Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2210823

vendredi 23 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2210823
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre (JU)

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Garona, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Garona, magistrate désignée.

En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de l'ordre de juridiction administratif pour connaître d'un litige afférent à l'allocation de rentrée scolaire.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A a bénéficié de l'allocation de logement familiale pour la période d'août 2017 à décembre 2021. À la suite des déclarations de changement de situation de la requérante, la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a procédé à un nouveau calcul de ses droits et a généré un indu au titre de l'allocation de logement familiale.

Par un courrier du 10 février 2022, Mme A a sollicité la remise gracieuse de cette créance.

Par une décision du 16 juin 2022, la directrice de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a rejeté sa demande. La requérante demande au tribunal d'annuler cette décision et de lui accorder la remise de sa dette.

2. En premier lieu, si la requérante soutient que la créance n'est pas justifiée, elle doit être regardée comme contestant le bien-fondé de l'indu d'allocation de logement familiale. Toutefois, la décision du 16 juin 2022 ne met pas à sa charge un indu, mais se prononce sur une demande de remise de dette. Dès lors, elle ne peut utilement contester dans la présente requête le bien-fondé de la créance. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

3. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ".

Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale rendu applicable par les dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation relatives aux modalités de recouvrement des aides personnelles au logement indûment versées : " () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. / () ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre du logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

5. Pour contester la décision litigieuse, Mme A se borne à soutenir qu'elle est dans une situation financière difficile et qu'elle est dans l'incapacité de rembourser l'indu mis à sa charge d'un montant de 139 euros. Toutefois, l'intéressée ne produit aucun élément permettant d'appréhender ses ressources et ses charges, alors que la caisse d'allocations familiales en défense, qui produit les éléments pertinents du dossier fait valoir, sans être contredite, que la requérante n'a plus d'enfant à charge depuis le mois de septembre 2021 et disposait, en juin 2022, de ressources mensuelles de l'ordre de 1 821 euros. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise, en laissant à sa charge l'indu d'allocation de logement familiale, a entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A à l'encontre de la décision du 16 juin 2022, par laquelle la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a rejeté sa demande de remise de sa dette, doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions tendant à ce que lui soit accordée une remise de sa dette.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.

La magistrate désignée,

signé

E. GaronaLa greffière,

signé

A. Pradeau

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.