mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2209577 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SULTAN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Sultan, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux qui lui ont été assignés au titre des années 2016, 2017 et 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- les factures de sous-traitance émises par la société tchèque Bella Corporation, qui n'avait qu'un rôle d'intermédiaire dans la commande d'études techniques pour des sociétés françaises, ne pouvaient être qualifiées de fictives ;
- les crédits bancaires imposés à titre de revenus d'origine indéterminée correspondent à un prêt de Madame Sidonie Hermann.
Par un mémoire enregistré le 15 mars 2024, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions sont irrecevables s'agissant des chefs de rectification pour lesquels aucun moyen n'est prononcé ;
- pour le surplus, les moyens de la requérante ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Lilie Études et Conseils, qui exploite une activité de conseil de gestion et dont Mme B était gérante et associée unique, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité qui a conduit à la rectification de ses bénéfices soumis à l'impôt sur les sociétés au titre de ses exercices clos en 2016, 2017 et 2018 et ce, notamment à raison du rejet de la déduction de plusieurs charges. A la suite de ce contrôle et d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle de Mme B et aux termes de propositions de rectification des 11 décembre 2019, relative à l'année 2016, et 20 juillet 2020, relative aux années 2016 et 2017 le service a, sur le fondement du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts, rapporté au revenu imposable de l'intéressée desdites années, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, les bénéfices rehaussés de la société Lilie Etudes et Conseils regardés comme distribués entre ses mains en sa qualité de maître de l'affaire. Parallèlement, outre des rectifications en matière de traitements et salaires, l'administration a taxé d'office, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales, des sommes dont l'origine n'a pas été justifiée. Les impositions correspondantes, assorties de la majoration pour manquement délibéré, ayant été vainement contestées par voie de réclamation, Mme B en demande la décharge par la requête susvisée.
2. En premier lieu, aux termes du 1. de l'article 109 du code général des impôts susmentionné : " Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; / () " et de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. () ". Il résulte de ces dispositions que les sommes réintégrées dans les résultats sont présumées constituer des revenus distribués, dès lors qu'elles ont donné lieu à imposition au titre de l'impôt sur les sociétés.
3. En l'espèce, le service fait valoir que onze factures de la société Bella Corporation étaient fictives aux motifs que ces factures présentaient le même formalisme que les factures de la SARL Lilie Études et Conseils, que Mme B était associée et directrice de Bella Corporation, qu'aucun contrat de sous-traitance avec cette société n'avait été présenté durant les opérations de contrôle, que malgré les demandes du service, aucun document n'avait permis d'établir la réalité des prestations et, qu'enfin, les renseignements obtenus auprès des autorités fiscales tchèques via une demande d'assistance administrative internationale n'avaient pas permis d'établir l'existence d'une activité économique sur le territoire tchèque de cette société, qui ne possède qu'un siège social virtuel où la société n'était pas présente. La requérante allègue que la société Bella ne jouait qu'un rôle d'intermédiaire et que le formalisme identique des factures peut s'expliquer par l'utilisation d'un même logiciel. Toutefois, le service souligne qu'aucun document ne fait référence à la société tchèque, qui, ainsi qu'il a été dit, n'avait pas d'activité économique dans ces pays et sur l'intervention de laquelle il n'est apporté aucune justification ni même aucune précision sérieuse. Dès lors, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de ce que les prestations ainsi déduites constituaient des factures fictives. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a considéré que la déduction des sommes de 47 547 euros au titre de 2017 et 64 041 euros au titre de 2018, n'était pas justifiée et les a réintégrées dans les résultats de la SARL Lilie Études et Conseils.
4. Par ailleurs, aucune imposition n'ayant été établie à l'encontre de Mme B en conséquence des rappels de taxe sur la valeur ajoutée assignés à la société Lilie Etudes et Conseils, la critique de ces rappels est inopérante.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe à Mme B, qui ne conteste pas avoir été régulièrement taxée d'office sur le fondement des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales pour les revenus d'origine indéterminée, d'établir que les sommes concernées, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie déterminée de revenus.
6. En l'espèce, s'agissant du crédit bancaire du 10 janvier 2017 de 5 600 euros, la requérante se borne à expliquer qu'il correspondait à un prêt de Mme Sidonie Hermann, présidente de la SAS Marquis C et à rappeler qu'elle aurait fourni au service un extrait du Grand Livre 2017 de la SAS Marquis C, sans toutefois verser au dossier aucune pièce permettant de faire le lien entre ce crédit bancaire et Mme Sidonie Hermann, ni a fortiori d'établir la réalité d'un quelconque prêt. Par suite, Mme B ne démontre pas, comme il lui incombe, le caractère non imposable de la somme correspondante.
7. En troisième et dernier lieu, en l'absence de contestation précise, les autres rectifications ne peuvent en tout état de cause qu'être maintenues.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par l'administration, que les conclusions aux fins de décharge de la requête de Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
9. Ces dispositions font obstacle à ce que l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à Mme B une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu de condamner l'administration aux dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2209577
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026