mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2208696 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GOETZ |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 7 juin 2022, le président de la 7ème chambre du tribunal administratif de Versailles a renvoyé le dossier de la requête, enregistrée le 15 mai 2022, de M. C B au tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
Par cette requête, M. B, représenté par Me Goetz, demande au tribunal la décharge ou, à défaut, la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 ainsi que des pénalités et majorations y afférentes.
Il soutient que les frais de sous-traitance à Mme A, les frais de publicité Fedida Marketing, le coût de la formation JMP Conseil, le prix du séminaire réglé à la société Soo Trading Cie, les versements émis à la société CF2NET, les frais de locations de véhicules auprès de la société Hertz ainsi que les frais de restaurations portés au débit du compte " 625700 - Frais de mission réception ", constituent des charges déductibles du bénéfice net imposable de la société France Maison Positive ; l'administration ne pouvait donc imposer les sommes correspondantes entre ses mains en tant qu'avantages occultes.
Par un mémoire enregistré le 2 décembre 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SASU France Maison Positive (FMP), dont M. B était le gérant et l'associé unique durant l'année 2017, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, à l'issue de laquelle le service vérificateur a refusé d'admettre plusieurs charges en déduction. L'administration, par une proposition de rectification du 4 mars 2019, a imposé, au titre de l'année 2017, certains de ces rehaussements entre les mains de M. B, en tant que maître de l'affaire, dans la catégorie des revenus distribués en application des dispositions du c. de l'article 111 du code général des impôts et a également réintégré une somme non déclarée comme salaire dans les bases imposables à l'impôt sur les revenus de l'intéressée. M. B a contesté les impositions supplémentaires mises à sa charge dans la catégorie des revenus distribués par une réclamation du 29 octobre 2021, rejetée le 9 mars 2022. Par la requête susvisée, M. B réitère ses prétentions devant le tribunal.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré ".
3. Il n'est pas contesté que le requérant n'a pas répondu à la proposition de rectification en date du 4 mars 2019. Dans ces conditions, la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions en litige lui incombe.
4. Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes ". Il résulte de ces dispositions que l'administration est réputée apporter la preuve que des distributions occultes ont été appréhendées par la personne qui est, dans la société dont les revenus ont été regardés comme distribués, le maître de l'affaire.
5. M. B soutient, en premier lieu, que quatre règlements effectués par virements BNP pour des montants respectifs de 1 958 euros le 14 novembre 2017, 1 684 euros le 14 septembre 2017, 1 958 euros le 20 décembre 2017 et 600 euros le 30 octobre 2017, correspondent à des prestations rendues par Mme A dans l'intérêt de la SASU FMP. Cependant, en se bornant à verser au dossier un contrat et des factures produits plus de deux ans après le contrôle, sans être en mesure de verser aucun autre élément permettant d'établir l'existence d'une relation d'affaires entre la SASU FMP et Mme A, ni la réalité des prestations de services en contrepartie du versement de ces sommes, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait dû admettre que soient déduits les virements BNP susmentionnés.
6. M. B soutient, en deuxième lieu, que si le service avait remis en cause la déduction des charges comptabilisées en frais de publicité facturés par la société Fedida Marketing, dès lors que la facture présentée au cours des opérations de contrôle avait été facturée à tort à la société H20 Isolation, ces charges sont justifiées par de nouvelles factures produites, le contrat d'apport entre les deux sociétés et des captures d'écran de plannings. Toutefois, il résulte de l'instruction que le numéro de Siret mentionné sur le contrat et les factures, au demeurant produits plus de deux ans après le contrôle, ne correspond pas à une société Fedida sise 10 rue Bellanger à Neuilly-sur-Seine mais à une société SDD, sise 5 Boulevard Richard Wallace à Neuilly-sur-Seine. Dans ces conditions, en ne versant par ailleurs aucun autre élément permettant d'établir l'existence d'une relation d'affaires entre la SASU FMP et la société Fedida ni la réalité des prestations de services en contrepartie du versement des sommes en litige, M. B n'établit pas que ces frais engagés constitueraient des charges devant incomber à la SASU FMP.
7. En troisième lieu, pour justifier de la déductibilité au titre des charges de la facture émise par la JMP Conseil " Babylone.fr " pour une formation dont l'administration établit qu'elle était au nom de M. B et destinée aux courtiers et mandataires d'établissements bancaires, ce qui ne correspond pas à l'objet social de la SASU FMP, le requérant soutient qu'il lui était nécessaire d'acquérir une compétence financière pour obtenir des agréments auprès de partenaires financiers et de s'inscrire à l'organisme pour le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS). Toutefois, il ne justifie pas, par la simple production d'un agrément de dossier par la société Sofinco, dont il n'est pas établi au demeurant que la SASU FMP aurait été en relation d'affaires avec elle, de la nécessité d'une telle formation, ni s'être d'ailleurs inscrit à l'ORIAS. Dès lors, c'est à juste titre que l'administration a considéré que le versement correspondant à la facture en litige ne constituait pas une charge engagée dans l'intérêt de l'entreprise.
8. M. B soutient, en quatrième lieu, que si le service avait remis en cause la déduction de frais liés à un séjour-séminaire, dès lors notamment que la facture présentée au cours des opérations de contrôle avait été facturée à tort par la société White and Blue, ces frais sont justifiés par une nouvelle facture produite au nom de la société Soo Trading Cie et par l'intérêt de se former à l'organisation d'un call center pour développer l'activité de sa société. Toutefois, et alors que M. B ne fournit pas la liste des participants, des intervenants, leur identité ou le programme du séjour, il n'établit le lien de cette formation avec l'activité de son entreprise par aucun élément tel que des correspondances ou des projets professionnels précis. Dès lors, l'administration fiscale était fondée à considérer que ces frais n'étaient pas exposés dans l'intérêt de la SASU FMP.
9. M. B, qui produit un dépôt de plainte auprès du commissariat de police de Suresnes, soutient, en cinquième lieu, que les deux virements à la société 2CFNET de 27 403 euros en date du 15 juin 2017 et de 33 823 euros en date du 5 juillet 2017 procèdent d'une escroquerie. Il n'est toutefois pas contesté que les factures d'achat de cartes téléphoniques afférentes à ces virements et fournies par le requérant, dont l'administration affirme d'ailleurs, sans être contredite, qu'elles diffèrent des factures produites par la société 2CFNET et obtenues suite à l'exercice de son droit de communication, ne correspondent à aucune prestation rendue. Dans ces conditions, la circonstance invoquée par le requérant, qui n'est au demeurant pas établie par la simple production d'un dépôt de plainte auprès du commissariat de police de Suresnes, selon laquelle il s'agirait d'une escroquerie, est sans incidence à cet égard. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a remis en cause la déduction en charge de ces virements.
10. M. B soutient, en sixième lieu, que, si les cinq factures facturées par la société Hertz sont libellées au nom de M. C B - D, cela s'explique par le fait que la société Sabeo était un partenaire d'affaires de la SASU FMP ayant obtenu de la société Hertz France des tarifs avantageux de location de véhicules. Afin de régulariser ces règlements, le requérant produit des " factures d'avoir " de la société Sabeo annulant les prises en charge des factures. Toutefois, le requérant n'établit ni que la société Sabeo était un partenaire d'affaires de la SASU FMP, ni que les frais de location de véhicules en cause ont le caractère de dépenses engagées dans l'intérêt de la société.
11. En septième et dernier lieu, M. B soutient que les frais non admis en charge par l'administration tels que des dépenses d'épicerie, de boucherie, de boissons, de surgelés ainsi que des factures de restaurant sur lesquelles ne figurait pas le nom des bénéficiaires, étaient des dépenses permettant à l'équipe de commerciaux de partager un repas au siège de la société et d'échanger sur le travail, tout en limitant les coûts de restauration à l'extérieur de l'entreprise. En se bornant à cette allégation et en produisant un simple tableau détaillant les montants portés au débit du compte " 625700 - Frais de mission réception ", M. B n'établit pas que ces dépenses ont été engagées dans l'intérêt de l'entreprise. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a remis en cause la déduction de ces achats.
12. Dans ces conditions, l'administration était fondée à regarder l'ensemble des sommes correspondant aux charges précitées comme des revenus distribués, sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts. Dès lors que M. B ne conteste pas sa qualité de maître de l'affaire, c'est donc à bon droit qu'elle a rapporté ces sommes au revenu imposable de l'intéressé de l'année 2017 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
Sur les pénalités :
13. Il résulte de qui précède que les rectifications sont justifiées. Par voie de conséquence, M. B n'est pas fondée à demander la décharge des pénalités dont les impositions supplémentaires mises à sa charge ont été assorties.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de M. B doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2208696
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026