jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2211215 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARSENE TAXAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 juillet 2022, le 17 novembre 2022 et le 5 décembre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Ideal Meetings et Events, représentée par Me Habibou, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 avril 2022 par laquelle la direction des grandes entreprises lui a refusé le bénéfice de l'aide " fermeture " prévue par le décret n° 2021-1664 du 16 décembre 2021 au titre des mois de janvier à août 2021, ensemble la décision du 24 mai 2022 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au directeur général des finances publiques de lui verser la somme de 751 874 euros correspondant au montant de l'aide sollicitée ;
3°) de condamner l'Etat aux dépens de l'instance ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle remplit les conditions d'éligibilité à l'aide " fermeture " fixées par le décret n° 2021-1664 du 16 décembre 2021, dès lors notamment que le plafond de l'aide " coûts fixes " a été saturé au niveau de son groupe, que son activité principale a été exercée dans les secteurs de l'évènementiel et de la restauration et qu'elle a réalisé plus de 80 % de son chiffre d'affaires avec des entreprises empêchées.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 octobre 2022, le 28 novembre 2022 et le 9 décembre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- doit être substitué au motif tiré du défaut de saturation du plafond de l'aide " coûts fixes " celui tiré de l'absence d'éligibilité à l'aide de l'activité principale exercée par la SAS Ideal Meetings et Events ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 décembre 2022 à 12 heures.
Par un courrier en date du 24 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée.
Par un mémoire du 2 mai 2024, la SAS Ideal Meetings et Events, représentée par Me Habibou, a répondu au moyen d'ordre public relevé par le tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le décret n° 2021-310 du 24 mars 2021 ;
- le décret n° 2021-1664 du 16 décembre 2021 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Oriol, présidente ;
- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;
- et les observations de Me Bart, substituant Me Habibou, pour la SAS Ideal Meetings et Events.
Une note en délibéré a été produite pour la SAS Ideal Meetings et Events par Me Habibou, le 10 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Ideal Meetings et Events, dont le siège est situé à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), a sollicité le bénéfice de l'aide " fermeture " prévue par le décret n° 2021-1664 du 16 décembre 2021, au titre des mois de janvier à août 2021. Par la présente requête, elle doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 8 avril 2022 par laquelle la direction des grandes entreprises le lui a refusé, ensemble la décision du 24 mai 2022 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Indépendamment des actions indemnitaires qui peuvent être engagées contre la personne publique, les recours relatifs au refus d'octroi de l'aide accordée dans le cadre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, qui relève de la catégorie des subventions, ne peuvent être portés que devant le juge de l'excès de pouvoir. Il ne s'agit donc pas de recours de plein contentieux, contrairement à ce que soutient l'administration fiscale.
3. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ". Selon l'article L. 212-2 du même code : " Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : / 1° Les décisions administratives qui sont notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées, notifiées par l'intermédiaire d'un téléservice, ne comportent pas les mentions du prénom, du nom et de la qualité de leur auteur, mais uniquement les mentions " Direction générales des finances publiques ", avec l'ajout TF 4 pour l'une et TF 50 pour l'autre. Ces mentions ne permettent pas de s'assurer de la compétence de leur auteur, en méconnaissance des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qui n'apparaissent pas, en l'état de l'instruction, de nature à fonder une annulation, ni sur la substitution de motif sollicitée en défense, que la SAS Ideal Meetings et Events est fondée à demander l'annulation de la décision du 8 avril 2022 par laquelle la direction des grandes entreprises lui a refusé le bénéfice de l'aide " fermeture " prévue par le décret n° 2021-1664 du 16 décembre 2021 au titre des mois de janvier à août 2021, ensemble la décision du 24 mai 2022 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a seulement lieu d'enjoindre au directeur des grandes entreprises de réexaminer la demande de la SAS Ideal Meetings et Events, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. En premier lieu, la SAS Ideal Meetings et Events n'établit pas avoir engagé de dépens dans la présente instance. Sa demande tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de l'Etat ne peut donc, en tout état de cause, qu'être rejetée.
8. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre la somme de 1 000 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La décision du 8 avril 2022 par laquelle la direction des grandes entreprises a refusé à la SAS Ideal Meetings et Events le bénéfice de l'aide " fermeture " prévue par le décret n° 2021-1664 du 16 décembre 2021 au titre des mois de janvier à août 2021, ensemble la décision du 24 mai 2022 portant rejet de son recours gracieux, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint d'office au directeur des grandes entreprises de réexaminer la demande de la SAS Ideal Meetings et Events, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à la SAS Ideal Meetings et Events au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la requête de la SAS Ideal Meetings et Events sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Ideal Meetings et Events et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Copie en sera adressée au directeur des grandes entreprises.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Gay-Heuzey, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
C. ORIOL
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
C. CORDARYLa greffière,
Signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026