisation de certains travaux et le défaut d'observations du contrôleur technique pour engager sa responsabilité dans les désordres allégués, l'expert et le SIPIAP n'apportent pas d'éléments de nature à établir une telle responsabilité ; au demeurant, il n'appartient pas au contrôleur technique d'assurer le suivi d'exécution du chantier, cette mission pesant sur le maître d'œuvre, ni d'opérer un contrôle exhaustif et régulier, de sorte qu'il ne pourrait lui faire grief de ne pas avoir relevé les mauvaises exécutions des sociétés Allouche et SNRB ;
- ses avis ont été émis au regard du référentiel normatif technique en vigueur à la date de réalisation des travaux, lequel avait été respecté par les constructeurs, de sorte qu'aucune non-conformité n'a pu être décelée ;
- contrairement aux autres intervenants, le contrôleur technique n'est pas soumis à une obligation générale de conseil et d'information à l'égard du maître d'ouvrage ;
- les demandes indemnitaires formulées par le SIPIAP au titre de ses préjudices matériels et immatériels doivent être écartées dès lors qu'elles ne sont justifiées ni dans leur principe ni dans leur montant.
Par une ordonnance du 8 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 novembre 2023 à 12 heures.
Par un courrier du 11 octobre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office les moyens tirés :
- d'une part, de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de l'appel en garantie formé par un participant à une opération de travaux publics contre son sous-traitant, tous deux liés par un contrat de droit privé ;
- d'autre part, de ce que l'intervention d'une société en qualité d'assureur d'une société dépourvue d'existence juridique ne peut être accueillie dès lors qu'elle ne dispose plus d'intérêt à intervenir.
Par un courrier du 14 octobre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office les moyens tirés :
- d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions du SIPIAP tendant à ce que le juge administratif déclare responsable la société Allouche dès lors qu'elles ne sont pas assorties de conclusions indemnitaires ;
- d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions du SIPIAP tendant à ce que le jugement soit déclaré opposable aux compagnies d'assurance parallèlement mises en cause devant le tribunal judiciaire de Pontoise pour tous les attendus du jugement qui concernent la responsabilité des titulaires des marchés et les préjudices retenus.
Par un courrier du 14 octobre 2024, le syndicat intercommunal de la piscine de l'Isle Adam-Parmain, représenté par Me Auchet, a répondu aux moyens d'ordre public soulevés par le tribunal.
Par un courrier du 15 octobre 2024, la société Allianz IARD, représentée par Me Boissier-Defrocourt, a répondu aux moyens d'ordre public soulevés par le tribunal.
Par un courrier du 16 octobre 2024, les sociétés Socotec Construction et AXA France Iard, représentées par Me Monteiro et Me Draghi-Alonso, ont répondu aux moyens d'ordre public soulevés par le tribunal.
Vu :
- l'ordonnance n°s 1806089-1900603-1900034 du 3 mars 2022 par laquelle le président par intérim du tribunal a taxé les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. A B à la somme de 52 761,04 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lusinier, conseillère ;
- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;
- les observations de Me Auchet, représentant le syndicat intercommunal de la piscine de l'Isle Adam-Parmain ;
- et les observations de Me Monteiro, représentant la SAS Socotec France et la compagnie AXA France IARD.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat intercommunal de la piscine de l'Isle Adam-Parmain (SIPIAP) a décidé de procéder à la reconstruction de la piscine de l'Isle Adam-Parmain (Val-d'Oise). Il a confié la mission de maîtrise d'œuvre à un groupement représenté par M. A C, architecte. Le contrôle technique de l'opération a été attribué à la société par actions simplifiée (SAS) Socotec par une convention conclue le 12 février 2004. Sont également intervenues dans l'opération les sociétés par actions simplifiées (SAS) SNRB, titulaire du lot n°1 " Gros œuvre/démolition ", et Allouche, titulaire des lots n° 8 " Carrelage " et n° 10 " Equipements sportifs ", qui ont toutes deux fait appel à la société anonyme (SA) Etandex pour réaliser respectivement l'imperméabilisation des bassins et l'étanchéité sous carrelage dans les zones de plages, ainsi que les raccords d'étanchéité sous siphons à platine. Les travaux ont été réceptionnés avec réserves le 28 juillet 2008 par corps d'état séparé et elles ont été levées. Postérieurement à la réception, le SIPIAP a constaté des désordres affectant la piscine, notamment des décollements de carrelage, un défaut d'étanchéité et de réalisation des siphons, ainsi que la dégradation des menuiseries intérieures. Par une ordonnance n° 1806089 du 16 octobre 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a, sur la demande du SIPIAP, désigné un expert, M. B, aux fins de décrire les malfaçons constatées et dire si elles sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination, donner son avis sur les causes et origines des désordres, indiquer la nature et le montant des travaux nécessaires pour y remédier et apporter tous éléments de nature à apprécier les responsabilités éventuellement encourues et les préjudices subis. Par une ordonnance n°1900603 du 25 avril 2019, les opérations de l'expertise prescrites par l'ordonnance précitée n°1806089 du 16 octobre 2018 ont été étendues à la société Socotec et à la société AXA France IARD. Par une ordonnance n°1900034 du 26 avril 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a indiqué que la mission confiée à l'expert par l'ordonnance du 16 octobre 2018 ne se limite pas à l'examen des défauts d'étanchéité affectant les siphons de sol et aux seuls murs comportant des huisseries en bois et à l'indication des travaux nécessaires pour y remédier, mais concerne nécessairement l'ensemble de l'immeuble dans lequel se trouve la piscine, y compris notamment la totalité des murs des vestiaires. Le rapport d'expertise de M. B a été remis le 31 janvier 2022. Par la présente requête, le SIPIAP demande la condamnation de M. C à lui verser la somme de 686 928,30 euros TTC, de la société SNRB à lui verser la somme de 411 478,55 euros TTC, de la société Socotec à lui verser la somme de 111 322,93 euros TTC, de la société Etandex à lui verser la somme de 25 279,87 euros TTC en réparation de ses préjudices matériels, ainsi que la condamnation solidaire de M. C, de la SAS SNRB, de la SAS Socotec et de la SA Etandex à lui verser la somme globale de 361 831,32 euros TTC en réparation de ses préjudices immatériels.
I-Sur la compétence du juge administratif :
2. En premier lieu, l'exception d'incompétence de la juridiction administrative soulevée par la société SMABTP est inopérante dès lors que le SIPIAP n'a dirigé aucune conclusion à son encontre.
3. En second lieu, la société Etandex, qui a réalisé les travaux d'enduits d'imperméabilisation dans les bassins, a agi en vertu d'un contrat de droit privé en qualité de sous-traitante de la société SNRB. Dès lors, la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître de l'appel en garantie que cette dernière a formé à l'encontre de la société Etandex.
II-Sur la recevabilité des conclusions du SIPIAP :
4. En premier lieu, les conclusions du SIPIAP tendant à ce que le juge administratif déclare la société Allouche responsable ne sont pas assorties de conclusions indemnitaires. Elles sont donc irrecevables. Si en réponse au moyen d'ordre public notifié par le tribunal, le SIPIAP soutient qu'il ne pouvait former de conclusions indemnitaires à l'encontre d'une société en liquidation judiciaire, le principe de l'interdiction des poursuites n'interdit pas au juge d'entrer en voie de condamnation, sans préjudice des suites que la procédure judiciaire est susceptible d'avoir sur le recouvrement de sa créance.
5. En second lieu, sont également irrecevables les conclusions du SIPIAP tendant à ce que le jugement soit déclaré opposable aux compagnies d'assurance parallèlement mises en cause devant le tribunal judiciaire de Pontoise pour tous les attendus du jugement qui concernent la responsabilité des titulaires des marchés et les préjudices retenus.
III-Sur la garantie décennale des constructeurs :
1-En ce qui concerne le caractère décennal des désordres :
6. L'expert, dans son rapport, a retenu l'existence de désordres se traduisant par un décollement des carrelages, un défaut d'étanchéité des siphons, des remontées d'humidité dans les cloisons, des dégradations sur le complexe d'isolation thermique, des corrosions affectant les portes métalliques, des phénomènes d'éboulement des terres, un défaut du fond de forme de la plage minérale extérieure et une absence de dispositif d'extraction de l'air vicié dans le local Javel. Les conclusions de l'expert font apparaître que les premiers désordres se sont déclarés au cours de l'année 2014, soit près de six ans après la réception des travaux. Il en résulte que ces désordres présentent un caractère décennal, ce qui n'est du reste pas contesté par les parties.
2-En ce qui concerne la qualité de constructeur :
7. Aux termes de l'article 1792-1 du code civil : " Est réputé constructeur de l'ouvrage : 1° Tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage () ". Selon l'article L. 111-24 du code de la construction et de l'habitation : " Le contrôleur technique est soumis, dans les limites de la mission à lui confiée par le maître de l'ouvrage à la présomption de responsabilité édictée par les articles 1792,1792-1 et 1792-2 du code civil, reproduits aux articles L. 111-13 à L. 111-15, qui se prescrit dans les conditions prévues à l'article 1792-4-1 du même code reproduit à l'article L. 111-18. ".
8. L'obligation de garantie due au titre de la garantie décennale s'impose non seulement aux architectes et aux entrepreneurs, mais également aux autres personnes liées au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage. Par suite, en leur qualité de constructeurs, la responsabilité décennale de M. C, architecte et mandataire du groupement de maîtrise d'œuvre, de la société SNRB, entrepreneur, et de la société Socotec, contrôleur technique, peut être engagée. En revanche, la société Etandex, sous-traitante des sociétés Allouche et SNRB, qui n'a pas la qualité de constructeur au sens de l'article 1792-1 du code civil, ne peut voir sa responsabilité engagée sur le fondement de la garantie décennale.
3-En ce qui concerne la prescription de la garantie décennale opposée par les défendeurs :
9. D'une part, si M. C et la société SNRB opposent en défense la prescription de la garantie décennale que le SIPIAP entend engager à leur encontre, il résulte de l'instruction qu'ils ont été visés par celui-ci dans sa requête enregistrée le 25 juin 2018, laquelle a donné lieu à l'ordonnance n° 1806089 du 16 octobre 2018 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné l'expert, fixé ses missions et ordonné la participation desdites sociétés aux opérations d'expertise. Il en résulte que l'exception de prescription de la garantie décennale opposée par M. C et la société SNRB ne peut être accueillie.
10. D'autre part, en vertu de l'article 2244 du code civil : " Le délai de prescription ou le délai de forclusion est () interrompu par une mesure conservatoire prise en application du code des procédures civiles d'exécution ou un acte d'exécution forcée. ". Selon l'article 2270 du même code : " On ne peut pas prescrire contre son titre, en ce sens que l'on ne peut point se changer à soi-même la cause et le principe de sa possession. ". L'article 1792-4-3 de ce code prévoit que : " En dehors des actions régies par les articles 1792-3, 1792-4-1 et 1792-4-2, les actions en responsabilité dirigées contre les constructeurs désignés aux articles 1792 et 1792-1 et leurs sous-traitants se prescrivent par dix ans à compter de la réception des travaux. ".
11. Sans qu'il soit besoin de statuer sur l'exception de prescription soulevée par la société Etandex, il y a lieu d'accueillir celle soulevée par la société Socotec dès lors que sa participation aux opérations d'expertise n'a été ordonnée que le 25 avril 2019 par une ordonnance n° 1900603 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, à la demande de M. C, par requête enregistrée le 16 janvier 2019. La société Socotec n'avait pas été appelée à la cause par l'ordonnance initiale n° 1806089 du 16 octobre 2018 intervenue à la suite de la requête du SIPIAP, enregistrée le 25 juin 2018. Or, il résulte des dispositions précitées des articles 2244 et 2270 du code civil, applicables à la responsabilité décennale des architectes et des entrepreneurs à l'égard des maîtres d'ouvrage publics, qu'une citation en justice n'interrompt la prescription qu'à la double condition d'émaner de celui qui a la qualité pour exercer le droit menacé par la prescription et de viser celui-là même qui en bénéficierait. Par suite, le SIPIAP n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de la société Socotec au titre de la garantie décennale, son action étant prescrite.
4-En ce qui concerne l'imputabilité des désordres :
a) A titre liminaire, quant à la mission de l'expert :
12. Par une ordonnance n° 1806089 du 16 octobre 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy Pontoise a prescrit, sur la demande du SIPIAP, une expertise afin d'apprécier l'état actuel de la piscine, et notamment le carrelage, l'étanchéité, les siphons et les menuiseries intérieures, en donnant tous éléments permettant de déterminer leur date d'apparition. Il a également été demandé à l'expert de " décrire les malfaçons () et de dire si elles sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ". Dès lors, comme l'a confirmée l'ordonnance n° 1900034 du 26 avril 2019, la mission confiée à l'expert ne s'est pas limitée à l'examen des défauts d'étanchéité affectant les siphons de sol, aux seuls murs comportant des huisseries en bois et à l'indication des travaux nécessaires pour y remédier, mais a porté sur l'ensemble de l'immeuble abritant la piscine, y compris notamment la totalité des murs des vestiaires. Par conséquent, contrairement à ce qui est soulevé en défense, les désordres affectant les locaux vestiaires, sanitaires et douches relèvent des missions confiées à l'expert par l'ordonnance du 16 octobre 2018, de sorte que l'action exercée à ce titre n'est pas tardive.
b) Quant au décollement des carrelages dans les bassins sportifs et ludiques, ainsi que la dégradation des joints de carrelage :
13. L'expert a relevé de multiples désordres dont il attribue l'origine, d'une part, à la société Allouche qui n'aurait pas observé les règles de l'art et les prescriptions édictées par le fabricant du revêtement d'imperméabilisation, et, d'autre part, à M. C qui, en premier lieu, n'aurait pas procédé à un examen de conformité et de visa des études d'exécution, et, en second lieu, aurait failli dans sa mission de surveillance des travaux.
14. Il résulte de l'instruction que M. C, qui n'a pas pu transmettre les visas et plans d'exécution dans le cadre des opérations d'expertise, n'établit pas avoir procédé à l'examen de conformité et de visa des études d'exécution qui lui incombait, de sorte qu'il n'a pas assuré sa mission de surveillance des travaux. Pour s'en défendre, M. C allègue, d'une part, sans au demeurant l'établir, avoir été victime d'un sinistre l'empêchant de transmettre à l'expert les documents demandés, et, d'autre part, que sa responsabilité ne peut être recherchée pour des défauts d'exécution ponctuels non décelables. Toutefois, outre qu'un constructeur ne peut utilement s'exonérer de sa responsabilité décennale par son absence de faute, il résulte de l'instruction que M. C aurait dû, dans le cadre de sa mission de suivi et de direction des travaux, imposer la mise en place des préconisations requises compte-tenu du signalement du contrôleur technique, dans sa fiche d'examen n° 77, lequel émettait un avis réservé sur la compatibilité des produits de collage présentés par la société Allouche avec les caractéristiques techniques du procédé d'imperméabilisation. Par suite, les désordres affectant les carrelages et joints de carrelage doivent être imputés à M. C, la responsabilité décennale de la société Allouche n'étant pas, comme dit au point 4 ci-dessus, expressément engagée par le SIPIAP.
c) Quant à l'étanchéité des siphons des zones vestiaires, sanitaires et douches :
15. L'expert a relevé des défauts d'étanchéité au niveau des siphons de sol, dus à l'absence de raccordement entre ces équipements et un système d'étanchéité, dont le dispositif devait être à double étage tel que prévu par le CCT " ETANFLEX BP ". Seules les plages autour des bassins et la zone de circulation entre les locaux sanitaires/douches et le bassin sportif ont fait l'objet d'un traitement d'étanchéité. L'étanchéité de ces ouvrages au raccordement des siphons a été jugée totalement déficiente par l'expert faute d'avoir respecté les prescriptions fixées par le CCT " ETANFLEX BP " et celles figurant dans le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) du marché de la société Allouche.
16. Ainsi qu'il a été dit au point 14 ci-dessus, les désordres en cause ne peuvent être regardés comme imputables à la société Allouche, dès lors qu'elle n'a pas été mise en cause par le SIPIAP sur le terrain de la garantie décennale. Ils ne peuvent davantage être regardés imputables à la société Etandex, qui n'a pas la qualité de constructeur ainsi qu'il a été dit au point 8 ci-dessus. L'imputabilité des désordres à M. C est en revanche établie, dès lors qu'il ne démontre pas avoir procédé aux examens de conformité et de visa des études d'exécution, faute de transmission à l'expert des documents justificatifs sans qu'il puisse là encore se prévaloir d'un sinistre ayant détruit ses archives ou de son absence de faute. Par suite, les désordres affectant les siphons des zones vestiaires, sanitaires et douches doivent être imputés à M. C.
d) Quant aux remontées d'humidité des cloisons en CARROBRIC :
17. L'expert a relevé que les mesures de teneur en eau réalisées au cours des opérations d'expertise ont montré la présence d'une humidité atteignant la saturation en partie basse et médiane des maçonneries testées à l'humiditest. Si la présence d'un film de désolidarisation noir entre la dalle et le mortier de pose du carrelage et celle d'une bande résiliente de couleur blanche a été constatée, l'expert a en revanche déploré l'absence de revêtement d'étanchéité sur la dalle en béton, de socle en béton au-dessus de la dalle du plancher, de bande résiliente entre la dalle béton et le premier élément de maçonnerie constituant le cloisonnement, de plinthes à gorges à la jonction du carrelage et de la faïence murale et de joint souple entre la plinthe à gorge et le carrelage.
18. D'une part, la société SNRB fait valoir que le défaut de " dés béton " ne peut lui être reproché dès lors que la prestation en cause n'était pas prévue dans le lot " Gros œuvre " dont elle était titulaire et qu'aucune demande ne lui a été adressée postérieurement par la maîtrise d'œuvre ou les corps d'états secondaires. Toutefois, si l'expert indique lui-même que les " dés béton " n'étaient pas prévus par le contrat, il n'en demeure pas moins que la société SNRB est à l'origine de la réalisation des cloisons en briques dont la base a été emprisonnée dans la chape au sol. Les désordres constatés dans la zone A (WC public, vestiaires, toilettes et douche) lui sont donc imputables.
19. D'autre part, en l'absence de stipulations contraires, les entreprises qui s'engagent conjointement et solidairement envers le maître de l'ouvrage à réaliser une opération de construction, s'engagent conjointement et solidairement non seulement à exécuter les travaux, mais encore à réparer le préjudice subi par le maître de l'ouvrage du fait de manquements dans l'exécution de leurs obligations contractuelles. Un constructeur ne peut échapper à sa responsabilité conjointe et solidaire avec les autres entreprises cocontractantes, au motif qu'il n'a pas réellement participé aux travaux révélant un tel manquement, que si une convention, à laquelle le maître de l'ouvrage est partie, fixe la part qui lui revient dans l'exécution des travaux.
20. En l'espèce, M. C, à qui sont reprochés l'absence de validation des documents d'exécution des sociétés Allouche et SNRB, ainsi que le défaut de surveillance dans la mission de suivi de l'exécution des travaux, les prestations prévues au contrat n'ayant pas été réalisées par les constructeurs, fait valoir que la rédaction des CCTP ne relevait pas de sa mission, mais de celle de l'économiste, de sorte qu'il ne peut être à l'origine de l'absence de mention des " dés béton " dans le CCTP du lot " Gros œuvre ". Certes, l'acte d'engagement du 5 février 2004 conclu entre le SIPIAP, le mandataire solidaire du groupement de maîtrise d'œuvre en la personne de la SARL C et les membres de ce groupement n'a pas précisément défini les tâches contractuellement confiées à chaque cotraitant. Toutefois, il ressort de son annexe 1 que la phase assistance pour la passation des contrats de travaux a été répartie entre quatre cotraitants, dont M. C et l'économiste, avec des parts fixées à 43 % et 15 % respectivement. Dans ces conditions, en l'absence de précisions supplémentaires quant à la nature des tâches réalisées par chacun d'eux et faute pour M. C de produire des pièces permettant d'établir que seul l'économiste aurait rédigé les CCTP, les désordres constatés dans la zone A (WC public, vestiaires, toilettes et douches), ainsi que dans la zone B (casiers, circulation zone casiers, circulation devant toilettes et douches, et autres locaux impactés), lui sont imputables.
e) Quant aux fissures, dégradations ponctuelles et salissures importantes sur le complexe d'isolation thermique par l'extérieur sur le voile courbe de façade :
21. Au cours de ses investigations techniques, l'expert a relevé que le système d'isolation thermique par l'extérieur a été mis en œuvre sur un système non plan, de même que la présence de salissures d'origine biologique sur l'enduit extérieur et des fissurations rectilignes, plus ou moins prononcées, horizontales et verticales.
22. Il résulte de l'instruction que M. C est à l'origine d'une conception inadaptée du système mis en œuvre sur un voile courbe dès lors qu'il ne démontre pas, ainsi qu'il a déjà été dit, la validation des documents d'exécution de la société Allouche (phase VISA). Quant à la société SNRB, à qui est reprochée, sans qu'elle ne le conteste, une exécution défectueuse des travaux réalisés et la non-observation des prescriptions techniques du procédé d'isolation thermique par l'extérieur, elle n'est pas étrangère à la survenance des désordres retenus. Par suite, les fissures, dégradations et salissures sont imputables à M. C et à la SNRB.
f) Quant aux phénomènes de corrosion affectant les portes métalliques extérieures des locaux techniques :
23. Il ressort de l'expertise que les phénomènes de corrosion résultent de l'absence de dispositif de rejet d'eau en partie basse des portes métalliques extérieures des locaux techniques, du traitement de préservation contre la corrosion réalisé lors de leur fabrication et d'un positionnement en contact direct avec le sol.
24. Si l'imputabilité de ces désordres à la société AMPT, titulaire du lot " Serrurerie " ne peut être reconnue dès lors qu'elle n'a pas été mise en cause par le SIPIAP sur le terrain de la garantie décennale, celle de M. C est établie pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, dès lors qu'il ne démontre pas avoir validé les documents d'exécution de la société AMTP. Par suite, les désordres affectant les portes métalliques extérieures des locaux techniques lui sont exclusivement imputables.
g) Quant aux phénomènes de tassement et d'éboulement progressifs des terres en raison de l'absence d'ouvrage de retenue des terres dans le vide sanitaire :
25. L'expert a relevé que la société SNRB n'avait pas réalisé les talutages dans le vide sanitaire au niveau des longrines de redressement disposées à l'aplomb des façades extérieures de la construction, prestation pourtant prévue dans le marché du lot n° 1 " Gros œuvre " et figurant dans les plans établis par M. C. En l'absence de cet ouvrage, des phénomènes de tassement progressif des terres extérieures sont apparus et ont provoqué la détérioration d'une canalisation d'évacuation, laquelle a déversé ses effluents dans le vide sanitaire.
26. Ainsi qu'il a déjà été dit, l'imputabilité des désordres à M. C est établie, dès lors qu'il ne démontre pas avoir procédé aux examens de conformité et de visa des études d'exécution, la circonstance qu'il ait subi un sinistre ayant détruit ses archives ou qu'il n'ait pas commis de faute étant à cet égard sans incidence. En outre, la société SNRB ne conteste pas ne pas avoir réalisé correctement les travaux qui lui incombaient, de sorte qu'elle n'est pas étrangère à la survenance des désordres retenus. Par suite, les phénomènes de tassement et d'éboulement progressif des terres doivent être imputés à M. C et à la SNRB.
h) Quant aux plages minérales extérieures :
27. L'expert a indiqué que la société SNRB, qui ne le conteste pas, n'avait pas correctement réalisé les travaux de préparation du fond de forme de la plage minérale à proximité de la façade du bâtiment. Quant à M. C, il lui a une fois de plus été reproché de ne pas avoir validé les documents d'exécution de la société SNRB (phase VISA). Par suite, les désordres affectant les plages minérales extérieures doivent être imputés à la SNRB et à M. C.
i) Quant au local Javel :
28. L'expert a relevé l'absence de dispositif d'extraction de l'air vicié dans le local JAVEL, alors pourtant qu'il est indispensable pour évacuer efficacement les polluants qu'il contient. La création de ce dispositif nécessitera l'achat de fournitures et le paiement de frais de main-d'œuvre. Comme l'a relevé l'expert, les désordres en cause doivent être imputés à M. C.
IV-Sur la responsabilité quasi-délictuelle de la société Etandex :
29. Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. ".
30. Si le SIPIAP invoque la responsabilité quasi-délictuelle de la société Etandex dans sa requête enregistrée le 15 avril 2022, cette action indemnitaire est prescrite dès lors qu'elle intervient près de quatorze ans après la date de réception des travaux.
V-Sur la responsabilité contractuelle de la société Socotec :
31. Si le SIPIAP soulève la responsabilité contractuelle de la société Socotec dans sa requête enregistrée le 15 avril 2022, cette action indemnitaire est prescrite dès lors qu'elle intervient près de quatorze après la date de réception des travaux.
VI- Sur les préjudices :
1) S'agissant de l'indexation :
32. Le SIPIAP demande l'indexation des sommes à allouer sur l'indice BT01 applicable au mois de janvier 2022, date du dépôt du rapport d'expertise, jusqu'à la date du jugement. L'évaluation des dommages qu'il a subis doit être faite à la date où, leur cause ayant pris fin et leur étendue étant connue, il pouvait être procédé aux travaux destinés à y remédier. En l'espèce, cette date est celle à laquelle l'expert a déposé son rapport, qui définissait avec une précision suffisante la nature et l'étendue des travaux nécessaires. Il appartenait alors au SIPIAP, s'il s'y croyait fondé, de demander à l'expert, avant la remise de son rapport, de procéder à l'actualisation du coût de ces travaux. De plus, le SIPIAP n'établit ni même n'allègue s'être trouvé dans l'impossibilité technique ou financière de réaliser lesdits travaux dès cette date. Par suite, il n'est pas fondé à demander que le montant de l'indemnité à accorder soit actualisé en fonction de l'indice BT01 applicable au mois de janvier 2022.
2) S'agissant des préjudices matériels :
2-1) En ce qui concerne le montant des préjudices :
a) Quant au décollement des carrelages dans les bassins sportifs et ludiques, ainsi qu'à la dégradation des joints de carrelage :
33. L'expert a estimé les travaux de reprise à la somme de 348 000 euros HT correspondant à 305 000 euros HT pour les grands bassins et le bassin ludique, 25 000 euros HT pour la pataugeoire et 18 000 euros HT pour la reprise des goulottes. Pour contester cette évaluation, M. C n'est pas fondé à se prévaloir, d'une part, de ce qu'il n'a pas pu transmettre à l'expert les visas et les plans d'exécution des entreprises, qui n'ont pas davantage été versés à l'expertise par le SIPIAP et les sociétés intervenantes, en raison d'un sinistre l'empêchant d'avoir accès à ses archives, et, d'autre part, que les défauts d'exécution ponctuels des entreprises, à l'instar des désordres affectant le carrelage, n'étaient pas décelables dans le cadre de sa mission de suivi de l'exécution des travaux. Il y a donc lieu de retenir la somme de 348 000 euros HT dans l'assiette des travaux à indemniser.
b) Quant à l'étanchéité des siphons des zones vestiaires, sanitaires et douches :
34. L'expert a estimé à 47 000 euros HT le montant des travaux de reprise. Cette somme n'est pas utilement contestée par M. C, qui se borne à soulever les mêmes moyens que ceux évoqués au point 33 ci-dessus. Il y a donc lieu de retenir la somme de 47 000 euros HT dans l'assiette des travaux à indemniser.
c) Quant aux remontées d'humidité des cloisons en CARROBRIC :
35. D'une part, s'agissant de la zone WC public, vestiaires, toilettes et douches, dite zone A dans le présent jugement, l'expert a estimé les travaux de reprise à 280 380 euros HT correspondant à 43 500 euros HT pour le WC public, 128 900 euros HT pour les vestiaires, 69 380 euros HT pour les toilettes et 38 600 euros HT pour les douches. La société SNRB ne conteste pas utilement ce chiffrage en se bornant à faire valoir que le défaut de " dés béton " ne peut lui être reproché dès lors que la prestation en cause n'était pas prévue par le lot " Gros œuvre " et qu'aucune demande ne lui a été faite, en cours de chantier, par la maîtrise d'œuvre ou les corps d'états secondaires. M. C ne conteste pas davantage utilement le chiffrage de l'expert en se bornant à soutenir, d'une part, que la rédaction des CCTP ne relevait pas de sa mission, mais de celle de l'économiste, de sorte qu'il ne peut lui être reproché de ne pas avoir mentionné les " dés béton " dans le CCTP du lot " Gros œuvre ", et, d'autre part, qu'il a alerté à plusieurs reprises la société Normen, titulaire du lot " Menuiseries intérieures ", de la nécessité de mettre en œuvre un dispositif afin d'assurer l'étanchéité des menuiseries. Il y a donc lieu de retenir la somme de 280 380 euros HT dans l'assiette des travaux à indemniser.
36. D'autre part, s'agissant de la zone casiers, circulation zone casiers, circulation devant toilettes et douches, et autres locaux impactés, dite zone B dans le présent jugement, l'expert a estimé les travaux de reprise à la somme de 258 960 euros HT correspondant à 145 500 euros HT pour les casiers, 23 800 euros HT pour la circulation dans la zone casiers, 45 900 euros HT pour la circulation devant les toilettes et douches et 43 760 euros HT pour les autres locaux impactés. M. C ne conteste pas utilement cette évaluation en se bornant à soulever les mêmes moyens qu'au point 33 ci-dessus. Il y a donc lieu de retenir la somme de 258 960 euros HT dans l'assiette des travaux à indemniser.
d) Quant aux fissures, dégradations ponctuelles et salissures importantes sur le complexe d'isolation thermique par l'extérieur sur le voile courbe de façade :
37. L'expert a estimé les travaux de reprise à la somme de 185 000 euros HT, non contestée par la société SNRB. Quant à M. C, il ne la conteste pas utilement en se bornant à soulever les mêmes moyens qu'au soutien de sa contestation des désordres relatifs au décollement des carrelages et au défaut d'étanchéité des siphons. Il y a donc lieu de retenir la somme de 185 000 euros HT dans l'assiette des travaux à indemniser.
e) Quant aux phénomènes de corrosion affectant les portes métalliques extérieures des locaux techniques :
38. L'expert a évalué les travaux de reprise à la somme de 8 500 euros HT, que M. C ne conteste pas utilement en soulevant les mêmes moyens que ceux évoqués ci-dessus. Toutefois, l'expert ayant considéré que les travaux de reprise des portes extérieures pouvaient être traités directement par le maître de l'ouvrage sans concours extérieur, il n'y a pas lieu de retenir la somme de 8 500 euros dans l'assiette des travaux à indemniser.
f) Quant aux phénomènes de tassement et d'éboulement progressif des terres en raison de l'absence d'ouvrage de retenue des terres dans le vide sanitaire :
39. L'expert a estimé les travaux de reprise à la somme de 125 700 euros HT correspondant à 118 900 euros HT pour la retenue des terres en vide sanitaire et 6 800 euros HT pour la reprise des têtes de pieux. Si la société SNRB ne conteste pas cette évaluation, M. C ne la critique pas utilement en se bornant à soulever les mêmes moyens qu'au soutien de sa contestation des désordres relatifs au décollement des carrelages et au défaut d'étanchéité des siphons. Il y a donc lieu de retenir la somme de 125 700 euros HT dans l'assiette des travaux à indemniser.
g) Quant aux plages minérales extérieures et au local Javel :
40. L'expert a estimé les travaux de reprise à 24 000 euros HT pour les plages minérales extérieures et à 6 000 euros HT pour le local Javel. Ces sommes ne sont pas contestées par la société SNRB et M. C. Toutefois, l'expert ayant considéré que les travaux de reprise du dispositif d'extraction dans le local Javel pouvaient être traités directement par le maître de l'ouvrage sans concours extérieur, il y a seulement lieu de retenir la somme de 24 000 euros dans l'assiette des travaux à indemniser.
41. Il résulte de ce qui précède que l'assiette des travaux à indemniser s'élève à 1 269 040 euros HT, somme à laquelle doivent être ajoutées celle non contestée de 120 000 euros HT correspondant aux frais de préparation et d'installation du chantier et celle de 214 258,56 euros HT, pas davantage contestée mais dont le SIPIAP ne demande pas réparation, correspondant aux frais de l'opération, soit 1 603 298,56 euros HT en tout pour les préjudices matériels.
2-2) En ce qui concerne la contribution à la dette :
42. Si les responsabilités des sociétés Socotec et Allouche ne sont pas engagées à l'égard du syndicat requérant, leur rôle dans les désordres est de nature à exonérer en tout ou partie la société SNRB et M. C, débiteurs de la garantie décennale, des condamnations non solidaires susceptibles d'être prononcées à leur encontre au titre des préjudices matériels.
2-2-1) S'agissant des travaux de reprise :
a) Quant au décollement des carrelages dans les bassins sportifs et ludiques, ainsi que la dégradation des joints de carrelage
43. Contrairement à ce qu'allègue la société Allianz dans les dires n°s 3 et 5 communiqués à l'expert les 11 octobre et 11 décembre 2019, il résulte de l'instruction que la prestation d'étanchéité réalisée par la société Allouche n'a pas fait l'objet d'une modification contractuelle. Un additif est certes intervenu dans le cadre de la négociation, mais il avait pour objet d'étendre aux sauna et hammam la prestation d'étanchéité commandée à la société Allouche et de confier celle relative au bac tampon au titulaire du lot n° 10, et non pas de la supprimer. Si, pendant la phase de négociation, la suppression de l'étanchéité sous carrelage dans les vestiaires collectifs et l'espace cabines-casiers a été chiffrée par la société Allouche, à la demande du SIPIAP, il résulte toutefois de l'instruction qu'elle n'a pas été validée par le maître d'œuvre et le maître d'ouvrage, comme l'atteste le montant du marché conclu par ce dernier avec la société Allouche. Est à cet égard sans incidence la circonstance que le dossier des ouvrages exécutés (DOE) de la société Allouche n'ait pas comporté toutes les zones dont l'étanchéité a été contractuellement prévue dès lors qu'il est, en tout état de cause, lacunaire et non conforme aux travaux prescrits dans le lot " carrelage ". En outre, s'il est constant que la société Allouche est intervenue après la société Etandex, en charge des travaux d'enduits d'imperméabilisation dans les bassins, en sa qualité de sous-traitante de la société SNRB, les désordres qui affectent les bassins ne sont consécutifs qu'aux défauts de pose du carrelage qui lui sont imputables. Enfin, il ne peut être pertinemment soutenu que la société Allouche n'a pas eu communication du cahier des clauses techniques " ETANFLEX ER ", allégation au demeurant non établie, pour justifier le défaut d'écrasement des sillons de colle laissant apparaître de nombreux vides d'air et l'emploi d'un joint non adapté aux piscines. Dès lors, la responsabilité de M. C, à qui les désordres ont été reconnus imputables ci-dessus, doit être engagée à hauteur de 30 % dès lors qu'il bénéficie du fait exonératoire de la société Allouche évalué par l'expert à 70 %. Il y a donc lieu de le condamner à verser au SIPIAP la somme de 104 400 euros HT correspondant à 30 % de 348 000 euros pour couvrir les travaux de reprise des carrelages.
b) Quant à l'étanchéité des siphons des zones vestiaires, sanitaires et douches :
44. Il résulte de l'instruction que les problèmes d'étanchéité constatés au niveau des zones vestiaires, sanitaires et douches sont notamment consécutives au non-respect par les sociétés Allouche et Etandex des prescriptions fixées par le CCT " ETANFLEX BP " et celles figurant dans le CCTP du marché de la société Allouche. Par suite, la responsabilité du maître d'œuvre M. C, à qui les désordres ont été reconnus imputables ci-dessus, doit être engagée à hauteur de 30 % dès lors qu'il bénéficie du fait exonératoire des sociétés Allouche et Etandex évalué par l'expert à 70 %. Il y a donc lieu de condamner M. C à verser au SIPIAP la somme de 14 100 euros HT pour couvrir les travaux d'étanchéité chiffrés par l'expert à 47 000 euros HT.
c) Quant aux remontées d'humidité des cloisons en CARROBRIC :
45. Il ressort du rapport d'expertise que la société Allouche n'a pas respecté les prescriptions figurant dans le document technique d'application n° 9/10-902*V1 CARROBRIC - ISOPHON et CARROPHON relatif aux cloisons en CARROBRIC, générant ainsi une très forte dégradation des huisseries en bois déplorée par l'expert. Par conséquent, sa responsabilité dans la survenance des désordres est de nature à exonérer la société SNRB et M. C de la leur. En revanche, si l'expert a retenu la responsabilité de la société Socotec dans les remontées d'humidité des cloisons en CARROBRIC, il résulte de l'instruction que la mission du contrôleur technique était limitée aux seuls désordres affectant la solidité des ouvrages. Les malfaçons ne lui étant dès lors aucunement imputables, il y a lieu de répartir sa part de responsabilité, évaluée par l'expert à 10 %, entre les débiteurs de la garantie décennale. Il en résulte que la responsabilité de la société SNRB dans la survenance du désordre doit être réévalué à 19 % et celle de M. C à 39 % en lieu et place des pourcentages de 17 % et 35 % retenus par l'expert en tenant compte à tort de la responsabilité de la société Socotec. Les travaux de reprise des désordres de la zone A étant chiffrés à la somme de 280 380 euros HT, la somme de 53 272,2 euros HT, doit ainsi être mise à la charge de la société SNRB et celle de 109 348,20 euros HT à la charge de M. C pour les couvrir. Quant aux travaux de carottages de la zone B chiffrés par l'expert à la somme de 258 960 euros HT, il y a lieu de condamner M. C, à qui les désordres ont été reconnus exclusivement imputables, à verser au SIPIAP la somme de 100 994,40 euros HT en retenant le même pourcentage de 39 %.
d) Quant aux fissures, dégradations ponctuelles et salissures importantes sur le complexe d'isolation thermique par l'extérieur sur le voile courbe de façade :
46. L'expert a retenu pour les travaux de reprise de ce désordre les responsabilités de la société SNRB à hauteur de 55 %, de M. C à hauteur de 35 % et de la société Socotec à hauteur de 10 %. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, il résulte de l'instruction que la société Socotec n'a joué aucun rôle dans la survenance des désordres, de sorte que sa part de responsabilité doit être répartie entre les deux autres intervenants. Par conséquent, il y a lieu de mettre à la charge de la société SNRB 61 % des travaux de reprise du complexe d'isolation thermique, chiffrés par l'expert à 185 000 euros HT, soit 112 850 euros HT et à celle de M. C 39 % de cette même somme, soit 72 150 euros HT.
e) Quant aux phénomènes de tassement et d'éboulement progressif des terres en raison de l'absence d'ouvrage de retenue des terres dans le vide sanitaire :
47. L'absence de l'ouvrage de retenue des terres a entraîné des phénomènes de tassement progressif des terres extérieures et le déversement des effluents dans le vide sanitaire. L'expert a donc jugé indispensable de procéder à la réalisation de cet ouvrage, seul à même de garantir dans le temps la bonne stabilité des terres de remblais de part et d'autre des longrines de redressement. Ces travaux ont été évalués à la somme de 125 700 euros HT à répartir entre la société SNRB pour 60 % et M. C pour 40 %. Conformément aux chiffres retenus par l'expert, il y a donc lieu de condamner la société SNRB et M. C à verser au SIPIAP les sommes de 75 420 euros HT et 50 280 euros HT respectivement.
f) Quant aux plages minérales extérieures :
48. Les reprises à effectuer du fait de la mauvaise réalisation, par la société SNRB, des travaux de préparation du fond de forme de la plage minérale et des défaillances de M. C dans ses missions de validation et de suivi des travaux ont été évaluées par l'expert à la somme totale de 24 000 euros HT. Conformément aux parts de responsabilité retenues par l'expert, il y a donc lieu de condamner la société SNRB et M. C à verser au SIPIAP les sommes de 16 800 euros HT et 7 200 euros HT respectivement, correspondant à 70 % et 30 % du coût des travaux de reprise de ce désordre.
49. Il résulte de ce qui précède que M. C et la société SNRB doivent être condamnés à verser au SIPIAP les sommes globales respectives de 458 472,60 euros HT et 258 342,20 euros HT au titre des travaux de reprise des désordres.
2-2-2) S'agissant des frais de préparation et d'installation du chantier :
50. En l'absence d'autres précisions dans le rapport d'expertise sur les parts de responsabilité encourues par la société SNRB et M. C au titre des frais de préparation et d'installation du chantier, il y a lieu de se référer aux dépenses mises à leur charge au titre des travaux de reprise en déterminant leurs parts respectives globales de responsabilité dans ces travaux, calculées à partir du quotient entre les sommes dont ils sont redevables à cet égard sur le coût total des travaux de reprise évalué, comme dit au point 41 ci-dessus, à 1 269 040 euros HT. Par conséquent, 36 % des frais de préparation et d'installation de chantier, estimés, comme dit au point 35, à 120 000 euros HT doivent être mis à la charge de M. C, soit 43 200 euros HT et 20 % de cette même somme à la charge de la société SNRB, soit 24 000 euros HT.
51. Il résulte de ce qui précède que M. C doit être condamné à verser au SIPIAP la somme globale de 501 672,60 euros HT, soit 602 007,12 euros TTC, et la société SNRB à verser la somme globale de 282 342,30 euros HT, soit 338 810,64 euros TTC, en réparation des préjudices matériels du SIPIAP.
3) S'agissant des préjudices immatériels :
3-1) En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
a) Quant aux investigations techniques :
52. Comme l'a admis l'expert, le SIPIAP a dû mener des investigations techniques pour la conduite des opérations d'expertise, à concurrence d'une somme de 26 247,60 euros TTC. En l'absence de contestation sérieuse, il y a donc lieu de condamner solidairement M. C et la société SNRB à verser cette somme au SIPIAP en réparation du préjudice financier subi en conséquence.
b) Quant aux mesures conservatoires et définitives de nature à permettre la poursuite des activités ludiques auprès des usagers :
53. Comme l'a admis l'expert, le SIPIAP a dû prendre des mesures conservatoires et définitives pour permettre la poursuite des activités ludiques auprès des usagers, dont le coût a été évalué à la somme de 19 419,72 euros TTC par l'expert. En l'absence de contestation sérieuse, il y a donc lieu de condamner solidairement M. C et la société SNRB à verser cette somme au SIPIAP en réparation du préjudice subi en conséquence.
c) Quant aux préjudices liés aux travaux non conformes aux règles de l'art :
54. Si le SIPIAP soutient qu'il a subi un préjudice financier en faisant exécuter des travaux d'isolation non conformes aux règles de l'art pour un montant de 35 000 euros TTC, ces travaux ne sont pas consécutifs aux désordres évoqués ci-dessus. Il n'y a donc pas lieu de les indemniser.
d) Quant aux préjudices liés à la fermeture de la piscine :
55. Le montant du préjudice financier lié aux pertes de recettes procédant de la fermeture de la piscine en raison des désordres constatés, varie selon l'expert en fonction de la période de fermeture de la piscine, qui n'est pas encore connue. Il sera donc fait une juste appréciation de ce préjudice en retenant la moyenne des sommes afférentes à chaque période mensuelle de fermeture pour commencement des travaux, soit 334 425,67 euros TTC. Par suite, en l'absence de contestation sérieuse, il y a lieu de condamner solidairement M. C et la société SNRB à verser cette somme au SIPIAP en réparation de ce préjudice.
56. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner solidairement M. C et la société SNRB à verser au SIPIAP une indemnité de 380 093 euros TTC en réparation de ses préjudices immatériels.
VII-Sur les appels en garantie :
57. En premier lieu, les préjudices immatériels étant consécutifs à l'ensemble des désordres constatés, il y a lieu de dégager des pourcentages de responsabilité globaux en partant des pourcentages supportés par la société SNRB et M. C au titre des préjudices matériels. Par suite, la société SNRB est fondée à demander que M. C la garantisse à hauteur de 36 % de la condamnation solidaire prononcée à son encontre, tandis que M. C est fondé à demander que la société SNRB le garantisse à hauteur de 20 % de la condamnation solidaire prononcée à son encontre.
58. En deuxième lieu, les responsabilités de la SAS AMTP et de la SA Socotec, n'étant pas engagées au titre des désordres affectant la piscine, les appels en garantie présentés contre elles par M. C et la SAS SNRB doivent être rejetés.
59. En troisième lieu, l'appel en garantie formé par M. C à l'encontre de la SA Etandex doit être rejeté dès lors que l'action quasi-délictuelle engagée à son endroit est prescrite.
60. En quatrième lieu, l'appel en garantie formé par la SAS SNRB contre la SA Etandex doit être rejeté en raison de l'incompétence du juge administratif mentionnée au point 3 ci-dessus.
61. En cinquième lieu, l'appel en garantie formé par la SAS SNRB contre la société Allouche doit être rejeté, cette société ayant fait l'objet d'une liquidation définitive.
62. En dernier lieu, les SA Etandex et Socotec ayant été mises hors de cause, leurs appels en garantie ne peuvent qu'être rejetés.
VIII-Sur les intérêts et leur capitalisation :
63. En premier lieu, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts au taux légal dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. Le SIPIAP a donc droit aux intérêts au taux légal sur les indemnités mentionnées aux points 52 et 57 à compter du 15 avril 2022, date d'enregistrement de la présente requête.
64. En second lieu, aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. ".
65. Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande prend toutefois effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée et pourvu qu'à cette date il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.
66. La demande tendant à la capitalisation des intérêts a été présentée le 15 avril 2022, date d'enregistrement de la présente requête. A cette date, une année d'intérêts n'avait pas encore couru. Par suite, les intérêts mis à la charge de la société SNRB et de M. C seront capitalisés à compter du 15 avril 2023 et à chaque échéance annuelle postérieure.
IX-Sur les dépens de l'instance :
67. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
68. Par une ordonnance n°s 1806089-1900603-1900034 du 3 mars 2022, le président par intérim du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a taxé les frais et honoraires d'expertise à un montant de 52 761,04 euros TTC. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de les mettre solidairement à la charge définitive de M. C et de la SAS SNRB.
X-Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
69. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SIPIAP, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les conclusions en ce sens formulées par les autres parties à l'instance doivent donc être rejetées.
70. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C et de la SAS SNRB, sur le fondement des mêmes dispositions, la somme de 4 000 euros chacun à verser au SIPIAP, et la somme de 1 500 euros chacun à verser respectivement aux SA Etandex, Socotec et Allianz IARD.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : M. C versera au Syndicat intercommunal de la piscine de l'Isle Adam Parmain la somme de 602 007,12 euros TTC au titre des préjudices matériels.
Article 2 : La SAS SNRB versera au Syndicat intercommunal de la piscine de l'Isle Adam Parmain la somme de 338 810,64 euros TTC au titre des préjudices matériels.
Article 3 : M. C et la SAS SNRB sont condamnés solidairement à verser au Syndicat intercommunal de la piscine de l'Isle Adam Parmain la somme de 380 093 euros TTC au titre des préjudices immatériels.
Article 4 : M. C est condamné à garantir la SAS SNRB de 36 % de la condamnation mentionnée à l'article 3.
Article 5 : La SAS SNRB est condamnée à garantir M. C de 20 % de la condamnation mentionnée à l'article 3.
Article 6 : M. C et la SAS SNRB sont condamnés solidairement aux entiers dépens de l'instance dont le montant a été arrêté à la somme de 52 761,04 euros TTC.
Article 7 : Les sommes mentionnées aux articles 1, 2 et 3 du dispositif sont assorties des intérêts au taux légal à compter du 15 avril 2022. Les intérêts échus à la date du 15 avril 2023, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 8 : M. C et la SAS SNRB verseront au Syndicat intercommunal de la piscine de l'Isle Adam Parmain la somme de 4 000 euros chacun, et aux sociétés Allianz IARD, Etandex et Socotec la somme de 1 500 euros chacun pour chacune d'entre elles, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 : Les conclusions des parties sont rejetées pour le surplus.
Article 10 : Le présent jugement sera notifié au Syndicat intercommunal de la piscine de l'Isle Adam Parmain, à M. A C, à la SAS SNRB, aux SA Etandex et Socotec, à Me Laure, mandataire liquidateur de la société Allouche, à la compagnie Mutuelle des architectes français, assureur de M. C, à la compagnie SMABTP, assureur de la SAS SNRB, à la SA Allianz IARD, assureur de la société Allouche et à la compagnie AXA France IARD, assureur des SA Socotec et Etandex.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, et Mmes D et Lusinier, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
signé
V. Lusinier
La présidente,
signé
C. Oriol La greffière,
signé
V. Ricaud
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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