Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2216041

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2216041
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Ingelaerre et Me Robiquet, demande au tribunal :

1°) d'ordonner, avant-dire-droit, une mesure d'expertise médicale sur le fondement des dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative ;

2°) d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) a refusé de lui octroyer une rente d'invalidité ;

3°) de mettre à la charge de la CNRACL la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne comporte aucune motivation en droit ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que sa maladie est imputable au service.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2024, la caisse des dépôts, gestionnaire de la CNRACL, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Un mémoire a été enregistré pour Mme B le 27 mai 2024, postérieurement à la clôture automatique de l'instruction en application des dispositions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, et n'a pas été communiqué dès lors qu'il ne contient pas l'exposé d'une circonstance de fait ou d'un élément de droit dont la requérante n'était pas en mesure de faire état avant la clôture de l'instruction et qui est susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Goudenèche,

- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,

- et les observations de Me Ringuet, représentant Mme B, présente.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B exerçait ses fonctions au sein de la commune de Garches en qualité de rédacteur depuis 1997. Par un arrêté du 1er février 2022, le maire de Garches a prononcé son admission à la retraite pour invalidité à compter du 1er mai 2022 et sa radiation des cadres à compter de cette même date. La caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) a émis un avis favorable à cette mise en retraite anticipée le 4 août 2022, sans toutefois lui accorder le bénéfice d'une rente viagère d'invalidité. Par un courrier du 27 août 2022, Mme B a demandé à la CNRACL de réexaminer sa situation à cet égard, demande rejetée par une décision du 20 septembre 2022 dont la requérante demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; ()". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. Il résulte des dispositions précitées que la décision contestée, qui a pour objet de refuser à Mme B le bénéfice d'une rente viagère d'invalidité, devait comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent son fondement. S'il ressort des termes de cette décision que celle-ci fait mention des éléments de fait l'ayant fondée, elle ne comporte toutefois aucun élément de droit. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision est fondé.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête ou d'ordonner une expertise médicale, que la décision du 20 septembre 2022 de la CNRACL doit être annulée.

Sur les frais d'instance :

5. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la CNRACL la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La décision du 20 septembre 2022 de la CNRACL est annulée.

Article 2 : La CNRACL versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la caisse des dépôts, et à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bories, présidente,

M. Bourragué, premier conseiller,

Mme Goudenèche, conseillère,

Assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La rapporteure,

signé

C. GoudenècheLa présidente,

signé

C. Bories

La greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.