mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2206794 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | GRAS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2204647 du 3 mai 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en application des articles R. 351-3 et R. 312-14 du code de justice administrative, le dossier de la requête de Mme B C enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 23 février 2022.
Par cette requête et un mémoire complémentaire, enregistré le 23 mars 2022, Mme C, représentée par Me Gras, demande au tribunal :
1°) d'ordonner, avant dire droit, la réalisation d'une expertise confiée à un spécialiste en hématologie ;
2°) de surseoir à statuer dans l'attente du dépôt du rapport d'expertise ;
3°) de mettre les frais d'expertise à la charge de l'Établissement français du sang ;
4°) de condamner l'Établissement français du sang à lui verser une somme d'un million d'euros à titre de provision à valoir sur l'indemnisation définitive de ses préjudices ;
5°) de mettre à la charge de l'Établissement français du sang la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été victime d'un accident lors d'un don de plasma et de plaquettes réalisé le 10 décembre 2011 à l'antenne de l'Établissement français du sang situé à l'hôpital Beaujon à Clichy ;
- elle entend engager la responsabilité sans faute de l'Établissement français du sang sur le fondement de l'article L. 1222-9 du code de la santé publique ;
- sa prise en charge subséquente par l'Établissement français du sang ainsi que par les urgences de l'hôpital Beaujon est fautive ;
- cet accident et sa prise en charge sont à l'origine d'un dommage et de préjudices multiples dès lors qu'elle souffre notamment de séquelles physiques et psychologiques et qu'elle a été licenciée au cours de l'arrêt maladie consécutif à cet accident.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2023, l'Etablissement français du sang, représenté par Me Fouré, conclut :
1°) à titre principal, à ce que l'instruction soit à nouveau ouverte et la requérante invitée à régulariser ses conclusions " entachées d'irrégularité pour défaut de ministère d'avocat " ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'une mesure d'expertise médicale avant dire droit soit ordonnée ;
3°) en tout état de cause, au rejet de la requête et à ce que l'avance des frais d'expertise soit mise à la charge de la requérante.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que Mme C n'est plus représentée par un avocat ;
- à titre subsidiaire, une expertise médicale est nécessaire avant dire droit dès lors qu'en l'état, aucun lien causal ne peut être établi entre le prélèvement litigieux et le dommage invoqué par la requérante ; il y a lieu de rejeter la demande de provision dont le montant est trop élevé.
Par un courrier enregistré le 27 novembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Hauts-de-Seine a informé le tribunal de son intervention à l'instance et de son impossibilité de chiffrer sa créance en l'état du dossier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2024, l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- aucune demande de provision n'est formulée à son encontre ;
- elle n'est pas l'assureur de l'Établissement français du sang et sa responsabilité ne saurait dès lors être engagée du fait d'un acte de soin réalisé par celui-ci ;
- la requérante n'établit l'existence d'aucun manquement dans sa prise en charge par l'hôpital Beaujon le 10 décembre 2011 ;
- en tout état de cause, il n'existe pas de lien de causalité entre les préjudices qu'elle invoque, à savoir son licenciement et ses troubles psychiatriques, et sa prise en charge par cet hôpital ;
- en l'absence de faute et de lien de causalité entre une éventuelle faute et le dommage invoqué par la requérante, sa responsabilité ne saurait être engagée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fléjou,
- les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique,
- les observations de Mme C et de Me Fouré, représentant l'Établissement français du sang.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, née le 26 janvier 1978, a effectué un don de plasma et de plaquettes à l'antenne de l'Établissement français du sang située dans l'enceinte de l'hôpital Beaujon à Clichy le 10 décembre 2011. A l'issue du prélèvement, elle a ressenti des douleurs, constaté la présence d'un hématome au point de ponction veineux et s'est immédiatement rendue au service des urgences de l'hôpital Beaujon, établissement de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), où une échographie doppler de son bras gauche a mis en évidence un volumineux hématome. Face à la gêne fonctionnelle et à l'anxiété générée par la présence de cet hématome, Mme C a bénéficié d'arrêts de travail en dernier lieu jusqu'au 31 mai 2013. Par la présente requête, Mme C demande qu'il soit ordonné une expertise avant dire droit réalisée par un médecin expert en hématologie et que l'Établissement français du sang lui verse la somme provisionnelle d'un million d'euros.
Sur les conclusions à fin d'expertise :
2. Aux termes de l'article L. 1222-9 du code de la santé publique : " L'Etablissement français du sang assume, même sans faute, la responsabilité des risques encourus par les donneurs à raison des opérations de prélèvement. / Il doit contracter une assurance couvrant sa responsabilité du fait de ces risques ". Aux termes de l'article L. 1142-1 du même code : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
3. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation ". Il appartient au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge l'existence d'une faute et la réalité du préjudice subi. Il incombe alors, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
4. En l'espèce, Mme C soutient que le prélèvement de plasma et de plaquettes qu'elle a subi le 10 décembre 2011 à l'antenne de l'Établissement français du sang située à l'hôpital Beaujon est à l'origine d'un accident médical consistant dans un hématome du membre supérieur gauche à l'origine d'une gêne fonctionnelle et de troubles psychologiques persistants. Elle soutient d'une part que l'Établissement français du sang est responsable des conséquences de cet accident médical, en application de l'article L. 1222-9 du code de la santé publique. Elle soutient, d'autre part, que ses prises en charge par l'Établissement français du sang et par l'AP-HP n'ont pas été conformes aux règles de l'art et doit ainsi également être regardée comme invoquant la responsabilité pour faute de ces deux établissements.
5. En l'espèce, la requérante verse à l'instance des éléments de son dossier médical, notamment un extrait de sa fiche de donneuse, communiquée par l'Établissement français du sang, qui fait état de " douleur et [de] sensation d'une compression au bras " décrites par l'intéressée à l'issue du prélèvement de produits sanguins réalisé le 10 décembre 2011, ainsi que les conclusions de l'échographie doppler réalisée le même jour à l'hôpital Beaujon, faisant quant à elles état de la présence d'un hématome de 20 à 30 millimètres sur 15 centimètres de hauteur au niveau du biceps brachial ainsi que de l'absence de compression vasculaire artérielle et veineuse et de thrombose veineuse. Elle verse également à l'instance la " fiche de synthèse du bilan-diagnostic kinésithérapique " du 9 mars 2013 par laquelle M. A, kinésithérapeute en charge du suivi prescrit à l'intéressée dans les suites du prélèvement du 10 décembre 2011, constate la persistance d'un " gros hématome " et décrit notamment un " déficit de flexion complète et d'extension [de 30 degrés] du coude [gauche] " et une " limitation des gestes usuels ". La requérante joint en outre un courrier du 22 novembre 2021 rédigé par le docteur A, médecin généraliste, relatant sa prise en charge à compter du prélèvement litigieux, dans lequel il est fait état des conséquences psychologiques et professionnelles de l'impotence de son membre supérieur gauche. En particulier, elle mentionne la tentative de suicide de Mme C, intervenue quelques jours après qu'elle a été convoquée à un entretien préalable au licenciement par son employeur, dont il résulte de l'instruction qu'il l'a effectivement licenciée le 24 juillet 2012, au motif de " son absence et l'imprévisibilité de la date de [son] retour " de congé de maladie. Le docteur A décrit également la situation de précarité financière de Mme C suite à l'arrêt du paiement d'indemnités journalières de la part de sa caisse d'assurance maladie à compter du 31 mai 2013.
6. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner, avant-dire droit sur les conclusions de la requête, une expertise aux fins de fournir au tribunal tous éléments lui permettant, d'une part, d'apprécier l'existence d'un lien de causalité entre le prélèvement de plasma et de plaquette effectué sur Mme C le 10 décembre 2011, le dommage et les préjudices invoqués par celle-ci, et d'autre part, l'existence de fautes dans la prise en charge de l'éventuel dommage imputable à ce prélèvement, par l'Établissement français du sang et par l'AP-HP, ainsi que d'évaluer l'ensemble des préjudices subis par la requérante en lien direct et certain avec ce prélèvement et d'éventuelles fautes.
Sur les conclusions à fin de versement d'une provision :
7. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. "
8. Pour regarder comme non sérieusement contestable l'obligation du créancier qui l'a saisi d'une demande de provision, le juge doit s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
9. En l'état de l'instruction, ni le lien de causalité entre le dommage et le prélèvement litigieux ni l'existence de fautes dans la prise en charge subséquente de la requérante ne présentent un degré suffisant de certitude, permettant de regarder comme non sérieusement contestable l'obligation de l'Établissement français du sang ni même celle de l'AP-HP, à supposer que la demande d'accorder une provision soit également formulée contre cet établissement. En outre, Mme C n'apporte aucune précision sur le ou les chefs de préjudice au titre desquels elle formule des prétentions indemnitaires. Par suite, les conclusions tendant à l'octroi d'une provision doivent être rejetées.
10. Tous droits et moyens sur lesquels il n'a pas été expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'au terme de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de Mme C tendant au versement d'une somme provisionnelle sont rejetées.
Article 2 : Il sera, avant dire droit, procédé à une expertise médicale.
Article 3 : L'expert ou le collège d'experts sera désigné par le président du tribunal. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expert ou le collège d'experts aura pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme C et, notamment, tous documents relatifs au prélèvement de plasma et de plaquettes du 10 décembre 2011, au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics lors de sa prise en charge ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; recueillir les doléances ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme C ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé de Mme C avant et après le prélèvement de plasma et de plaquettes du 10 décembre 2011 ainsi que les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge par l'Établissement français du sang et l'AP-HP dans les suites de ce prélèvement ;
3°) préciser en quoi consiste le dommage en précisant le mécanisme pathologique qui y a abouti ;
4°) indiquer s'il existe un lien de causalité entre le prélèvement de plasma et de plaquettes du 10 décembre 2011 et le dommage ;
5°) indiquer si la prise en charge de l'état de santé de Mme C à l'issue du prélèvement, de la part de l'Établissement français du sang et de la part de l'AP-HP, a été conforme aux règles de l'art ;
En présence de comportement(s) non-conforme(s) aux règles de l'art et aux données acquises de la science à l'époque du fait générateur, de préciser :
- s'il(s) est(sont) directement à l'origine du dommage subi par la patiente,
- ou s'il(s) a(ont) fait perdre une chance à la patiente d'éviter le dommage que l'expert ou le collège d'experts évaluera en pourcentage, en se fondant sur des données statistiques et bibliographiques,
- en cas de pluralité de ces comportements, l'expert ou le collège d'experts évaluera la part respectivement imputable à chacun des intervenants dans la survenue du dommage.
6°) indiquer à quelle date l'état de santé de Mme C peut être considéré comme consolidé ; le cas échéant, dire si cet état est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
7°) décrire la nature et l'étendue des préjudices résultant du prélèvement du 10 décembre 2011 et de la prise en charge dans les suites de ce dernier, non imputables à l'état antérieur de la victime ni aux conséquences prévisibles de l'évolution de celui-ci, en évaluant le cas échéant :
Préjudices temporaires (jusqu'à la consolidation) :
A/ Préjudices extrapatrimoniaux
a) Déficit fonctionnel temporaire : durée des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire :
- indiquer précisément les dates des périodes de déficit fonctionnel temporaire avec les pourcentages de déficit correspondants ;
- indiquer la période de déficit fonctionnel temporaire qui aurait suivi l'acte en cause en l'absence de toute complication ;
- en déduire le déficit fonctionnel temporaire (durée et pourcentages) strictement imputable à l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale.
b) Souffrances endurées : l'expert ou le collège d'experts décrira les souffrances physiques, psychiques on morales endurées par la victime sur une échelle de 1 à 7 degrés.
c) Préjudice esthétique temporaire : l'expert ou le collège d'experts décrira la nature et l'importance du dommage esthétique subi temporairement jusqu'à la date de consolidation et l'évalueront sur une échelle de 1 à 7 degrés (recouvre l'altération de l'apparence physique certes temporaire mais aux conséquences personnelles très préjudiciables, liée à la nécessité de se présenter dans un état physique altéré au regard des tiers, notamment chez les grands brûlés ou les traumatisés de la face).
B/ Préjudices patrimoniaux
a) Dépenses de santé actuelle : l'expert ou le collège d'experts décrira les soins médicaux et paramédicaux mis en œuvre jusqu'à la consolidation et qui sont imputables aux dommages (nature, durée, dates et lieux d'hospitalisation).
b) Frais divers : l'expert ou le collège d'experts dira si la patiente a dû avoir recours à une aide temporaire (humaine et / ou matérielle) en en précisant la nature et la durée.
c) Perte de gains professionnels actuels : arrêt temporaire des activités professionnelles, l'expert ou le collège d'experts indiquera les périodes (en précisant la date du début et la date de fin de chaque période) pendant lesquelles la victime a été (avant sa consolidation) dans l'incapacité d'exercer totalement ou partiellement une activité professionnelle (ils donneront des précisions sur les arrêts de travail prescrits quant à leur imputabilité à l'événement causal sans se prononcer sur l'aspect financier qui est du domaine indemnitaire et non de l'évaluation médico-légale).
L'expert ou le collège d'experts précisera la durée de la cessation temporaire des activités professionnelles qui aurait découlé de l'évolution spontanée de l'état de santé de Mme C si elle avait été prise en charge conformément aux règles de l'art.
Préjudices permanents (après consolidation) :
A/ Préjudices extrapatrimoniaux
a) Déficit fonctionnel permanent.
b) Préjudice d'agrément.
c) Préjudice esthétique permanent.
d) Préjudice sexuel.
e) Préjudice d'établissement.
f) Préjudice permanent exceptionnel ou préjudice lié à une pathologie évolutive.
B/ Préjudices patrimoniaux
a) Dépenses de santé futures.
b) Frais de logement adapté.
c) Frais de véhicule adapté.
d) Assistance d'une tierce personne.
e) Perte de gains professionnels futurs et incidence professionnelle.
f) Préjudice scolaire ou universitaire.
Article 5 : L'expertise aura lieu en présence de Mme C, de l'Établissement français du sang, de l'AP-HP et de la CPAM des Hauts-de-Seine.
Article 6 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Marie-Claire Gras, à l'Etablissement français du sang et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Drevon-Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère et Mme Moinecourt, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
La rapporteure,
signé
V. Fléjou
La présidente,
signé
E. Drevon-CoblenceLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2206794
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026