LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2211325

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2211325

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2211325
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantCABINET BETTAN DEMARET

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête, enregistrée le 16 août 2022 sous le n° 2211325, et un mémoire enregistré le 7 juillet 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Entreprise Pitel, représentée par Me Caupert, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser une provision correspondant au solde du lot n° 4 " menuiseries intérieures " du marché public de travaux portant sur la réhabilitation et l'extension de l'école maternelle Henri Aguado à concurrence de la somme de 29 277,02 euros toutes taxes comprises (TTC), assortie des intérêts moratoires au taux de la Banque Centrale Européenne majoré de huit points et de la capitalisation de ces intérêts, à concurrence d'une somme globale de 827,78 euros à parfaire, et d'indemnités pour frais de recouvrement de 3 609 euros ;

2°) de rejeter les conclusions reconventionnelles de la commune de Gennevilliers ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Gennevilliers la somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle dispose sur la commune de Gennevilliers d'une créance non sérieusement contestable, correspondant au solde du décompte général devenu tacitement définitif qui ne lui a pas été réglé ; à cet égard, la commune de Gennevilliers ne saurait lui opposer l'absence de réception des travaux, dès lors qu'en l'absence de formulaire EXE 6 portant décision de réception par le maître d'ouvrage, la réception des travaux est réputée correspondre à la recommandation du maître d'œuvre sur le formulaire EXE 5 ; à cet égard, les travaux de la phase d'extension de l'école Henri Aguado ont été réceptionnés avec réserves le 30 juin 2021, de sorte qu'à supposer que la réception des travaux ait été faite sous certaines réserves le 29 décembre 2020, elles ont depuis été levées, comme l'a reconnu la commune de Gennevilliers dans son courrier du 3 mars 2022, qui a été suivi de la notification d'un décompte général, le 23 mars 2022 ;

- elle dispose également d'une créance non sérieusement contestable correspondant, d'une part, aux intérêts moratoires prévus par l'article 8.3 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) et de leur capitalisation prévue par l'article 1343-2 du code civil, et, d'autre part, outre l'indemnité forfaitaire de recouvrement, de l'indemnité complémentaire prévue par l'article L. 2192-13 du code de la commande publique au regard des frais de conseil qu'elle a dû engager ;

- les conclusions reconventionnelles présentées par la commune sont irrecevables, dès lors qu'aucune délibération autorisant le maire en exercice à agir en justice n'a été produite ;

- en tout état de cause, la créance dont se prévaut la commune présente un caractère sérieusement contestable, dès lors que l'existence d'un décompte général tacite s'oppose à ce qu'elle revendique des sommes qui n'y figurent pas ;

- en toute hypothèse, elle n'a pas respecté ses obligations contractuelles, aucun calendrier détaillé d'exécution n'ayant jamais été établi par le maître d'œuvre ou d'autres intervenants du chantier, de sorte qu'aucune pénalité de retard, au regard au demeurant d'un retard de 544 jours non établi et alors qu'elle a été elle-même victime du retard d'autres intervenants, ne lui est opposable ;

- à titre infiniment subsidiaire, le montant des pénalités réclamées est manifestement excessif ;

- il n'y a en tout état de cause pas lieu de faire droit à la demande de frais supplémentaires consécutifs à une demande de rémunération complémentaire de la société Bérim ;

- contrairement à ce que soutient la commune de Gennevilliers, sa situation financière ne présente aucun risque d'insolvabilité, de sorte qu'il n'y a pas lieu de lui demander la constitution d'une garantie, au demeurant déjà effectuée sous la forme d'un cautionnement bancaire ;

- le mémoire en défense de la commune de Gennevilliers, qui ne respecte pas les dispositions des articles R. 611-1-1 et R. 412-2 du code de justice administrative, est irrecevable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2023, la commune de Gennevilliers, représentée par Me Bettan, conclut au rejet de la requête. Elle demande en outre au tribunal :

1°) à titre reconventionnel, de condamner la SAS Entreprise Pitel à lui verser, d'une part, une provision de 3 122 612,82 euros hors taxes (HT) au titre des pénalités de retard dans l'exécution des missions qui lui ont été confiées, et, d'autre part, une provision de 40 951 euros HT au titre de la réparation de son préjudice financier ;

2°) à titre reconventionnel, de condamner la SAS Entreprise Pitel à constituer des garanties financières auprès d'un établissement de crédit ou par l'utilisation d'un compte séquestre à hauteur du montant des éventuelles condamnations auxquelles elle serait amenée à succomber ;

3°) à titre subsidiaire, de compenser les sommes éventuellement dues à titre de provision avec les éventuelles condamnations qui seraient mises à sa charge ;

4°) de condamner la SAS Entreprise Pitel aux dépens de l'instance ;

5°) de mettre à la charge de la SAS Entreprise Pitel la somme de 7 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la SAS Entreprise Pitel ne dispose d'aucune créance non sérieusement contestable en l'absence de réception des travaux, au vu des nombreuses réserves émises et faute de notification de réception des travaux via un formulaire EXE 6 ; de ce fait, un décompte général définitif tacite n'a pas pu naître ;

- les difficultés sérieuses de fait et de droit du présent litige ne ressortent pas de l'office du juge des référés ;

- la SAS Entreprise Pitel, qui a commis des fautes dans la réalisation des travaux qui lui ont été confiés, accumulant notamment 544 jours de retard dans l'exécution du marché, s'expose à des pénalités de retard en application de l'article 11.1 du CCAP ;

- le retard dans l'exécution des travaux a fait subir un préjudice financier à la commune, qui doit être indemnisée au titre des frais supplémentaires ;

- l'analyse des ratios de la SAS Entreprise Pitel laisse craindre une mauvaise santé financière, raison pour laquelle elle doit constituer des garanties ;

- en toute hypothèse, les créances de la SAS Entreprise Pitel détenues sur la commune devraient être compensées, dès lors qu'elle lui est redevable, au titre du marché en litige, d'une somme de 3 122 612,82 euros.

Par ordonnance du 11 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 juillet 2023 à 12 heures.

II- Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022 sous le n° 2215729, et un mémoire enregistré le 6 juillet 2023, la SAS Entreprise Pitel, représentée par Me Caupert, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Gennevilliers, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser une provision correspondant au solde du lot n° 4 " menuiseries intérieures " du marché public de travaux portant sur la réhabilitation et l'extension de l'école maternelle Henri Aguado à concurrence de la somme de 29 277,01 euros toutes taxes comprises (TTC), assortie des intérêts moratoires et de la capitalisation des intérêts jusqu'à complet règlement, et d'indemnités pour frais de recouvrement de 3 609 euros ;

2°) de rejeter les conclusions reconventionnelles de la commune de Gennevilliers ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Gennevilliers la somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2211325 susvisée et soutient en outre que :

- sa requête est recevable ;

- les conclusions reconventionnelles de la commune de Gennevilliers sont irrecevables ;

- à titre principal, en vertu du principe d'intangibilité du décompte général et définitif tacitement né, la commune de Gennevilliers n'est pas fondée à lui opposer le montant de son propre décompte général, notifié tardivement ;

- à titre subsidiaire, le décompte général établi par la commune de Gennevilliers le 23 mars 2022, inintelligible et affecté de nombreuses erreurs, a été irrégulièrement établi ;

- en tout état de cause, outre le montant contractuel du marché (199 450 euros HT), les révisions de prix (8 187,64 euros HT) et les intérêts moratoires pour paiement tardif des situations de travaux (300,75 euros), il y a lieu d'ajouter à l'actif du décompte de la commune la somme de 5 817,14 euros HT au titre des préjudices qu'elle a subis ; il y a également lieu de rectifier le passif de ce décompte en le portant à 189 171,70 euros HT, soit un solde en sa faveur de 29 277,01 euros TTC, à assortir des intérêts moratoires majorés et capitalisés et des indemnités pour frais de recouvrement ;

- si le point de départ des intérêts moratoires n'était pas fixé au 8 avril 2022, il y aurait lieu de reporter cette date au 23 mai 2022 au plus tard ;

- le mémoire en défense de la commune de Gennevilliers, qui ne respecte pas les dispositions des articles R. 611-1-1 et R. 412-2 du code de justice administrative, est irrecevable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2023, la commune de Gennevilliers, représentée par Me Bettan, conclut au rejet de la requête. Elle doit être regardée comme demandant en outre au tribunal :

1°) de mettre à la charge de la SAS Entreprise Pitel une amende pour recours abusif de 10 000 euros au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative ;

2°) de condamner la SAS Entreprise Pitel aux dépens de l'instance ;

3°) de mettre à la charge de la SAS Entreprise Pitel la somme de 7 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

- à titre principal, que la requête de la SAS Entreprise Pitel est irrecevable, dès lors, d'une part, qu'elle a la même cause et le même objet que la requête n° 2211325 susvisée, dont les parties sont identiques, et, d'autre part, qu'elle n'a pas respecté la procédure prévue par l'article 50.1.1 du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés publics de travaux (CCAG-Travaux) qui impose de transmettre un mémoire en réclamation avant de saisir le tribunal ;

- à titre subsidiaire, la SAS Entreprise Pitel n'est pas fondée à contester les éléments du décompte général et définitif qu'elle a établi le 23 mars 2022 ;

- elle a droit, à concurrence de 10 000 euros, à la réparation du préjudice né de la procédure abusive que lui fait subir la SAS Entreprise Pitel, sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative ;

- pour le reste, elle reprend sa défense exposée dans la requête n° 2211325 susvisée.

Les parties ont été informées le 13 février 2024, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement du tribunal était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions de la SAS Entreprise Pitel tendant à l'octroi d'une provision, dès lors qu'il sera statué sur les conclusions ayant le même objet de la requête n° 2211325.

Par un mémoire, enregistré le 16 février 2024, la SAS Entreprise Pitel, représentée par Me Caupert, a répondu au moyen d'ordre public relevé par le tribunal.

Par ordonnance du 11 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 juillet 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la commande publique ;

- l'arrêté du 3 mars 2014 modifiant l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En 2018, la commune de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) a lancé un marché de travaux ayant pour objet la réhabilitation et l'extension de l'école maternelle Henri Aguado, dont elle assure la maîtrise d'œuvre, assistée par l'assistant à maîtrise d'ouvrage, la société Bérim. A ce titre, elle a confié à la SAS Entreprise Pitel le lot n° 4 " menuiseries intérieures " par un acte d'engagement notifié le 6 décembre 2018, pour un montant de 199 450 euros hors taxes (HT). Par les présentes requêtes, la SAS Entreprise Pitel, se prévalant, d'une part, d'un décompte général et définitif tacitement établi par ses soins, et, d'autre part, de l'inexactitude du décompte établi postérieurement par la commune de Gennevilliers, demande à la juge des référés, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la commune à lui verser une provision correspondant au solde du marché en cause à concurrence de la somme de 29 277,02 euros toutes taxes comprises (TTC), assortie des intérêts moratoires et de la capitalisation des intérêts, et d'indemnités pour frais de recouvrement de 3 609 euros. Quant à la commune de Gennevilliers, elle demande au tribunal, à titre reconventionnel, de condamner la SAS Entreprise Pitel à lui verser, d'une part, une provision de 3 122 612,82 euros HT au titre des pénalités de retard dans l'exécution des missions qui lui ont été confiées, d'autre part, une provision de 40 951 euros HT au titre de la réparation de son préjudice financier et, enfin, de lui infliger une amende pour recours abusif de 10 000 euros sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°s 2211325 et 2215729 présentées par la SAS Entreprise Pitel présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul et même jugement.

I- REQUETE N° 2211325 :

Sur les conclusions de la SAS Entreprise Pitel tendant à l'octroi d'une provision :

3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".

4. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.

En ce qui concerne le solde du marché :

5. L'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution d'un marché public de travaux est compris dans un compte dont aucun élément ne peut être isolé et dont seul le solde arrêté lors de l'établissement du décompte général et définitif détermine les droits et obligations définitifs des parties.

6. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 13.3.1 du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés publics de travaux (CCAG-Travaux), dans sa version issue de l'arrêté du 3 mars 2014 applicable au marché en litige : " Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final, concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier. / Ce projet de décompte final est la demande de paiement finale du titulaire, établissant le montant total des sommes auquel le titulaire prétend du fait de l'exécution du marché dans son ensemble, son évaluation étant faite en tenant compte des prestations réellement exécutées. () ". Selon l'article 13.3.2 de ce cahier : " Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. / Toutefois, s'il est fait application des dispositions de l'article 41.5, la date du procès-verbal constatant l'exécution des travaux visés à cet article est substituée à la date de notification de la décision de réception des travaux comme point de départ des délais ci-dessus. / S'il est fait application des dispositions de l'article 41.6, la date de notification de la décision de réception des travaux est la date retenue comme point de départ des délais ci-dessus. ".

7. D'autre part, aux termes de l'article 41.3 du même cahier : " Au vu du procès-verbal des opérations préalables à la réception et des propositions du maître d'œuvre, le maître de l'ouvrage décide si la réception est ou non prononcée ou si elle est prononcée avec réserves. S'il prononce la réception, il fixe la date qu'il retient pour l'achèvement des travaux. La décision ainsi prise est notifiée au titulaire dans les trente jours suivant la date du procès-verbal. / La réception prend effet à la date fixée pour l'achèvement des travaux. / Sauf le cas prévu à l'article 41.1.3, à défaut de décision du maître de l'ouvrage notifiée dans le délai précisé ci-dessus, les propositions du maître d'œuvre s'imposent au maître de l'ouvrage et au titulaire. ". L'article 41.6 du même cahier dispose que : " Lorsque la réception est assortie de réserves, le titulaire doit remédier aux imperfections et malfaçons correspondantes dans le délai fixé par le représentant du pouvoir adjudicateur ou, en l'absence d'un tel délai, trois mois avant l'expiration du délai de garantie défini à l'article 44. 1. / Au cas où ces travaux ne seraient pas faits dans le délai prescrit, le maître de l'ouvrage peut les faire exécuter aux frais et risques du titulaire, après mise en demeure demeurée infructueuse. ".

8. Il résulte de la combinaison des stipulations du CCAG mentionnées aux points 6 et 7 ci-dessus que, lorsque le maître de l'ouvrage ne notifie au titulaire aucune décision expresse de réception ou de refus de réception dans les trente jours suivant la date du procès-verbal des opérations préalables à la réception, les propositions du maître d'œuvre s'imposent au maître de l'ouvrage et au titulaire. Dans ce cas, le point de départ du délai de trente jours pendant lequel le titulaire doit, en application de l'article 13.3.2 du CCAG, transmettre son projet de décompte final, est alors déterminé au regard de la proposition du maître d'œuvre relative à la réception. Lorsque le maître d'œuvre propose de réceptionner l'ouvrage avec réserves, la date de notification de la décision de réception des travaux constitue le point de départ des délais d'établissement du décompte final, quelle que soit l'importance des réserves émises.

9. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 13.3.2 du CCAG-Travaux, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 3 mars 2014 : " Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux () ". Selon l'article 13.3.4 du même cahier : " En cas de retard dans la transmission du projet de décompte final et après mise en demeure restée sans effet, le maître d'œuvre établit d'office le décompte final aux frais du titulaire. Ce décompte final est alors notifié au titulaire avec le décompte général tel que défini à l'article 13.4. ".

10. D'autre part, aux termes de l'article 13.4.2 du CCAG-Travaux, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 3 mars 2014 : " Le projet de décompte général est signé par le représentant du pouvoir adjudicateur et devient alors le décompte général. / Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général à la plus tardive des deux dates ci-après : / - trente jours à compter de la réception par le maître d'œuvre de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ; / - trente jours à compter de la réception par le représentant du pouvoir adjudicateur de la demande de paiement finale transmise par le titulaire () ". Selon l'article 13.4.3 de ce cahier : " Dans un délai de trente jours compté à partir de la date à laquelle ce décompte général lui a été notifié, le titulaire envoie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, ce décompte revêtu de sa signature, avec ou sans réserves, ou fait connaître les motifs pour lesquels il refuse de le signer. / Si la signature du décompte général est donnée sans réserve par le titulaire, il devient le décompte général et définitif du marché. La date de sa notification au pouvoir adjudicateur constitue le départ du délai de paiement. / Ce décompte lie définitivement les parties () ". L'article 13.4.4 du même cahier stipule que : " Si le représentant du pouvoir adjudicateur ne notifie pas au titulaire le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2, le titulaire notifie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, un projet de décompte général signé (). / Si, dans [un] délai de dix jours, le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas notifié au titulaire le décompte général, le projet de décompte général transmis par le titulaire devient le décompte général et définitif () ".

11. Il résulte de la combinaison des stipulations citées aux points 9 et 10 ci-dessus que, même si elle intervient après l'expiration du délai de trente jours prévu à l'article 13.3.2 du CCAG-Travaux, courant à compter de la réception des travaux, la réception, par le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre, du projet de décompte final, établi par le titulaire du marché, est le point de départ du délai de trente jours prévu à l'article 13.4.2, dont le dépassement peut donner lieu à l'établissement d'un décompte général et définitif tacite dans les conditions prévues par l'article 13.4.4. Toutefois, dès lors qu'en application de l'article 13.4.2, l'expiration du délai de trente jours prévu par celui-ci est appréciée au regard de la plus tardive des dates de réception du projet de décompte final respectivement par le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre, ce délai ne peut pas courir tant que ceux-ci n'ont pas tous deux reçu le document en cause.

12. Il résulte de l'instruction que les travaux objets du présent marché, portant sur la réhabilitation et l'extension de l'école maternelle Henri Aguado de Gennevilliers, ont fait l'objet de deux réceptions par le maître d'œuvre, le 29 décembre 2020 pour la partie réhabilitation et le 30 juin 2021 pour la partie extension. Le formulaire EXE 5 du 29 décembre 2020, établi par le maître d'œuvre, a proposé la réception des travaux de réhabilitation sous réserve de l'exécution concluante des épreuves énumérées à l'annexe regroupant les documents n°s 1 à 7 et avec la réserve de remédier aux imperfections et malfaçons indiquées à ladite annexe, tandis que celui du 30 juin 2021 a proposé une réception des travaux avec la réserve que la SAS Entreprise Pitel remédie avant le 22 juillet 2021 aux imperfections et malfaçons listées en annexe. A supposer que la maîtrise d'œuvre n'ait pas commis d'erreur en relevant les mêmes lacunes à la fois dans les rubriques " sous réserve " et dans la rubrique " avec réserve " du formulaire EXE 5 du 29 décembre 2020, il est constant que les travaux de la phase d'extension de l'école Henri Aguado ont été réceptionnés avec réserves le 30 juin 2021, de sorte qu'à supposer que la réception des travaux ait été faite sous certaines réserves le 29 décembre 2020, elles ont implicitement mais nécessairement été levées, comme cela ressort du courrier du 3 mars 2022 de la commune de Gennevilliers, qui a été suivi de la notification d'un décompte général, le 23 mars 2022. L'ensemble des travaux du marché doit être regardé comme ayant été réceptionné en partie avec réserves le 30 juin 2021, la commune de Gennevilliers n'ayant jamais notifié à la SAS Entreprise Pitel de décision expresse de réception ou de refus de réception des travaux postérieurement à cette date. Ainsi qu'il a été ci-dessus, nonobstant l'existence et l'importance des réserves émises, la date du 30 juin 2021 doit donc être considérée comme le point de départ d'établissement du décompte final. A ce titre, il résulte de l'instruction que la SAS Entreprise Pitel a déposé son projet de décompte final sur la plateforme Chorus le 8 décembre 2021 et l'a adressé au maître d'ouvrage et à la maîtrise d'œuvre, en les personnes de MM. Clochette et Maucoeur, qui en ont accusé réception le 9 décembre 2021, ainsi qu'au maire de la commune et à la société Bérim. Ainsi qu'il a été dit au point 11 ci-dessus, la circonstance que la SAS Entreprise Pitel n'ait pas respecté le délai de trente jours prévu à l'article 13.4.2 du CCAG-Travaux est sans incidence sur la solution du litige. En vertu des stipulations précitées de cet article, la commune de Gennevilliers disposait donc d'un délai de trente jours à compter du 9 décembre 2021, expiré le 8 janvier 2022, pour adresser à la SAS Entreprise Pitel un projet de décompte général signé. Faute d'avoir reçu un tel document dans les délais requis, la SAS Entreprise Pitel a déposé son propre projet de décompte général sur la plateforme Chorus le 2 mars 2022 et l'a adressé à la maîtrise d'ouvrage et à la maîtrise d'œuvre, qui en ont accusé réception le 25 février 2022. Faute pour la commune de Gennevilliers d'avoir notifié le décompte général et définitif du marché dans le délai de dix jours prévu par l'article 13.4.4 du CCAG-Travaux, qui a couru à compter de cette date, le projet de décompte général transmis par la SAS Entreprise Pitel, né tacitement le 7 mars 2022, est devenu le décompte général et définitif du marché. Pour s'en défendre, la commune de Gennevilliers n'est pas fondée à se prévaloir des éventuels retards de la SAS Entreprise Pitel ayant donné lieu à l'envoi de mises en demeure, ni de son propre projet de décompte du 23 mars 2022, intervenu après que le décompte général adressé par la SAS Entreprise Pitel eut acquis un caractère définitif tacite.

13. Il résulte de ce qui précède que la SAS Entreprise Pitel est fondée à demander la condamnation de la commune de Gennevilliers à lui verser à titre de provision la somme de 29 277,02 euros TTC, qui ne lui a pas été réglée malgré une mise en demeure reçue le 30 mai 2022, non sérieusement contestable dans son principe comme dans son montant, sous déduction, le cas échéant, des éventuels paiements intervenus en cours d'instance.

En ce qui concerne les intérêts moratoires, la capitalisation des intérêts et les frais de recouvrement :

14. D'une part, aux termes de l'article L. 2192-10 du code de la commande publique : " Les pouvoirs adjudicateurs () paient les sommes dues en principal en exécution d'un marché dans un délai prévu par le marché ou, à défaut, dans un délai fixé par voie réglementaire (). Lorsqu'un délai de paiement est prévu par le marché, celui-ci ne peut excéder le délai prévu par voie réglementaire. ". Selon l'article R. 2192-10 du même code : " Le délai de paiement prévu à l'article L. 2192-10 est fixé à trente jours (). ". L'article R. 2192-12 du même code dispose que : " Sous réserve des dispositions prévues aux articles R. 2192-13, R. 2192-17 et R. 2192-18, le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur ou, si le marché le prévoit, par le maître d'œuvre ou toute autre personne habilitée à cet effet. ". Aux termes de l'article R. 2192-14 du même code : " () La date de réception de la demande de paiement ne peut faire l'objet d'un accord contractuel entre le pouvoir adjudicateur et son créancier. ". Selon l'article R. 2192-18 du même code : " Si le pouvoir adjudicateur recourt à un maître d'œuvre ou à tout autre prestataire dont l'intervention conditionne le paiement des sommes dues, l'intervention du maître d'œuvre ou du prestataire ne modifie pas le délai de paiement qui s'impose au pouvoir adjudicateur. ". L'article L. 2192-13 du même code dispose que : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. () / Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par voie réglementaire. () ". Aux termes de l'article R. 2192-31 du même code : " Le taux des intérêts moratoires mentionnés à l'article L. 2192-13 est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. ". Enfin, selon l'article D. 2192-35 du même code : " Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros. ".

15. D'autre part, aux termes de l'article 8.3 du cahier des clauses particulières du marché en litige : " Les sommes dues au(x) titulaire(s) seront payées dans un délai global de 30 jours à compter de la date de réception des demandes de paiement par le maître d'œuvre. / En cas de retard de paiement, le titulaire a droit au versement d'intérêts moratoires, ainsi qu'à une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement d'un montant de 40 €. Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. ".

S'agissant des intérêts moratoires :

16. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le décompte général et définitif est né tacitement le 7 mars 2022. Par suite, en application des dispositions précitées, le délai de paiement était fixé au 6 avril 2022, de sorte que les intérêts moratoires ont commencé à courir à compter du 7 avril 2022 jusqu'à la date de mise en paiement des sommes dues. Dans ces conditions, la commune de Gennevilliers est condamnée à verser à la SAS Entreprise Pitel, à titre de provision, les intérêts moratoires au taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage, sur la somme de 29 277,02 euros évoquée au point 13 ci-dessus, du 7 avril 2022 jusqu'à la date à laquelle elle sera effectivement réglée.

S'agissant de la capitalisation des intérêts :

17. Aux termes de l'article 1343-2 du code civil, les intérêts échus des capitaux peuvent produire des intérêts, ou par une demande judiciaire, ou par une convention spéciale, pourvu que, soit dans la demande, soit dans la convention, il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière.

18. La capitalisation des intérêts a été demandée par la SAS Entreprise Pitel dans sa requête introductive d'instance devant le tribunal, le 16 août 2022. A cette date, les intérêts n'étaient pas dus pour une année entière. Par suite, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts de la société Entreprise Pitel à compter du 7 avril 2023, date à laquelle ces intérêts étaient dus pour une année entière, et à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

S'agissant des frais de recouvrement :

19. En premier lieu, compte tenu de ce qui vient d'être dit, la créance dont se prévaut la SAS Entreprise Pitel au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement n'est pas sérieusement contestable. Il y a, par suite, lieu de faire droit à sa demande de provision de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.

20. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique : " () Lorsque les frais de recouvrement exposés sont supérieurs au montant de l'indemnité forfaitaire prévue à l'alinéa précédent, le créancier peut demander une indemnisation complémentaire, sur justification. ".

21. Il résulte de l'instruction, en particulier des factures émises par le cabinet UGGC Avocats, conseil de la SAS Entreprise Pitel, éclairée par ses écritures contentieuses, que l'intéressée a exposé, dans le cadre des litiges relatifs aux décomptes des marchés conclus avec la commune de Gennevilliers contestés devant le tribunal, des honoraires s'élevant à la somme globale de 28 875 euros HT. Dans ces conditions, dès lors que la présente ordonnance admet le bien-fondé de la créance de 29 277,02 euros correspondant à l'un des huit marchés, la SAS Entreprise Pitel doit être regardée comme établissant avoir exposé des frais de recouvrement à hauteur de 3 609 euros. Par suite, cette obligation présentant un caractère non sérieusement contestable, elle est fondée à réclamer une indemnité complémentaire égale à la différence entre cette somme et celle correspondant à l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros évoquée au point 19 ci-dessus, soit la somme de 3 569 euros.

Sur les conclusions reconventionnelles de la commune de Gennevilliers :

22. En premier lieu, en vertu du caractère intangible du décompte, la commune de Gennevilliers n'est pas fondée à demander la condamnation de la SAS Entreprise Pitel à lui verser une provision de 3 122 612,82 euros HT au titre de pénalités de retard et d'un préjudice financier de 40 591 euros qui n'y figurent pas.

23. En deuxième lieu, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que la SAS Entreprise Pitel serait dans une situation financière préoccupante, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de la commune de Gennevilliers tendant à ce qu'elle constitue des garanties financières.

24. Enfin, si la commune de Gennevilliers sollicite la compensation des sommes allouées à la SAS Entreprise Pitel avec les sommes qu'elle estime lui être dues par cette dernière au titre des pénalités de retard et des frais engendrés par ce retard, elle ne justifie pas que les pénalités dont elle fait état seraient relatives au marché en litige.

25. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par la SAS Entreprise Pitel, que les conclusions reconventionnelles de la commune de Gennevilliers ne peuvent qu'être rejetées.

II- REQUETE N° 2215729 :

Sur les conclusions de la SAS Entreprise Pitel tendant à l'octroi d'une provision :

26. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la commune de Gennevilliers est condamnée à verser à la SAS Entreprise Pitel une provision de 29 277,02 euros TTC au titre du solde du lot n° 4 " menuiseries intérieures " du marché public de travaux portant sur la réhabilitation et l'extension de l'école maternelle Henri Aguado, assortie des intérêts moratoires et de leur capitalisation, et d'une provision de 3 609 euros au titre des indemnités pour frais de recouvrement. Dès lors, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions de l'intéressée tendant à l'octroi des mêmes provisions dans la requête n° 2215729.

Sur les conclusions de la commune de Gennevilliers tendant à l'application des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative :

27. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. ".

28. La condamnation à l'amende pour recours abusif prévue par les dispositions précitées de l'article R. 741-12 du code de justice administrative est un pouvoir propre du juge. Dès lors, les conclusions de la commune de Gennevilliers tendant à ce que le tribunal inflige une amende pour recours abusif à la SAS Entreprise Pitel sont irrecevables, comme le soutient cette dernière. Elles doivent donc être rejetées.

III- SUR LES FRAIS LIES A L'INSTANCE :

29. En premier lieu, la présente instance n'a pas donné lieu à l'engagement de dépens. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Gennevilliers ne peuvent donc, en tout état de cause, qu'être rejetées.

30. En second lieu, la SAS Entreprise Pitel n'étant pas la partie perdante à l'instance, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Gennevilliers présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, la commune de Gennevilliers versera à la SAS Entreprise Pitel la somme de 1 000 euros sur le même fondement.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la société par actions simplifiée (SAS) Pitel tendant à l'octroi de provisions dans la requête n° 2215729.

Article 2 : La commune de Gennevilliers est condamnée à verser à la SAS Entreprise Pitel une provision de 29 277,02 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre du solde du lot n° 4 " menuiseries intérieures " du marché public de travaux portant sur la réhabilitation et l'extension de l'école maternelle Henri Aguado, assortie des intérêts moratoires et de leur capitalisation dans les conditions prévues aux articles 14 à 18 de la présente ordonnance, sous déduction, le cas échéant, des éventuels paiements intervenus en cours d'instance.

Article 3 : La commune de Gennevilliers est condamnée à verser à la société Entreprise Pitel une provision de 3 609 euros au titre des indemnités pour frais de recouvrement.

Article 4 : La commune de Gennevilliers versera la somme de 1 000 euros à la SAS Entreprise Pitel sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions de la SAS Entreprise Pitel sont rejetées pour le surplus.

Article 6 : Les conclusions de la commune de Gennevilliers sont rejetées.

Article 7 : Le présente ordonnance sera notifiée à la SAS Entreprise Pitel et à la commune de Gennevilliers.

Fait à Cergy, le 30 mai 2024.

La juge des référés,

signé

C. Oriol

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2211325 - 2215729

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions