jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2210714 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET VIA JURIS TAX LAW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et un mémoire récapitulatif enregistrés les 18 juillet 2022, 5 septembre 2023 et 6 septembre 2024, M. E A et Mme C F, représentés par Me Coumert, avocat, demandent au Tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2015 ;
2°) de sursoir à statuer dans l'attente de l'irrévocabilité du jugement statuant sur l'action en reconnaissance de droit à laquelle ils sont parties ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme F soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- la procédure est entachée d'un détournement de procédure en ce qu'elle méconnaît les règles de compétence territoriale, la proposition de rectification qui leur a été notifiée ayant été mise au point par la direction nationale d'enquêtes fiscales ;
- il appartenait à l'administration fiscale de procéder à une vérification de comptabilité des SCI de portage, lesquelles sont les seules à détenir les éléments comptables et juridiques de nature à justifier le respect des conditions du bénéfice de la réduction d'impôt prévue par l'article 199 undecies C du code général des impôts ; dès lors, en s'adressant directement aux investisseurs, elle a méconnu le principe d'unicité de la procédure d'imposition prévu par les articles 8 du code général des impôts et L. 53 du livre des procédures fiscales et a refusé de recourir à la procédure de contrôle des investissements en outre-mer prévue par les articles L. 45 F et R. 45 F-1 du livre des procédures fiscales ;
- l'administration fiscale a implicitement mis en œuvre la procédure de répression de l'abus de droit prévue à l'article L. 64 du livre des procédures fiscales, sans les faire bénéficier des garanties attachées à cette procédure ;
- l'administration fiscale a méconnu son obligation d'information fixée à l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, dès lors que les pièces annexes à l'acte de vente, à savoir le protocole d'accord signé entre NB Finances et Patrimoine et l'association Sires Martinique et le " pack contractuel Nov'accès ", n'étaient pas jointes à la proposition de rectification ;
- l'administration fiscale a, en outre, méconnu son obligation de communication des documents obtenus auprès de tiers fixée par les mêmes dispositions du livre des procédures fiscales dès lors que ne leur ont notamment pas été communiquées les annexes à l'acte de vente ;
- aucune disposition législative ou règlementaire ne prévoit que les contribuables effectuant un investissement par voie de souscription au capital d'une société civile immobilière seraient soumis au respect des conditions fixées au 1° à 9° de l'article 199 undecies C du code général des impôts ;
- la loi ne prévoit pas que lesdites conditions doivent s'apprécier à la date de l'investissement réalisé par les sociétés civiles immobilières ;
- ils sont fondés à se prévaloir des énonciations des documentations administratives référencées BOI-IR-RICI-380-30 en date du 1er juillet 2015 et BOI-IR-RICI-380-20 du 15 mai 2019 ;
- le non-respect de la condition relative au financement par subvention publique ne pouvait fonder le redressement contesté ;
- l'administration fiscale n'apporte pas la preuve que la société NB Finances et Patrimoine choisirait, en méconnaissance des dispositions du 7° du I. de l'article 199 undecies C du code général des impôts, les propriétaires qui deviendront les propriétaires-accédants.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. et Mme F ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée le 10 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'arrêté du 24 juillet 2000 relatif à la direction nationale d'enquêtes fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bergantz, conseillère ;
- et les conclusions de M. Villette, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme F ont bénéficié, au titre de l'année 2015, de la réduction d'impôt sur le revenu prévue à l'article 199 undecies C du code général des impôts, à raison d'investissements réalisés outre-mer dans le secteur du logement social. Par une proposition de rectification en date du 4 décembre 2018, faisant suite à un contrôle sur pièces, l'administration fiscale a, pour plusieurs motifs, remis en cause cette réduction d'impôt et leur a notifié, en conséquence, une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015.
M. et Mme F demandent au Tribunal la décharge de cette imposition supplémentaire, en droits et pénalités.
Sur la demande de sursis à statuer :
2. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au juge administratif de surseoir à statuer dans l'attente d'un jugement à intervenir sur une action en reconnaissance de droit. Les conclusions de M. et Mme F doivent, par suite, être rejetées sur ce point.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
3. Aux termes de l'article 350 terdecies de l'annexe III du code général des impôts : " I. - () seuls les fonctionnaires de la direction générale des finances publiques appartenant à des corps des catégories A et B peuvent fixer les bases d'imposition et liquider les impôts, taxes et redevances ainsi que proposer les rectifications () / II. - 1. Les fonctionnaires mentionnés au premier alinéa du I peuvent exercer les attributions que ces dispositions leur confèrent à l'égard des personnes physiques () qui ont déposé ou auraient dû déposer dans le ressort territorial du service déconcentré () une déclaration, un acte ou tout autre document ainsi qu'à l'égard des personnes ou groupements qui, en l'absence d'obligation déclarative, y ont été ou auraient dû y être imposés ou qui y ont leur résidence principale, leur siège ou leur principal établissement () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 24 juillet 2000 relatif à la direction nationale d'enquêtes fiscales : " La direction nationale d'enquêtes fiscales est un service à compétence nationale, rattaché au chef du service de la sécurité juridique et du contrôle fiscal de la direction générale des finances publiques ". Aux termes de l'article 2 de cet arrêté : " Elle assure sur l'ensemble du territoire national, concurremment avec les autres services des impôts compétents, les opérations suivantes : / a) La recherche des renseignements nécessaires à l'assiette, au contrôle et au recouvrement des impôts et taxes de toute nature () ".
4. Il résulte de l'instruction, et il est constant, que M. et Mme F ont déposé leur déclaration de revenus de l'année 2015 auprès des services de la direction départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine. Dès lors, les agents du pôle de contrôle des revenus et du patrimoine de Nanterre étaient bien compétents pour leur proposer une rectification relative à la réduction d'impôt dont ils ont entendu bénéficier au titre de cette année-là. Contrairement à ce que soutiennent M. et Mme F, il ne résulte pas de l'instruction que cette rectification aurait en réalité été établie par la direction nationale d'enquêtes fiscales qui est seulement compétente, en application des dispositions citées au point précédent, sur l'ensemble du territoire national, pour rechercher les renseignements nécessaires à l'assiette, au contrôle et au recouvrement des impôts et taxes de tout nature. Par suite, les requérants n'apportent pas la preuve, qui leur incombe, de l'existence d'un détournement de procédure.
5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 53 du livre des procédures fiscales : " En ce qui concerne les sociétés dont les associés sont personnellement soumis à l'impôt pour la part des bénéfices correspondant à leurs droits dans la société, la procédure de vérification des déclarations déposées par la société est suivie entre l'administration des impôts et la société elle-même ".
6. Il résulte de l'instruction que l'imposition supplémentaire mise à la charge de
M. et Mme F résulte exclusivement de la remise en cause de la réduction d'impôt, prévue à l'article 199 undecies C du code général des impôts, dont ils ont entendu bénéficier à raison d'un investissement réalisé outre-mer en 2015 au travers des trois sociétés civiles immobilières (SCI), les SCI D, B et Popart, et non du rehaussement du résultat de ces sociétés, taxable entre les mains de leurs associés au prorata de leurs parts en application des dispositions de l'article 8 du même code relatif au régime d'imposition des sociétés de personnes. Ainsi, en n'engageant pas de contrôle fiscal à l'égard de ces trois SCI, l'administration fiscale n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 53 du livre des procédures fiscales.
7. Aux termes de l'article L. 45 du livre des procédures fiscales : " 1. Les agents de l'administration des impôts peuvent assurer le contrôle et l'assiette de l'ensemble des impôts ou taxes dus par le contribuable qu'ils vérifient () ". Aux termes de l'article L. 45 F du même code : " Dans les départements d'outre-mer, l'administration peut contrôler sur le lieu d'exploitation le respect des conditions de réalisation, d'affectation, d'exploitation et de conservation des investissements ayant ouvert droit au bénéfice des dispositions prévues aux articles 199 undecies A, 199 undecies B, 199 undecies C, 199 septvicies, 199 novovicies, 217 undecies, 217 duodecies, 244 quater W et 244 quater X du code général des impôts. / Dans les collectivités d'outre-mer et en Nouvelle-Calédonie, les contrôles mentionnés au premier alinéa peuvent être réalisés par les agents mandatés par le directeur général des finances publiques () ".
8. Il ne résulte ni des dispositions précitées de l'article L. 45 F du livre des procédures fiscales, ni d'aucune autre texte ou principe que l'administration soit tenue de mettre en œuvre les prérogatives qui lui sont conférées par ces dispositions afin de s'assurer de la réalité des investissements ayant ouvert droit au bénéfice de la réduction d'impôt prévue par l'article 199 undecies C du code général des impôts. Dès lors, le requérant ne peut utilement invoquer la circonstance que l'administration n'a pas mis en œuvre la procédure prévue à l'article L. 45 F du livre des procédures fiscales en l'absence de toute obligation à cet égard pesant sur le service.
9. Aux termes de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales : " Afin d'en restituer le véritable caractère, l'administration est en droit d'écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d'un abus de droit, soit que ces actes ont un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes ou de décisions à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'intéressé, si ces actes n'avaient pas été passés ou réalisés, aurait normalement supportées eu égard à sa situation ou à ses activités réelles. / En cas de désaccord sur les rectifications notifiées sur le fondement du présent article, le litige est soumis, à la demande du contribuable, à l'avis du comité de l'abus de droit fiscal. L'administration peut également soumettre le litige à l'avis du comité () ".
10. Il résulte de l'instruction que, pour remettre en cause la réduction d'impôt dont M. et Mme F ont entendu bénéficier au titre de l'année 2015 sur le fondement des dispositions de l'article 199 undecies C du code général des impôts, l'administration fiscale s'est fondée, s'agissant des investissements dits " avec acte " réalisés au travers des SCI D et B, sur les circonstances que les conditions exigées par les dispositions des 7° et 9° du I. de l'article 199 undecies C du code général des impôts n'étaient pas remplies. S'agissant de l'investissement dit " sans acte " réalisé au travers de la SCI Popart, l'administration fiscale a relevé qu'il n'apparaissait pas que cette société serait devenue propriétaire d'un quelconque bien immobilier et, au surplus, que le produit des souscriptions n'a pas été réinvesti dans le délai requis de dix-huit mois et que la condition prévue au 9° du I. de l'article 199 undecies C du code général des impôts n'était pas remplie. Ainsi, l'administration, qui s'est bornée à constater que les conditions légales pour bénéficier de la réduction d'impôt litigieuse n'étaient pas remplies, ne saurait être regardée comme s'étant implicitement fondée sur la procédure de répression des abus de droit. Par suite, M. et Mme F ne peuvent utilement soutenir qu'ils ont été privés des garanties attachées à cette procédure.
11. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". S'il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure de redressement mise en œuvre, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements recueillis dans l'exercice de son droit de communication, afin que l'intéressé soit mis à même de demander, avant la mise en recouvrement des impositions, que les documents qui contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition, elle n'est tenue à cette obligation d'information et de communication qu'en ce qui concerne ceux des renseignements qu'elle a effectivement utilisés pour procéder aux redressements.
12. Il résulte de la proposition de rectification du 4 décembre 2018 que l'administration, pour estimer que les investissements en litige ne remplissaient pas les conditions requises pour bénéficier de la réduction d'impôt prévue à l'article 199 undecies C du code général des impôts, a exercé son droit de communication auprès de l'Office notarial de Maîtres Micheline et Monique Constantin situé à Fort-de-France afin d'obtenir les actes de vente auxquels sont parties les SCI Monin et B et les relevés de situation des comptes ouverts dans cet office par les SCI Monin, B et Popart. Il est constant que ces éléments d'information mentionnés dans la proposition de rectification, qui comportaient l'identité du tiers ayant communiqué à l'administration les renseignements considérés et étaient d'une précision suffisante, ont été portés à la connaissance des contribuables. Contrairement à ce que soutiennent
M. et Mme F, il ne résulte pas de l'instruction que, pour établir les motifs et le montant des rectifications contestées, l'administration aurait eu recours à d'autres documents obtenus de tiers, notamment des " annexes " aux actes de vente venant d'être évoqués.
Les requérants ne sont dès lors pas fondés à soutenir que le service aurait omis de leur communiquer de tels documents. Par suite, l'administration fiscale s'est acquittée de ses obligations d'information et de communication au sens des dispositions précitées de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions en litige :
13. Aux termes de l'article 199 undecies C du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les contribuables domiciliés en France au sens de
l'article 4 B peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu à raison de l'acquisition ou de la construction de logements neufs dans les départements d'outre-mer () si les conditions suivantes sont réunies : / 1° Les logements sont donnés en location nue, dans les six mois de leur achèvement ou de leur acquisition si elle est postérieure et pour une durée au moins égale à cinq ans, à un organisme d'habitations à loyer modéré mentionné à l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation, à l'exception des sociétés anonymes coopératives d'intérêt collectif pour l'accession à la propriété, à une société d'économie mixte exerçant une activité immobilière outre-mer, à un organisme mentionné à l'article L. 365-1 du même code ou, dans les collectivités d'outre-mer, à tout organisme de logement social agréé conformément à la réglementation locale par l'autorité publique compétente. L'opération peut prendre la forme d'un crédit-bail immobilier ; / 2° Les logements sont donnés en sous-location nue ou meublée par l'organisme mentionné au 1° et pour une durée au moins égale à cinq ans à des personnes physiques qui en font leur résidence principale et dont les ressources n'excèdent pas des plafonds fixés par décret en fonction du nombre de personnes destinées à occuper à titre principal le logement et de la localisation de celui-ci ; / () / 7° À l'issue de la période de location mentionnée au 1°, les logements ou les parts ou actions des sociétés qui en sont propriétaires sont cédés, dans des conditions, notamment de prix, définies par une convention conclue entre leur propriétaire et l'organisme locataire au plus tard lors de la conclusion du bail, à l'organisme locataire ou à des personnes physiques choisies par lui et dont les ressources, au titre de l'année précédant celle de la première occupation du logement, n'excèdent pas des plafonds fixés par décret en fonction du nombre de personnes destinées à occuper à titre principal le logement et de la localisation de celui-ci. Pour l'application du présent 7°, et nonobstant le 1°, la cession des logements et, le cas échéant, des parts ou actions des sociétés mentionnées au IV peut intervenir à l'expiration d'un délai de cinq ans décompté à partir de l'achèvement des fondations. La reprise prévue au 3° du V ne trouve pas à s'appliquer si la location prévue au 1° prend fin à la suite d'une cession de l'immeuble au profit du preneur conformément au présent 7° ; / () / 9° Les logements sont financés par subvention publique à hauteur d'une fraction minimale de 5 %. () IV. - La réduction d'impôt est également acquise au titre des investissements réalisés par une société civile de placement immobilier régie par les articles L. 214-114 et suivants du code monétaire et financier ou par toute autre société mentionnée à l'article 8 du présent code () dont les parts ou les actions sont détenues, directement ou par l'intermédiaire d'une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, par des contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B, dont la quote-part du revenu de la société est soumise en leur nom à l'impôt sur le revenu (). / La réduction d'impôt, qui n'est pas applicable aux parts ou actions dont le droit de propriété est démembré, est subordonnée à la condition que 95 % de la souscription serve exclusivement à financer un investissement pour lequel les conditions d'application du présent article sont réunies. () Le produit de la souscription doit être intégralement investi dans les dix-huit mois qui suivent la clôture de celle-ci. () VI. - La réduction d'impôt prévue au présent article est également ouverte au titre de l'acquisition de logements achevés depuis plus de vingt ans faisant l'objet de travaux de réhabilitation définis par décret permettant aux logements d'acquérir des performances techniques voisines de celles des logements neufs () ".
14. M. et Mme F ont entendu bénéficier de la réduction d'impôt sur le revenu, prévue au IV. de l'article 199 undecies C du code général des impôts, à raison d'investissements réalisés en Martinique concernant la réhabilitation de logements en accession sociale, au travers de trois SCI, la SCI D, la SCI B et la SCI Popart, dans le cadre d'un programme de défiscalisation intitulé " pack contractuel Nov'Accès ", commercialisé par la société NB Finances et Patrimoine. Contrairement à ce que soutiennent M. et Mme F, le bénéfice de cette réduction d'impôt était soumis, outre au respect des conditions posées par le IV. de l'article 199 undecies C du code général des impôt, au respect des conditions fixée au I. de ce même article.
15. Il résulte de l'instruction et en particulier des actes de vente des 11 et 16 septembre 2015 par lesquels Mme B et M. D ont respectivement cédé aux SCI B et D les immeubles ayant vocation à faire objet du programme de rénovation, que la société NB Finances et Patrimoine, à l'origine du montage de défiscalisation dont ont entendu bénéficier les requérants, a toute latitude dans le choix, en amont, du bien à réhabiliter et, par voie de conséquence, du sous-locataire accédant ensuite à la propriété du logement dans la mesure où il s'agit de l'ancien propriétaire du logement, qui en devient sous-locataire pendant cinq ans et accède ensuite à nouveau à la propriété de celui-ci rénové. M. et Mme F, qui soutiennent que l'organisme de logement social a bien un rôle décisionnaire, n'apportent aucune précision ni pièce en ce sens. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que l'organisme de logement social, qui n'a pas vocation à devenir propriétaire du logement, choisirait le sous-locataire accédant ensuite à la propriété du logement, en méconnaissance du 7° du I. de l'article 199 undecies C du code général des impôts précité. Les requérants ne sont, dès lors, pas fondés à soutenir que cette condition, dont le respect s'apprécie à la date de la réalisation des investissements en cause, serait remplie.
16. Il n'est pas utilement soutenu et il ne résulte pas de l'instruction que les logements en cause auraient été financés par subvention publique à hauteur d'une fraction minimale de 5 %, en méconnaissance du 9° du I. de l'article 199 undecies C du code général des impôts. Par suite, M. et Mme F ne sont pas fondés à soutenir que le respect de cette condition, dont le respect s'apprécie également à la date des investissements, serait remplie.
17. Les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de l'instruction administrative référencée aux paragraphes n°s 1, 10 et 15 du BOI-IR-RICI-380-30 en date du 1er juillet 2015, et de l'instruction administrative référencée aux paragraphes n°s 190 et 240 du BOI-IR-RICI-380-20 du 15 mai 2019, au demeurant postérieure à l'année d'imposition en litige, qui ne font pas une interprétation de la loi fiscale différente de celle qui a été faite aux points 14 à 16 du présent jugement.
18. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme F ne sont pas fondés à demander la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2015. Leurs conclusions présentées en ce sens doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme F doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G et Mme C F et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Gabez, première conseillère, et Mme Bergantz, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.
La rapporteuse,
signé
A. BERGANTZ
Le président,
signé
K. KELFANI Le greffier,
signé
D. HAUDE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2210714
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026