lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2209928 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | ZOCCHETTO |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 22 juin 2022, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le vice-président du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A.
Par cette requête, enregistré au greffe du tribunal administratif de Versailles le 10 juin 2022, M. B A, représenté par Me Zocchetto, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017.
Il soutient qu'il ne détient aucune part sociale de la SARL 2AGJS dont il n'a ainsi pas appréhendé les revenus distribués au titre de l'année 2017 et imposés dans la catégorie de revenus de capitaux mobiliers.
Par un mémoire, enregistré le 13 septembre 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis informe le tribunal que la direction départementale des finances publiques du Val-d'Oise est compétente pour défendre dans le cadre de la présente instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2024, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il est fondé à solliciter une substitution de base légale et demande que le 1°) de l'article 109-1 soit substitué à l'article 109-1 2° du code général des impôts ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Saïh, première conseillère ;
- et les conclusions de M. Boriès, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) 2 AGJS Sécurité, qui a fait l'objet d'un jugement du 19 décembre 2023 du tribunal de commerce de Versailles portant clôture des opérations de liquidation judiciaire pour insuffisance d'actif, avait pour activité la sécurité, la surveillance et le gardiennage et dont le siège social est situé au 81 rue Aristide Briand à Les Mureaux. M. A était gérant de cette société du 8 novembre 2017 au 14 décembre 2018. Cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité sur l'exercice clos 2017 s'agissant des déclarations fiscales et sur les exercices clos 2017 et 2018 concernant les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée. Suite à un procès-verbal d'opposition à contrôle fiscal du 9 juillet 2019, la procédure d'évaluation d'office a été mise en œuvre selon les dispositions de l'article L. 74 du livre des procédures fiscales. Par une proposition de rectification en date du 10 décembre 2019 adressé au siège social de la société (mention pli avisé et non réclamé), des rehaussements du résultat imposable pour l'exercice clos 2017 ont été appliqués pour un montant de 17 651 euros. En outre, l'administration fiscale a considéré que ces sommes étaient constitutives de revenus distribués pour M. A et devaient, en tant que telles, être imposées comme des revenus de capitaux mobiliers au sein des revenus du foyer fiscal de M. et Mme A, sur le fondement des dispositions du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts. Ainsi, par une proposition de rectification en date du 10 décembre 2019, elle a ainsi mis à sa charge, en sa qualité de maître de l'affaire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2017, assorties de la majoration pour manquement délibéré et d'intérêts de retard pour une somme totale de 10 544 euros. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2021. Par une réclamation présentée le 2 décembre 2021, M. A a contesté les rappels et les pénalités appliquées. Sa réclamation ayant été rejetée le 11 avril 2022, M. A demande la décharge des cotisations supplémentaires qui lui ont été notifiées au titre de l'année 2017.
Sur les conclusions en décharge :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré ".
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A n'a pas répondu à la proposition de rectification du 10 décembre 2019, dont il ne conteste pas qu'elle lui a été régulièrement notifiée. Par suite, en application des dispositions précitées de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, la charge de la preuve lui incombe.
En ce qui concerne la substitution de base légale :
4. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. (). ".
5. L'administration a imposé, entre les mains de M. A, sur le fondement des dispositions du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, la somme de 17 651 euros considérée comme constitutive de revenus distribués pour M. A. Le service demande en cours d'instance une substitution de base légale et que les rectifications litigieuses soient désormais fondées sur les dispositions du 1° de l'article 109, 1 du même code. L'administration, qui ne peut renoncer à appliquer la loi fiscale, est en droit, à tout moment de la procédure, de justifier l'impôt sur un nouveau fondement légal, en vertu des dispositions de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales, à condition de ne priver le contribuable d'aucune des garanties légales auxquelles il a droit. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction, et alors même que la proposition de rectification qui a été adressée au requérant était fondée, en ce qui concerne les rehaussements en cause, sur les dispositions du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, que cette substitution ait pour effet de priver le requérant, qui a fait l'objet à cet égard de la procédure de rectification contradictoire, d'une des garanties de procédure prévues par la loi. Par conséquent, la substitution de base légale demandée doit être accueillie.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
6. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; (). ". Il appartient à l'administration d'établir tant l'existence des distributions que l'appréhension par le requérant des sommes ou valeurs qu'elle entend imposer au nom de celui-ci. Toutefois la charge de la preuve est inversée par application des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, lorsque le requérant a accepté, même tacitement, les rectifications ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement.
7. M. A se borne à affirmer que l'administration n'apporte pas la preuve des revenus distribués et de leur appréhension dès lors qu'il n'est pas associé de la SARL 2 AGJS Sécurité, sans apporter, ainsi qu'il lui incombe, la preuve contraire, et, en particulier, sans contester ni le quantum des distributions ni les éléments retenus par l'administration pour caractériser sa qualité de maître de l'affaire au cours de la période en litige, à savoir qu'il était gérant de droit de ladite société du 8 novembre 2017 au 14 décembre 2018, qu'il était, depuis le 29 novembre 2017, le seul titulaire du compte courant ouvert auprès de la société générale ainsi que du carton de signature de la SARL 2 AGJS Sécurité de cette date jusqu'à la clôture du compte bancaire le 12 octobre 2018, qu'il était également l'unique titulaire du compte en ligne Qonto ouvert auprès de la SAS Olinda le 2 octobre 2018 en sa qualité de gérant, et qu'il était également l'interlocuteur pour le compte de la SARL 2 AGJS Sécurité, et notamment signataire des contrats durant la période vérifiée. Par suite, M. A ne démontre pas l'exagération des impositions à sa charge.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
Z. Saïh
Le président,
Signé
T. Bertoncini La greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026