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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2206780

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2206780

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2206780
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre (JU)
Avocat requérantCABINET FREDERIC NAIM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 mai 2022, la SA BPCE LEASE IMMO, représentée par Me Naïm, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021, à raison de l'immeuble dont elle est propriétaire situé 1, boulevard de l'Oise à Cergy ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'immeuble ne peut être considéré comme une propriété bâtie à raison des travaux entamés à la fin de l'année 2017 et achevés le 23 juillet 2021.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que le moyen invoqué par la SA BPCE LEASE IMMO n'est pas fondé.

Le mémoire présenté par la SA BPCE LEASE IMMO, enregistré le 18 mai 2024, n'a pas été communiqué.

La SA BPCE LEASE IMMO a produit une note en délibéré le 24 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Louazel, conseillère, pour statuer sur les affaires relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Louazel, magistrate désignée ;

- les conclusions de M. Prost, rapporteur public ;

- les observations de Me Naïm.

Considérant ce qui suit :

1. La SA BPCE LEASE IMMO a été assujettie à la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2020 et 2021, à raison de l'immeuble dont elle est propriétaire situé 1, boulevard de l'Oise à Cergy. Par une réclamation préalable en date du 3 janvier 2022, rejetée le 10 mars 2022, la SA BPCE LEASE IMMO a demandé le dégrèvement de cette cotisation. La requérante demande au tribunal de prononcer la décharge de cette imposition.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1415 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l'habitation principale sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ".

3. Un immeuble passible de la taxe foncière sur les propriétés bâties qui fait l'objet de travaux entraînant sa destruction intégrale avant sa reconstruction ne constitue plus, jusqu'à l'achèvement des travaux, une propriété bâtie assujettie à la taxe foncière en application de l'article 1380 du code général des impôts. Il en va de même lorsqu'un immeuble fait l'objet de travaux nécessitant une démolition qui, sans être totale, affecte son gros œuvre d'une manière telle qu'elle le rend dans son ensemble impropre à toute utilisation. En revanche, la seule circonstance qu'un immeuble fasse, ultérieurement à son achèvement et alors qu'il est soumis à ce titre à la taxe foncière sur les propriétés bâties, l'objet de travaux qui, sans emporter ni démolition complète ni porter une telle atteinte à son gros œuvre, le rendent inutilisable au 1er janvier de l'année d'imposition, ne fait pas perdre à cet immeuble son caractère de propriété bâtie pour l'application de l'article 1380 du code général des impôts.

4. La SA BPCE LEASE IMMO soutient que l'opération de réhabilitation de l'immeuble en litige, engagée le 20 juin 2018 et achevée le 23 juillet 2021, l'a rendu impropre à toute utilisation. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que l'immeuble était totalement inutilisable aux 1er janvier 2020 et 2021 en raison des atteintes portées au gros-œuvre. Il en résulte au contraire que l'immeuble n'était pas, pendant la durée des travaux, totalement dépourvu de toiture, de planchers, de murs et de vitrages, de sorte que les travaux ne lui ont pas fait pas perdre le caractère de propriété bâtie au sens de l'article 1380 du code général des impôts. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a estimé qu'elle devait être assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison de l'immeuble en litige au titre des années 2020 et 2021.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la SA BPCE LEASE IMMO doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la SA BPCE LEASE IMMO doivent, dès lors, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la SA BPCE LEASE IMMO est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SA BPCE LEASE IMMO et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

La magistrate désignée,

signé

M. LOUAZEL

La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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