mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2206250 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | MANELPHE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°22003087 du 21 avril 2022, le tribunal administratif de Paris a renvoyé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, la requête de la SARL LAV'NET PICARD.
Par cette requête, enregistrée le 7 février 2022, la SARL LAV'NET PICARD, représentée par Me Manelphe de Wailly, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 septembre 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a appliqué la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 36 500 euros et la contribution forfaitaire prévue aux articles L. 822-2 à l'article L. 822-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour un montant de 4 677 euros ;
2°) de minorer les montants des contributions spéciale et forfaitaire ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle doit se voir appliquer la minoration du taux prévue aux 1° et 2° du II de l'article R. 8253-2 du code du travail ;
- le montant des contributions spéciale et forfaitaire dépasse le plafond de 15 000 euros autorisé par étranger concerné ;
- elle est disproportionnée, dès lors que d'une part les sommes dues au salarié correspondent à une relation de travail de trois mois alors que les personnes contrôlées n'étaient présentes dans l'entreprise que depuis une semaine, et que d'autre part, le montant de la sanction lui cause un préjudice certain.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2022, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir à titre principal que la requête est irrecevable car tardive.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jacquelin, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 juillet 2020, les services de Police du Val-d'Oise ont effectué un contrôle au sein de la SARL LAV'NET PICARD située à Cergy-Pontoise (95). Ils ont constaté la présence de deux ressortissants étrangers en situation de travail dépourvus de titre les autorisant à travailler et séjourner en France. Par une décision du 9 septembre 2021, le directeur général de OFII a appliqué à la société, la contribution spéciale pour un montant de 36 500 euros, et la contribution forfaitaire pour un montant de 4 677 euros. Par sa requête, la société demande l'annulation de cette décision et doit être regardée comme demandant de la décharger du paiement de ces sommes.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 8253-2 du code du travail dans sa version applicable en l'espèce : " I. - Le montant de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est égal à 5 000 fois le taux horaire, à la date de la constatation de l'infraction, du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. / II. - Ce montant est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti dans l'un ou l'autre des cas suivants : 1° Lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ; 2° Lorsque l'employeur s'est acquitté des salaires et indemnités mentionnés à l'article L. 8252-2 dans les conditions prévues par les articles R. 8252-6 et R. 8252-7. () ".
3. Les dispositions précitées du code du travail ne permettent pas à l'OFII, pas plus qu'au juge administratif, de moduler le taux de la sanction financière en dehors des cas pour lesquels une minoration est envisagée par les textes applicables au litige. D'une part, si la société requérante a entendu soutenir qu'elle peut bénéficier de la modulation prévue au 1° et au 2° du II de l'article R. 8253-2 du code du travail, il ressort du procès-verbal des services de police du 15 juillet 2020, qu'elle a également commis une infraction de travail dissimulé, faute d'avoir déclaré les ouvriers étrangers qu'elle avait recrutés et d'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle s'est acquittée des salaires et indemnités mentionnés à l'article L. 8252-2 du même code dans les conditions prévues par les articles R. 8252-6 et R. 8252-7. Dès lors, à le supposer soulevé comme tel, le moyen tiré de ce que le montant de la contribution spéciale doit être minorée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 8256-2 du code du travail applicable au litige : " Le fait pour toute personne, directement ou par personne interposée, d'embaucher, de conserver à son service ou d'employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France, en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1, est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 15 000 euros () ".
5. Il résulte des dispositions précitées que le montant maximum de 15 000 euros ne s'applique qu'aux personnes physiques et non, comme c'est le cas en l'espèce, aux personnes morales. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 8256-2 précité ne peut dès lors qu'être écarté.
6. En dernier lieu, si la société requérante se prévaut de ce que les montants des contributions sont disproportionnés, dès lors que d'une part, les sommes dues au salarié correspondent à une relation de travail de trois mois alors que les personnes contrôlées n'étaient présentes dans l'entreprise que depuis une semaine, et que d'autre part, elles causent un préjudice certain à la société, il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal des services du police du 15 juillet 2020 précité, que le gérant a indiqué que M. A a commencé à travailler au profit de la société après le confinement, et M. B, à partir de janvier 2020, soit bien au-delà de la période d'une semaine alléguée par la société requérante. De plus, cette dernière n'établit pas le préjudice allégué. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que l'ensemble des conclusions de la requête de la SARL LAV'NET PICARD doit être rejeté.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL LAV'NET PICARD est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL LAV'NET PICARD, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
M. Jacquelin, premier conseiller ;
Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
G. Jacquelin
La présidente,
signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
H. Mofid
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2206250
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026