Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2214446

lundi 8 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2214446
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationPole Social (JU)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 20 octobre 2022 et 27 avril 2023, Mme C A forme opposition à la contrainte émise par la directrice de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise le 4 octobre 2021, signifiée par la voie de commissaires de justice le 17 octobre 2022, tendant au recouvrement d'un indu d'aide au logement sociale de 1 467 euros versée à tort entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2019 à la suite de la reprise de la gestion du logement de Mme B sis 116 rue Maurice Marteaux à 95870 Bezons par le bailleur GIF CARRIERES à compter du 1er janvier 2019.

Elle soutient que :

- aucun justificatif démontrant la réalité de ce versement n'est produit ;

- les versements réalisés à son profit par erreur ont été remboursés au cabinet GIF CARRIERES et qu'en raison de la cession de son fonds de commerce à ce dernier, elle n'est plus débitrice de cette somme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2023, la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise conclut au rejet du recours et demande au tribunal de valider la contrainte du 4 octobre 2021 émise à l'encontre de la requérante et signifiée le 17 octobre 2022.

Elle fait valoir que Mme B a effectué une demande d'aide au logement en septembre 2016, qu'un changement de gestionnaire est intervenu le 1er janvier 2019 et que dès lors Mme A n'aurait pas dû percevoir cette aide à compter de cette date.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- la décision par laquelle la rapporteure publique a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La directrice de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise, en application des dispositions des articles L. 161-1-5 et R. 133-3 du code de la sécurité sociale, a signifié à

Mme C A, après mise en demeure du 7 janvier 2021, réceptionnée le 14 janvier 2021, une contrainte pour le recouvrement d'un indu d'aide au logement sociale d'un montant de 1 467 euros au titre de la période courant de janvier à décembre 2019. La requérante forme opposition à cette contrainte émise à son encontre le 4 octobre 2021 par la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise et signifiée le 17 octobre 2022 par voie d'huissier.

2. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée ou d'une prestation recouvrable sur la succession et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code et L. 725-3-1 du code rural et de la pêche maritime, le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire.". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code, applicable à l'espèce : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. / L'huissier de justice avise dans les huit jours l'organisme créancier de la date de signification. / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l'organisme créancier dans les huit jours de la réception de l'opposition. / La décision du tribunal, statuant sur opposition, est exécutoire de droit à titre provisoire. ".

3. En premier lieu, si Mme A soutient que la caisse d'allocations familiales ne produirait aucun justificatif démontrant la réalité des versements à l'origine de l'indu en litige, la caisse d'allocations familiales produit en défense des extraits du logiciel métier utilisé montrant les versements de l'allocation de logement sociale pour la période du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2019 sur un compte au nom de " MME A C D " pour un total de 1 467 euros. Le moyen doit donc être écarté.

4. En second lieu, en 2016, le Cabinet de Mme A a donné à bail un logement situé au 116 rue Maurice Berteaux à Bezons. La locataire ayant effectué une demande d'aide au logement auprès de la caisse d'allocations familiales du Val d'Oise en septembre 2016, le droit à l'aide au logement a été ouvert à compter de la demande, revalorisé annuellement et versé sur le compte du bailleur à compter de mars 2018, soit sur le compte bancaire de la requérante. Si Mme A soutient que le cabinet GIF Carrières lui a succédé dans la gestion de ce logement au 1er janvier 2019, et qu'ainsi, elle a reversé à ce cabinet le montant des virements effectués par la caisse d'allocations familiales sur son propre compte depuis cette date et qu'un protocole d'accord signé le 24 juin 2021 entre elle et le cabinet GIF Carrières prévoit en son article 5 que " chaque partie s'engage expressément et irrévocablement à renoncer à toute créance qu'elle pourrait détenir sur l'autre en ce compris toutes les sommes dont elle est créancière mais que l'autre partie a perçu - indûment - à sa place ", outre qu'elle n'établit pas les reversements invoqués alors qu'il ressort du contrôle de l'agent assermenté que le nouveaux gestionnaire n'a pas perçu ces allocations entre janvier et décembre 2019, ces circonstances sont sans incidence sur le droit de la caisse d'allocations familiales à recouvrer les sommes dues, s'agissant au demeurant d'un protocole d'accord inopposable à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise à raison de son effet relatif. Dès lors, ce moyen relatif au bien fondé de l'indu doit, en tout état de cause, être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par Mme A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.

La magistrate désignée,

signé

H. Lepetit-Collin

La greffière,

signé

C. MasLa République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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