vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2207127 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ZRARI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et un mémoire récapitulatif enregistrés les 18 mai 2022, 27 octobre 2022 et 3 septembre 2024, M. A C, représenté par Me Zrari, avocate, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
s'agissant de la régularité de la procédure :
- la décision de rejet de sa réclamation n'est pas signée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'administration fiscale a répondu à ses observations au-delà du délai de soixante jours prévu par les dispositions de l'article L. 57 A du livre des procédures fiscales ; en outre, cette réponse n'était pas motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du même livre ; il entend se prévaloir des paragraphes n° 400 et n° 660 de l'instruction administrative référencée BOI-CF-IOR-10-50 du 4 mars 2020 ;
- l'administration fiscale était tenue de faire droit à sa demande de saisine de la commission des impôts et des taxes sur le chiffre d'affaires ; il se prévaut du paragraphe n° 460 de l'instruction administrative référencée BOI-CF-IOR-10-50 du 4 février 2015 et des paragraphes n° 90 et n° 180 de l'instruction administrative BOI-CF-CMSS-20-30 du 24 novembre 2014 ;
s'agissant du bien-fondé des impositions :
- concernant les revenus de capitaux mobiliers, le remboursement de ses frais kilométriques par la société MEDICAL HOME était parfaitement justifié de telle sorte qu'il ne peut pas être regardé comme ayant perçu des revenus distribués à ce titre ;
- concernant les revenus d'origine indéterminée, la somme de 3 500 euros correspondant à des chèques remis par M. B a été regardée à tort par l'administration fiscale comme des revenus d'origine indéterminée ;
- la majoration de 40 % pour manquement délibéré qui lui a été appliquée n'est pas fondée.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bergantz, conseillère ;
- les conclusions de M. Villette, rapporteur public ;
- et les observations de Me Torres, avocate, substituant Me Zrari.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle pour l'année 2016 et la société MEDICAL HOME, dont il était le président et l'associé principal, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de l'année 2016. A l'issue de ces contrôles, l'administration fiscale lui a notifié, par une proposition de rectification du 26 novembre 2019, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2016. M. C demande au Tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de ces impositions supplémentaires.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. Les vices qui entachent la décision de l'administration rejetant une réclamation du contribuable sont dépourvus d'incidence tant sur la régularité de la procédure d'établissement des impositions que sur le bien-fondé de celles-ci. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de rejet de la réclamation préalable n'est pas signée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, est inopérant.
3. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée. " Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article. ". Et aux termes de l'article L. 59 de ce livre : " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis soit de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires () ".
4. Il résulte des dispositions précitées que l'expression du désaccord du contribuable sur les rectifications qui lui sont notifiées doit être formulée par écrit dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition de rectification. En l'absence d'un désaccord exprimé dans ce délai, l'administration n'est pas tenue de donner suite à une demande de saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires présentée par le contribuable.
5. Il résulte de l'instruction, et il est constant, que les observations présentées par M. C sur la proposition de rectification du 26 novembre 2019, réceptionnée le 10 décembre 2019, sont datées du 17 février 2020. Elles sont donc postérieures au délai, prorogé à sa demande jusqu'au 9 février 2020, qui lui était imparti en application des dispositions précitées. Ainsi, et alors même que l'administration a accepté de répondre aux observations tardives de M. C, les rectifications en litige doivent être regardées comme tacitement acceptées. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement soutenir qu'il a été privé de garanties faute pour l'administration fiscale, d'une part, d'avoir répondu à ses observations dans le délai de soixante jours prévus par les dispositions de l'article L. 57 A du livre des procédures fiscales, une telle garantie n'étant en tout état de cause pas applicable dans l'hypothèse d'un examen contradictoire de l'ensemble de la situation fiscale personnelle, et, d'autre part, d'avoir saisi la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires.
6. M. C ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations contenues dans la documentation administrative référencée BOI-CF-IOR-10-50 du 4 février 2015 et du 4 mars 2020 et BOI-CF-CMSS-20-30 du 24 novembre 2014 qui portent sur la procédure d'imposition et ne comportent aucune interprétation de la loi fiscale.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions en litige :
S'agissant de la charge de la preuve :
7. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré () ".
8. Ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, les rectifications en litige doivent être regardées comme ayant été tacitement acceptées par le contribuable. Par suite, en application des dispositions précitées de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, il appartient à M. C d'apporter la preuve de l'exagération des impositions mises à sa charge.
S'agissant des revenus de capitaux mobiliers :
9. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () / c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
10. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a constaté, à l'occasion de la vérification de comptabilité diligentée à l'égard de la société MEDICAL HOME, que cette dernière avait déduit la somme de 33 903 euros au titre de frais de déplacement remboursés à M. C, qui était alors le gérant majoritaire de cette société. L'administration, qui a relevé que ces frais, d'un montant excessif, ne pouvaient correspondre qu'a des avantages en nature versés aux salariés et gérant de l'entreprise, a cependant estimé que ceux-ci ne pouvaient être admis en déduction qu'à concurrence de la somme de 7 341 euros. Si M. C soutient que ces frais correspondaient dans leur totalité à des frais de déplacement engagés pour les besoins de son activité professionnelle, il se borne à produire une attestation établie par la présidente de la société CCS, qui exerce une activité semblable à celle de la société MEDICAL HOME, selon laquelle ce que ce type d'activité requiert " énormément de déplacements ". Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a regardé la somme de 26 562 euros comme des revenus distribués entre les mains de M. C en application du c. de l'article 111 du code général des impôts.
S'agissant des revenus d'origine indéterminée :
11. M. C soutient que la somme globale de 3 500 euros portée au crédit d'un de ses comptes bancaires correspond au paiement d'une partie du prix tiré de la vente d'un véhicule de la marque Peugeot à M. B, dont la cession serait intervenue le 14 novembre 2014. Cependant, la seule production d'une attestation établie par M. B ne permet pas de l'établir, alors que l'administration fiscale fait valoir que M. C n'était pas le précédent propriétaire du véhicule. Par suite, c'est à bon droit que le service a imposé cette somme dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée.
En ce qui concerne les pénalités :
12. L'article 1729 du code général des impôts dispose que : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
13. L'administration fiscale, qui se prévaut de la nature, de l'importance et de la répétition des manquements ayant consisté à omettre de déclarer une partie de ses revenus et à utiliser des procédés pour camoufler ces omission consistant notamment, en sa qualité d'associé unique et gérant de la SASU MEDICAL HOME, en la réalisation de fausses factures, doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, conformément à l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales, de l'intention délibérée de M. C de se soustraire à l'impôt et, par suite, du bien-fondé de la majoration de 40 % pour manquement délibéré qui lui a été appliquée, en application du a. de l'article 1729 du code général des impôts.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes. Ses conclusions présentées en ce sens doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Schneider, première conseillère, et Mme Bergantz, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La rapporteuse,
signé
A. BERGANTZ
Le président,
signé
K. KELFANI Le greffier,
signé
D. HAUDE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2207127
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026