LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2217241

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2217241

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2217241
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSYMCHOWICZ-WEISSBERG ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2022 sous le n° 2217241, la société par actions simplifiée (SAS) Les Peintures Parisiennes doit être regardée comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise à lui verser une provision de 27 840 euros, assortie des intérêts de droit à compter du 24 janvier 2020, correspondant à la levée de la sanction pour travail dissimulé qui lui a été infligée dans le cadre du marché de travaux n° 19TA08 portant sur la rénovation de la peinture des murs de la grande Halle et des sols situés dans l'espace gradin du complexe sportif des Maradas ;

2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise n'était pas fondée à lui infliger une pénalité de 27 840 euros pour travail dissimulé, les faits reprochés n'étant pas établis ; à cet égard, les stipulations de l'article 12.2 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) sont réputées non écrites ;

- en tout état de cause, les manquements reprochés, imputables à son sous-traitant, la société TAC Echafaudage, sont insusceptibles d'engager sa responsabilité ;

- en lui infligeant la pénalité en litige, au demeurant mal calculée, la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise a commis un détournement de pouvoir, alors par ailleurs que l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a renoncé à sanctionner son sous-traitant ;

- le décompte de la pénalité en litige a été irrégulièrement établi, alors par ailleurs qu'elle détient pour sa part un décompte général et définitif tacite émis antérieurement faisant obstacle à ce que la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise y inclue des éléments nouveaux ;

- elle détient donc sur la collectivité une créance non sérieusement contestable procédant de son obligation d'abroger la pénalité en cause, qui porte atteinte à sa liberté d'entreprendre et à la liberté du commerce et de l'industrie.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 février 2023 et le 22 mars 2023, la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, représentée par Me Morice, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que la SAS Bureau d'études IPH soit condamnée à la garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre ;

3°) à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la SAS Les Peintures Parisiennes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- elle était fondée à infliger la pénalité litigieuse sur le fondement de l'article 12.2 du CCAP, dès lors que la société Mena Services est intervenue sur le chantier sans avoir été agréée en qualité de sous-traitante et que les travaux réalisés, de qualité médiocre, n'ont pu être entièrement réceptionnés ;

- contrairement à ce que soutient la requérante, aucun décompte général et définitif n'est tacitement né ; en tout état de cause, si tel était le cas, le maître d'œuvre a engagé sa responsabilité en ne l'alertant pas sur le risque de naissance tacite du décompte général et définitif ;

- la société requérante ne détient donc sur elle aucune créance non sérieusement contestable.

La SAS Bureau d'études IPH, à qui la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.

II- Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2022 sous le n° 2217243, la société par actions simplifiée (SAS) Les Peintures Parisiennes doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de condamner la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise à lui verser la somme de 27 840 euros, assortie des intérêts de droit à compter du 24 janvier 2020, correspondant à la levée de la sanction de 27 840 euros pour travail dissimulé qui lui a été infligée dans le cadre du marché de travaux n° 19TA08 portant sur la rénovation de la peinture des murs de la grande Halle et des sols situés dans l'espace gradin du complexe sportif des Maradas ;

2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2217241 susvisée s'agissant du caractère mal fondé de la pénalité en litige.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 février 2023 et le 22 mars 2023, la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, représentée par Me Morice, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que la SAS Bureau d'études IPH soit condamnée à la garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre ;

3°) à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la SAS Les Peintures Parisiennes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle se prévaut des mêmes arguments de défense que dans la requête n° 2217241 susvisée.

La SAS Bureau d'études IPH, à qui la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- l'arrêté du 8 septembre 2009 modifié portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Oriol, présidente ;

- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;

- et les observations de Me Boillot, substituant Me Morice, représentant la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement du 23 mai 2019, la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) a attribué à la société par actions simplifiées (SAS) Les Peintures Parisiennes le marché de travaux n° 19TA08 portant sur la rénovation de la peinture des murs de la grande Halle et des sols situés dans l'espace gradin du complexe sportif des Maradas, pour un montant de 278 400 euros toutes taxes comprises (TTC). Pour les opérations de montage et de démontage, la SAS Les Peintures Parisiennes a fait appel à la sous-traitance de la société TAC Echafaudage, qui a été agréée par la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise. La société TAC Echafaudage a elle-même fait appel à une sous-traitante, la société EetN Echafaudage, également agréée par la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise. Le 21 août 2019, les services de la direction départementale de la police aux frontières du Val-d'Oise ont constaté que cinq salariés sans titre de séjour et non déclarés, intervenant pour le compte de la société Mena Services, étaient présents sur le chantier. La communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, informée de cette situation, a mis en demeure la SAS Les Peintures Parisiennes de la faire cesser, avant de décider de lui infliger une pénalité pour travail dissimulé de 27 840 euros correspondant à 10 % du montant TTC du marché sur le fondement de l'article 12.2 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP). Par les présentes requêtes, la SAS Les Peintures Parisiennes demande au tribunal de condamner la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise à lui verser, d'une part, la somme de 27 840 euros, assortie des intérêts de droit à compter du 24 janvier 2020, correspondant à la levée de la sanction de 27 840 euros en litige, et, d'autre part, la même somme à titre de provision, sur le fondement de l'article L. 541-1 du code de justice administrative.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°s 2217241 et 2217243 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.

I- Requête n° 2217243 :

Sur l'existence d'un décompte :

3. Aux termes de l'article 13.3.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés de travaux (CCAG-Travaux), dans sa rédaction issue de l'arrêté du 3 mars 2014 : " Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final, concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier. / Ce projet de décompte final est la demande de paiement finale du titulaire, établissant le montant total des sommes auquel le titulaire prétend du fait de l'exécution du marché dans son ensemble, son évaluation étant faite en tenant compte des prestations réellement exécutées () ". Selon l'article 13.3.2 : " Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. / Toutefois, s'il est fait application des dispositions de l'article 41.5, la date du procès-verbal constatant l'exécution des travaux visés à cet article est substituée à la date de notification de la décision de réception des travaux comme point de départ des délais ci-dessus. / S'il est fait application des dispositions de l'article 41.6, la date de notification de la décision de réception des travaux est la date retenue comme point de départ des délais ci-dessus ". Aux termes de l'article 41.5 : " S'il apparaît que certaines prestations prévues par les documents particuliers du marché et devant encore donner lieu à règlement n'ont pas été exécutées, le maître de l'ouvrage peut décider de prononcer la réception, sous réserve que le titulaire s'engage à exécuter ces prestations dans un délai qui n'excède pas trois mois. La constatation de l'exécution de ces prestations doit donner lieu à un procès-verbal dressé dans les mêmes conditions que le procès-verbal des opérations préalables à la réception prévu à l'article 41.2 ". Selon l'article 41.6 : " Lorsque la réception est assortie de réserves, le titulaire doit remédier aux imperfections et malfaçons correspondantes dans le délai fixé par le représentant du pouvoir adjudicateur ou, en l'absence d'un tel délai, trois mois avant l'expiration du délai de garantie défini à l'article 44.1 () ".

4. Il résulte de l'instruction, notamment du formulaire EXE 6 du 17 septembre 2019 versé à l'instance, que la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise a décidé de fixer la date d'achèvement des travaux au 29 août 2019, sauf pour les façades n°s 3 et 4 jugées non réceptionnables en l'état, sous réserve de l'exécution concluante d'épreuves et de travaux et prestations mentionnés en annexe et avec la réserve que la SAS Les Peintures Parisiennes remédie, avant le 3 janvier 2020, aux imperfections et malfaçons indiquées dans ce document. A la date à laquelle la SAS Les Peintures Parisiennes a adressé son projet de décompte final à la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, le 24 janvier 2020, les réserves mentionnées par celle-ci n'avaient pas été levées et les travaux pas encore été entièrement réceptionnés. Par suite, la SAS Les Peintures Parisiennes n'est pas fondée à se prévaloir d'un décompte général et définitif tacitement obtenu qui aurait fait obstacle à ce que la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise lui réclamât, au stade de son décompte général, la pénalité de 27 840 euros en litige. Par ailleurs, la SAS Les Peintures Parisiennes ne saurait utilement reprocher à la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise d'avoir irrégulièrement établi son décompte général faute de notification du formulaire EXE 13, lequel se rapporte au décompte des pénalités de retard, qui ne sont pas en litige dans la présente instance.

Sur le bien-fondé de la pénalité en litige :

5. D'une part, aux termes de l'article L. 2193-2 du code de la commande publique : " Au sens du présent chapitre, la sous-traitance est l'opération par laquelle un opérateur économique confie par un sous-traité, et sous sa responsabilité, à une autre personne appelée sous-traitant, l'exécution d'une partie des prestations du marché conclu avec l'acheteur. / Le sous-traitant est considéré comme entrepreneur principal à l'égard de ses propres sous-traitants. ". Selon l'article L. 2193-3 du même code : " Le titulaire d'un marché peut, sous sa responsabilité, sous-traiter l'exécution d'une partie des prestations de son marché, dans les conditions fixées par le présent chapitre. / () ". L'article L. 2193-4 du même code dispose que : " L'opérateur économique peut recourir à la sous-traitance lors de la passation du marché et tout au long de son exécution à condition de l'avoir déclarée à l'acheteur et d'avoir obtenu l'acceptation du sous-traitant et l'agrément de ses conditions de paiement. ". Aux termes de l'article 3.6.2.2 du CCAG-Travaux : " Un sous-traitant ne peut sous-traiter l'exécution de la partie du marché qui lui a été sous-traitée qu'à la condition d'avoir obtenu du représentant du pouvoir adjudicateur l'acceptation de ce sous-traitant et l'agrément de ses conditions de paiement. ". Enfin, selon l'article 12.2 du CCAP : " Si le titulaire du marché ne s'acquitte pas des formalités prévues par le code du travail en matière de travail dissimulé par dissimulation d'activité ou d'emploi salarié, le pouvoir adjudicateur applique une pénalité correspondant à 10 % du montant TTC du marché. Le montant de cette pénalité ne pourra toutefois pas excéder le montant des amendes prévues à titre de sanction pénale par le code du travail en matière de travail dissimulé. ".

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 8221-1 du code du travail : " Sont interdits : / 1° Le travail totalement ou partiellement dissimulé, défini et exercé dans les conditions prévues aux articles L. 8221-3 et L. 8221-5 ; / (). ". Selon l'article L. 8221-5 du même code : " Est réputé travail dissimulé par dissimulation d'emploi salarié le fait pour tout employeur : / 1° Soit de se soustraire intentionnellement à l'accomplissement de la formalité prévue à l'article L. 1221-10, relatif à la déclaration préalable à l'embauche ; / 2° Soit de se soustraire intentionnellement à la délivrance d'un bulletin de paie ou d'un document équivalent défini par voie réglementaire, ou de mentionner sur le bulletin de paie ou le document équivalent un nombre d'heures de travail inférieur à celui réellement accompli, si cette mention ne résulte pas d'une convention ou d'un accord collectif d'aménagement du temps de travail conclu en application du titre II du livre Ier de la troisième partie ; / 3° Soit de se soustraire intentionnellement aux déclarations relatives aux salaires ou aux cotisations sociales assises sur ceux-ci auprès des organismes de recouvrement des contributions et cotisations sociales ou de l'administration fiscale en vertu des dispositions légales. ".

7. Il résulte de l'instruction que par courriel du 21 août 2019, Mme A, de la direction départementale de la police aux frontières du Val-d'Oise, a informé la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise que cinq échafaudeurs en situation irrégulière, présentés comme travaillant pour le compte de la société Mena Services, avaient été interpellés sur le chantier du marché en litige. Au vu d'un tel document, établi par un agent de police judiciaire faisant foi jusqu'à preuve du contraire, la matérialité des faits en cause doit donc être considérée comme établie. Dès lors qu'il n'est pas contesté que la société Mena Services, qui n'a pas été agréée pour intervenir en qualité de sous-traitance, ni aucun autre intervenant du chantier n'ont déclaré les travailleurs en cause, c'est à bon droit qu'en application des dispositions précitées du code du travail la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise a considéré que la société Mena Services avait illégalement eu recours à du travail dissimulé. Dès lors que la SAS Les Peintures Parisiennes, titulaire du marché, était seule responsable de l'exécution du contrat dans le respect de la loi, tant pour les travaux réalisés par elle-même que pour ceux confiés à ses sous-traitants, elle n'est pas fondée à soutenir que la responsabilité d'une telle faute doit être exclusivement imputée à son sous-traitant, la société TAC Echafaudage, à qui elle reproche de ne pas l'avoir informée. Est à cet égard sans incidence la circonstance que par un courrier du 8 avril 2022, au demeurant non circonstancié, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ait informé cette société, avec laquelle la SAS Les Peintures Parisiennes est en litige de paiement, de l'annulation des titres de perception correspondant à la contribution spéciale et forfaitaire mise à sa charge à concurrence de 79 372 euros, à raison de l'emploi de trois ressortissants étrangers en situation irrégulière. C'est donc à bon droit que la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise a infligé à la SAS Les Peintures Parisiennes la pénalité de 10 % du montant TTC du marché sur le fondement des stipulations précitées de l'article 12.2 du CCAP, qui ont pour seul objet de sanctionner la méconnaissance d'une obligation légale et ne sauraient donc être réputées non écrites, de sorte que la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise n'a pas commis de détournement de pouvoir en les appliquant. Enfin, contrairement à ce que soutient la SAS Les Peintures Parisiennes, c'est par une exacte application des stipulations contractuelles de l'article 12.2 du CCAP que le montant de la pénalité contestée a été fixé à 10 % du montant de 278 400 euros TTC du marché, soit 27 840 euros. La circonstance que la sanction en cause ait été évaluée à 23 200 euros au stade du certificat comptable sur l'avancement du chantier appelé situation n° 1 est sans incidence sur la solution du litige.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la SAS Les Peintures Parisiennes tendant à ce que la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise lève la sanction de 27 840 euros en litige et soit condamnée à lui en verser le montant doivent être rejetées.

Sur l'appel en garantie :

9. En l'absence de condamnation de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, ses conclusions subsidiaires tendant à ce que la SAS Bureau d'études IPH soit condamnée à la garantir ne peuvent qu'être rejetées.

II- Requête n° 2217241 :

10. Dès lors que le présent jugement statue au fond sur les conclusions indemnitaires de la SAS Les Peintures Parisiennes, tendant à ce que la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise lui verse la somme de 27 840 euros, ses conclusions à fin d'octroi d'une provision de même montant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés à l'instance :

11. La communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise n'étant pas la partie perdante à l'instance, il y a lieu de rejeter les conclusions de la SAS Les Peintures Parisiennes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il y a également lieu de rejeter les conclusions de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise présentées sur le même fondement.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la SAS Les Peintures Parisiennes tendant à ce que la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise lui verse une provision de 27 840 euros sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.

Article 2 : Les conclusions des requêtes de la SAS Les Peintures Parisiennes sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : Les conclusions de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Les Peintures Parisiennes, à la société Bureau d'études IPH et à la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise.

Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente, et Mmes B et Lusinier, conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

C. ORIOL

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

A. BLa greffière,

Signé

V. RICAUD

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La greffière

N°s 2217241 - 2217243

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions