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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2208709

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2208709

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2208709
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantDOGAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante, enregistrée sous le n° 2208709 :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 juin 2022 et 12 avril 2023, M. A B, représenté par Me Dogan, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondants, pour un montant total de 32 555 euros ;

2°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement sur le fondement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- les impositions en litige ont été établies en méconnaissance du principe du contradictoire, le recours à la procédure de contrôle sur pièces n'étant pas adapté à sa situation, et l'administration fiscale n'ayant pas effectué une demande d'assistance administrative internationale auprès des autorités libanaises ;

- les propositions de rectification qui lui ont été notifiées sont insuffisamment motivées, en méconnaissance de l'article L. 57 livre des procédures fiscales, faute de mentionner la catégorie dans laquelle les sommes déposées sur ses comptes bancaires libanais sont imposables ;

- l'administration fiscale ne pouvait pas avoir recours à la présomption de revenus prévue à l'article 1649 A du code général des impôts, dès lors qu'il n'est pas établi que la somme de 525 euros versée sur son compte bancaire au Liban, en 2016, correspond à un transfert de fonds en provenance de France ;

- l'administration fiscale ne pouvait pas avoir recours à la présomption de revenus prévue à l'article 1649 quater A du code général des impôts, dès lors que les transferts d'espèces qu'il a effectués vers le Liban ayant toujours été d'un montant inférieur à 10 000 euros, il n'a pas manqué aux obligations déclaratives prévues à l'article L. 152-1 du code monétaire et financier ;

- en tout état de cause, les sommes transférées au Liban ne pouvaient pas faire l'objet d'une nouvelle imposition, celles-ci ayant déjà été imposées au titre de ses bénéfices non commerciaux tirés de son activité d'orthodontiste ;

- les sommes identifiées par l'administration fiscales, ne pouvaient pas être imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, dès lors qu'elles sont le fruit de son activité professionnelle ;

- il doit, pour les mêmes motifs, être déchargé des cotisations supplémentaires de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ;

- la majoration prévue à l'article 1729-0-A du code général des impôts n'est pas applicable à sa situation ;

- cette majoration méconnaît le principe de nécessité des peines énoncé à l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 décembre 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

II - Vu la procédure suivante, enregistrée sous le n° 2208711 :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 juin 2022 et 12 avril 2023, M. B, représenté par Me Dogan, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondants, pour un montant total de 95 493 euros ;

2°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement sur le fondement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- les impositions en litige ont été établies en méconnaissance du principe du contradictoire, le recours à la procédure de contrôle sur pièces n'étant pas adapté à sa situation, et l'administration fiscale n'ayant pas effectué une demande d'assistance administrative internationale auprès des autorités libanaises ;

- les propositions de rectification qui lui ont été notifiées sont insuffisamment motivées, en méconnaissance de l'article L. 57 livre des procédures fiscales, faute de mentionner la catégorie dans laquelle les sommes déposées sur ses comptes bancaires libanais et celles correspondant à des transferts de fonds sont imposables ;

- l'administration fiscale ne pouvait pas avoir recours à la présomption de revenus prévue à l'article 1649 A du code général des impôts, dès lors qu'il n'est pas établi que la somme de 525 euros versée sur son compte bancaire au Liban, en 2016, correspond à un transfert de fonds en provenance de France ;

- l'administration fiscale ne pouvait pas avoir recours à la présomption de revenus prévue à l'article 1649 quater A du code général des impôts, dès lors que les transferts d'espèces qu'il a effectués vers le Liban ayant toujours été d'un montant inférieur à 10 000 euros, il n'a pas manqué aux obligations déclaratives prévues à l'article L. 152-1 du code monétaire et financier ;

- en tout état de cause, les sommes transférées au Liban ne pouvaient pas faire l'objet d'une nouvelle imposition, celles-ci ayant déjà été imposées au titre de ses bénéfices non commerciaux tirés de son activité d'orthodontiste ;

- les sommes identifiées par l'administration fiscales, ne pouvaient pas être imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, dès lors qu'elles sont le fruit de son activité professionnelle ;

- il doit, pour les mêmes motifs, être déchargé des cotisations supplémentaires de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ;

- la majoration prévue à l'article 1729-0-A du code général des impôts n'est pas applicable à sa situation ;

- cette majoration méconnaît le principe de nécessité des peines énoncé à l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 décembre 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

III - Vu la procédure suivante, enregistrée sous le n° 2208713 :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 juin 2022 et 12 avril 2023, M. B, représenté par Me Dogan, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2018 et 2019, ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondants, pour un montant total de 5 176 euros ;

2°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement sur le fondement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- l'avis d'imposition qui lui a été notifié est irrégulier faute de mentionner la catégorie dans laquelle l'administration a entendu taxer ses revenus ;

- les impositions en litige ont été établies en méconnaissance du principe du contradictoire, le recours à la procédure de contrôle sur pièces n'étant pas adapté à sa situation, et l'administration fiscale n'ayant pas effectué une demande d'assistance administrative internationale auprès des autorités libanaises ;

- les propositions de rectification qui lui ont été notifiées sont insuffisamment motivées, en méconnaissance de l'article L. 57 livre des procédures fiscales, faute de mentionner la catégorie dans laquelle les sommes déposées sur ses comptes bancaires libanais sont imposables ;

- l'administration fiscale ne pouvait pas avoir recours à la présomption de revenus prévue à l'article 1649 A du code général des impôts, dès lors qu'il n'est pas établi que la somme de 525 euros versée sur son compte bancaire au Liban, en 2016, correspond à un transfert de fonds en provenance de France ;

- l'administration fiscale ne pouvait pas avoir recours à la présomption de revenus prévue à l'article 1649 quater A du code général des impôts, dès lors que les transferts d'espèces qu'il a effectués vers le Liban ayant toujours été d'un montant inférieur à 10 000 euros, il n'a pas manqué aux obligations déclaratives prévues à l'article L. 152-1 du code monétaire et financier ;

- en tout état de cause, les sommes transférées au Liban ne pouvaient pas faire l'objet d'une nouvelle imposition, celles-ci ayant déjà été imposées au titre de ses bénéfices non commerciaux tirés de son activité d'orthodontiste ;

- les sommes identifiées par l'administration fiscales, ne pouvaient pas être imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, dès lors qu'elles sont le fruit de son activité professionnelle ;

- il doit, pour les mêmes motifs, être déchargé des cotisations supplémentaires de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ;

- la majoration prévue à l'article 1729-0-A du code général des impôts n'est pas applicable à sa situation ;

- cette majoration méconnaît le principe de nécessité des peines énoncé à l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 décembre 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

IV - Vu la procédure suivante, enregistrée sous le n° 2208715 :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 juin 2022 et 12 avril 2023, M. B, représenté par Me Dogan, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus auxquelles il a été assujetti au titre des années 2018 et 2019, ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondants, pour un montant total de 9 502 euros ;

2°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement sur le fondement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- l'avis d'imposition qui lui a été notifié est irrégulier faute de mentionner la catégorie dans laquelle l'administration a entendu taxer ses revenus ;

- les impositions en litige ont été établies en méconnaissance du principe du contradictoire, le recours à la procédure de contrôle sur pièces n'étant pas adapté à sa situation, et l'administration fiscale n'ayant pas effectué de demande d'assistance administrative internationale auprès des autorités libanaises ;

- les propositions de rectification qui lui ont été notifiées sont insuffisamment motivées, en méconnaissance de l'article L. 57 livre des procédures fiscales, faute de mentionner la catégorie dans laquelle les sommes déposées sur ses comptes bancaires libanais sont imposables ;

- l'administration fiscale ne pouvait pas avoir recours à la présomption de revenus prévue à l'article 1649 A du code général des impôts, dès lors qu'il n'est pas établi que la somme de 525 euros versée sur son compte bancaire au Liban, en 2016, correspond à un transfert de fonds en provenance de France ;

- l'administration fiscale ne pouvait pas avoir recours à la présomption de revenus prévue à l'article 1649 quater A du code général des impôts, dès lors que les transferts d'espèces qu'il a effectués vers le Liban ayant toujours été d'un montant inférieur à 10 000 euros, il n'a pas manqué aux obligations déclaratives prévues à l'article L. 152-1 du code monétaire et financier ;

- en tout état de cause, les sommes transférées au Liban ne pouvaient pas faire l'objet d'une nouvelle imposition, celles-ci ayant déjà été imposées au titre de ses bénéfices non commerciaux tirés de son activité d'orthodontiste ;

- les sommes identifiées par l'administration fiscales, ne pouvaient pas être imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, dès lors qu'elles sont le fruit de son activité professionnelle ;

- il doit, pour les mêmes motifs, être déchargé des cotisations supplémentaires de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ;

- la majoration prévue à l'article 1729-0-A du code général des impôts n'est pas applicable à sa situation ;

- cette majoration méconnaît le principe de nécessité des peines énoncé à l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 décembre 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code monétaire et financier ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Villette, conseiller ;

- les conclusions de M. Prost, rapporteur public ;

- et les observations de Me Dogan.

Considérant ce qui suit :

1. À l'issue du contrôle sur pièces dont a fait l'objet M. B, l'administration fiscale lui a notifié par des propositions de rectification, en date du 17 décembre 2020, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux au titre des années 2016 à 2019 résultant, notamment, de la réintégration dans ses bases imposables, sur le fondement des articles 1649 A et 1649 quater A du code général des impôts, de transferts d'argent et de dépôts d'espèces effectués sur ses comptes bancaires au Liban. Par des réclamations des 17 février 2022, rejetées par l'administration fiscale le 22 avril 2022, le requérant a demandé le dégrèvement de ces impositions. Par ces requêtes, M. B demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 à 2019, ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondants.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2208709, 2208711, 2208713 et 2208715 concernent le même contribuable, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

3. Aux termes de l'article 1649 A du code général des impôts : " () Les personnes physiques, les associations, les sociétés n'ayant pas la forme commerciale, domiciliées ou établies en France, sont tenues de déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus ou de résultats, les références des comptes ouverts () à l'étranger. Les modalités d'application du présent alinéa sont fixées par décret. / Les sommes, titres ou valeurs transférés à l'étranger ou en provenance de l'étranger par l'intermédiaire de comptes non déclarés dans les conditions prévues au deuxième alinéa constituent, sauf preuve contraire, des revenus imposables. ".

4. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a réintégré dans les revenus imposables de M. B au titre de l'année 2016, sur le fondement de l'article 1649 A du code général des impôts, la somme de 525 euros, correspondant à deux virements effectués le 8 août 2016 sur un compte bancaire non déclaré, ouvert par l'intéressé auprès de la Byblos Bank, au Liban. Toutefois, l'administration ne produit pas le moindre élément de nature apporter la preuve, qui lui incombe, que les sommes ainsi transférées proviendraient de France. Par suite, M. B est fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a regardé les sommes en cause comme des revenus, en méconnaissance de l'article 1649 A du code général des impôts.

5. Aux termes de l'article 1649 quater A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " () Les sommes, titres ou valeurs transférés vers l'étranger ou en provenance de l'étranger constituent, sauf preuve contraire, des revenus imposables lorsque le contribuable n'a pas rempli les obligations prévues à l'article L. 152-1 du code monétaire et financier et au règlement (CE) n° 1889/2005 du Parlement européen et du Conseil, du 26 octobre 2005, relatif aux contrôles de l'argent liquide entrant ou sortant de la Communauté. ". Aux termes de l'article L. 152-1 du code monétaire et financier : " Les personnes physiques qui transfèrent vers un Etat membre de l'Union européenne ou en provenance d'un Etat membre de l'Union européenne des sommes () sans l'intermédiaire d'un établissement de crédit, d'un établissement de monnaie électronique, d'un établissement de paiement ou d'un organisme ou service mentionné à l'article L. 518-1 doivent en faire la déclaration dans des conditions fixées par décret. / Une déclaration est établie pour chaque transfert à l'exclusion des transferts dont le montant est inférieur à 10 000 euros () ".

6. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a réintégré dans les revenus imposables de M. B au titre des années d'imposition en litige, sur le fondement de l'article 1649 quater A du code général des impôts, diverses sommes correspondant à des dépôts d'espèces effectués sur les comptes bancaires de l'intéressé ouverts auprès de la Byblos Bank au Liban. Toutefois, le requérant, qui justifie se rendre très régulièrement au Liban, fait valoir qu'il n'a jamais quitté le territoire français avec plus de 10 000 euros en espèces, qu'il confie parfois le transfert d'argent liquide à des tiers et l'entrepose dans un coffre-fort, et qu'il ne saurait donc être regardé comme ayant méconnu les obligations déclaratives prévues à l'article L. 152-1 du code monétaire et financier. L'administration fiscale, en se bornant à soutenir que les dépôts effectués par M. B seraient légèrement supérieurs à 10 000 euros et correspondraient à des sommes issues de son activité d'orthodontiste exercée en France, ne peut être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, que les sommes ainsi déposée seraient issues de transferts d'espèces d'un montant supérieur à 10 000 euros, effectués en méconnaissance des obligations déclaratives prévues à l'article L. 152-1 du code monétaire et financier. Par suite, M. B est fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a regardé les sommes en litige comme des revenus, en méconnaissance de l'article 1649 quater A du code général des impôts.

7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre des années 2016 à 2019, ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondantes.

Sur les demandes de sursis de paiement :

8. Le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Dès lors, les conclusions des requêtes tendant au sursis de paiement des impositions contestées se trouvent privées d'objet.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 (mille-cinq-cents) euros à M. B en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes de sursis de paiement formulées par M. B.

Article 2 : M. B est déchargé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 à 2019, ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondants.

Article 3 : L'État versera à M. B une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les surplus des conclusions des requêtes de M. B sont rejetés.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.

Le rapporteur,

signé

G. VILLETTE

Le président,

signé

K. KELFANI

La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2208709, 2208711, 2208713, 2208715

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