LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2208692

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2208692

mardi 28 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2208692
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCOHEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 7 juin 2022, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé le dossier de la requête de M. B A, enregistrée le 7 avril 2022, au tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

Par cette requête et un mémoire complémentaire enregistré le 12 décembre 2022, M. A, représenté par Me Cohen, demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales mises à sa charge au titre de l'année 2017.

Il soutient que :

- en soulevant à tort, dans son rejet du 9 février 2022, l'irrecevabilité de la réclamation du 20 décembre 2021 en raison de l'absence de moyens nouveaux, l'administration a tenté de le dissuader dans la poursuite de sa contestation, a manqué à son devoir de loyauté et a entaché la procédure d'imposition d'une irrégularité ;

- l'administration n'a pas établi, en méconnaissance notamment de la doctrine référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-20-50, que les bénéfices reconstitués de la SASU Optic auraient été désinvestis à hauteur du résultat reconstitué de 112 119 euros, alors que le chiffre d'affaires hors taxes omis a été déterminé par le service à 37 849 euros ;

- dans la mesure où il n'a exercé sa fonction de dirigeant que jusqu'au 9 janvier 2017 et qu'il n'a ensuite été salarié que jusqu'au 2 août 2017, l'administration ne saurait soutenir qu'il était maître de l'affaire à la date de clôture de l'exercice le 31 décembre 2017 et, par voie de conséquence, seul bénéficiaire des revenus réputés distribués à cette date ;

- dans la mesure où l'administration n'établit ni l'existence d'un désinvestissement ni l'appréhension des sommes réputées distribuées, la majoration pour manquement délibéré n'est pas fondée.

Par un mémoire enregistré le 13 octobre 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Viain, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SASU Optic, dont M. A est l'associé unique, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 5 décembre 2016 au 31 décembre 2017, étendue au 30 septembre 2018 en matière de TVA, à l'issue de laquelle, en raison d'une opposition à contrôle fiscal et à défaut de comptabilité, le service vérificateur a procédé à la reconstitution de son chiffre d'affaires. Le service a considéré, par une proposition de rectification du 23 septembre 2019, que M. A, en tant que maître de l'affaire, avait bénéficié de revenus distribués par cette société à raison du bénéfice reconstitué de la SASU Optic, lesquels ont été rapportés à son revenu imposable de l'année 2017 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 109-1-1° du code général des impôts. M. A a contesté les impositions supplémentaires ainsi mises à sa charge au titre de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux par des réclamations du 28 octobre 2020, 25 janvier 2021 et 20 décembre 2021, rejetées respectivement les 14 décembre 2020, 20 septembre 2021 et 9 février 2022. Par la présente requête, M. A réitère ses prétentions devant le tribunal.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Les irrégularités qui peuvent entacher les décisions prises par l'administration sur les réclamations dont elle est saisie sont sans influence sur la régularité de la procédure ou le bien-fondé des droits réclamés par les titres exécutoires. Par suite, la circonstance que la décision de rejet du 15 décembre 2022 de la réclamation préalable est irrégulière en ce qu'elle serait fondée sur un motif erroné ne peut être utilement invoquée dans la présente instance.

3. Par ailleurs, dès lors que la procédure d'imposition a été conduite dans le respect des garanties prévues par le législateur, le requérant ne peut non plus utilement se prévaloir, à l'appui de sa demande en décharge, de ce que l'administration aurait méconnu à son encontre un principe de loyauté en le dissuadant de poursuivre sa contestation, moyen qui, du reste, n'est pas fondé.

Sur le bien-fondé des impositions :

4. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. ". Enfin, l'article 47 de l'annexe II du code général des impôts dispose : " Toute rectification du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés au titre d'une période sera prise en compte au titre de la même période pour le calcul des sommes distribuées. ". Les sommes réintégrées par l'administration dans le résultat imposable d'une société ayant fait l'objet d'un redressement ne peuvent être regardées comme des revenus distribués au sens de ces dispositions que dans la mesure où elles ont été aient été désinvesties de l'entreprise et effectivement appréhendées par leur bénéficiaire. Toutefois, le contribuable maître d'une affaire est réputé avoir appréhendé les distributions réalisées par la société qu'il contrôle.

5. En l'espèce, M. A fait valoir que l'administration ne démontre pas que les bénéfices reconstitués de la SASU Optic auraient été désinvestis à hauteur du résultat reconstitué de 112 119 euros, alors que le chiffre d'affaires hors taxes omis a été déterminé par le service à 37 849 euros, ni qu'il aurait effectivement appréhendé les sommes en litige.

6. En premier lieu, d'une part, il résulte de l'instruction que le rehaussement du bénéfice imposable de la SASU Optic trouve son origine dans la reconstitution du chiffre d'affaire de la société, suite à son opposition à contrôle fiscal, à partir des renseignements obtenus par l'exercice du droit de communication auprès notamment des établissements bancaires, des complémentaires-santé et des organismes de tiers-payant. Le service a ainsi constaté que les encaissements bancaires de 333 353 euros TTC correspondaient à la seule prise en charge des complémentaires-santé pratiquant le tiers-payant et que, selon des factures émises par la SASU Optic, la prise en charge par les complémentaires-santé représentant en moyenne seulement 74 % du montant TTC des factures, le chiffre d'affaires TTC pouvait être estimé à 450 477 euros et le chiffre d'affaires hors taxes à 375 398 euros, soit, en retenant un taux de charges de 70 % du chiffre d'affaires hors taxes, un bénéfice non déclaré imposable de 112 619 euros, le chiffre de 37 849 euros évoqué par le requérant correspondant seulement au chiffre d'affaires omis en matière de TVA. Ce bénéfice n'ayant pas été comptabilisé, il n'a été ni mis en réserve, ni incorporé au capital et entrait, par suite, dans le champ d'application du 1° de l'article 109-1 du code général des impôts. Ainsi, le requérant, qui ne conteste pas sérieusement la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires de la société vérifiée, n'est pas fondé à soutenir qu'il n'y aurait pas eu désinvestissement de cette somme.

7. D'autre part, M. A n'est pas fondé à se prévaloir de la documentation administrative référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-20-50 qui ne fait pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle dont il a été fait application au point 6.

8. Pour justifier de l'appréhension des revenus distribués par le requérant, l'administration fiscale a relevé que M. A était l'associé unique de la SASU Optic depuis sa création et que, s'il n'en a été le président que du 5 décembre 2016 au 9 janvier 2017, il est demeuré l'associé unique et le seul détenteur de la signature bancaire et de la carte Visa Gold Business de la société, ce qui ressort du carton de signature obtenu par l'exercice de son droit de communication, qu'il a continué à signer des chèques pour le compte de la société après sa démission en tant que président et que son nom figure sur le relevé de décembre 2017 pour le renouvellement de la carte bancaire. Ainsi, l'administration fiscale doit être regardée comme ayant réuni des indices concordants et suffisants de nature à établir que M. A se comportait en maître de l'affaire au cours de l'exercice litigieux. Si le requérant soutient qu'il n'était plus gérant à partir du 10 janvier 2017, qu'il n'a signé des chèques qu'en tant que comptable pour la société et que le nouveau gérant exerçait les responsabilités dévolues normalement à sa fonction, il n'apporte aucun élément permettant de laisser penser que le nouveau gérant, qui ne disposait pas de la signature bancaire associée au compte de la société, aurait assuré, ne serait-ce que pour partie, la gestion effective de la société ou aurait contrôlé ses fonds sociaux. Par suite, l'administration était fondée à considérer que M. A, en tant que maître de l'affaire, devait être réputé avoir appréhendé les bénéfices dissimulés correspondant au bénéfice reconstitué de la SASU Optic. Dans ces conditions, l'administration fiscale a pu légalement imposer ces revenus entre les mains de M. A.

Sur les pénalités :

9. Il résulte de qui précède que les rectifications contestées sont justifiées. Par voie de conséquence, M. A n'est pas fondé à demander la décharge des pénalités dont ont été assorties les impositions supplémentaires mises à sa charge.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de M. A doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

M. Viain, premier conseiller ;

Mme Froc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.

Le rapporteur,

signé

T. VIAIN

Le président,

signé

C. HUONLa greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2208692

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions