Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2206246

lundi 29 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2206246
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 avril 2022, M. A C B doit être regardé comme demandant au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour assorti d'une autorisation de travail ou de procéder au réexamen de sa situation administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, préfet du Val-d'Oise confirme sa décision.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement, sur proposition de la rapporteure publique, a dispensé cette dernière de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Debourg, conseillère.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant indien né le 1er décembre 1990 à Ambavad Gir Somnath, est entré sur le territoire français le 17 mars 2019 muni d'un VLS/TS étudiant valable du 14 mars 2019 au 14 mars 2020 et a été mis en possession d'un titre de séjour valable jusqu'au 13 mars 2022. Le 10 février 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté litigieux du 13 avril 2022, le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été inscrit au sein d'un cursus " Global MBA " au sein du collège de Paris au titre de l'année scolaire 2019/2020, puis en première année de " master of international business " au sein de l'établissement " international institue of Paris " pour l'année scolaire se déroulant entre le 8 janvier 2020 et le 30 janvier 2021. Pour solliciter le renouvellement de son titre de séjour, le requérant se prévaut d'une inscription en deuxième année de master " international management " au sein du même établissement pour l'année scolaire 2022. En se bornant à soutenir que sa scolarité a été perturbée par la crise sanitaire et qu'il a subi le manque de sérieux de l'établissement, il n'établit pas poursuivre ses études avec sérieux, alors qu'au demeurant, le préfet du Val-d'Oise indique que des enquêtes ont été diligentées remettant en cause le caractère probant des documents délivrés par l'établissement " international institue of Paris ". Enfin, l'intéressé ne peut utilement se prévaloir de son expérience professionnelle en qualité d'employé polyvalent depuis juin 2019 dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet du Val-d'Oise aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

3. En second lieu, si l'intéressé soutient que l'arrêté litigieux aurait des conséquences dramatiques sur sa situation, il n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé alors qu'il ressort de ce qui a été dit précédemment qu'il n'établit pas suivre avec sérieux un cursus scolaire. En outre, il est constant qu'il est célibataire et sans charge de famille sur le territoire et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences ne peut qu'être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Griel, présidente ;

Mme Colin, première conseillère ;

Mme Debourg, conseillère ;

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.

La rapporteure,

signé

T. Debourg

La présidente,

signé

H. Le Griel

La greffière,

signé

E. Pradel

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

N°2206246