Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2214742
mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2214742 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 31 octobre 2022 et 12 février 2024, M. A B, représenté par Me Guillou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du préfet du Val-d'Oise rejetant sa demande de titre de séjour du 17 janvier 2022 ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de délivrer le titre de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sans situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de rejet est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire du 26 janvier 2024, le préfet du Val-d'Oise doit être regardé comme concluant au rejet de la requête comme irrecevable en raison de l'absence de décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Il fait valoir que le requérant n'établit pas avoir sollicité de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Viain, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 8 septembre 1969, soutient avoir sollicité le 17 janvier 2022 son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur le fondement de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. M. B demande l'annulation de la décision de rejet née du silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois sur sa demande.
2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 431-2 de ce code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".
3. Le préfet du Val-d'Oise soutient qu'aucune décision implicite de rejet n'est intervenue, dès lors que le requérant ne l'a pas saisi d'une demande de titre de séjour. Si le requérant verse au dossier un courrier du 17 janvier 2022 portant demande d'admission exceptionnelle au séjour, ainsi qu'un ticket de La Poste délivré lors de l'achat d'une lettre recommandée, il ne produit toutefois aucun document probant établissant qu'il aurait bien déposé le courrier en cause ou qu'il l'aurait communiqué à la préfecture. Dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise est fondé à soutenir qu'aucune décision de rejet n'est née du silence gardé sur cette prétendue demande. Par suite, en l'absence de décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, la requête de M. B, qui est ainsi irrecevable, ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2214742
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