lundi 22 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2300522 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité activée (RSA) de 12 396,82 euros ;
2°) de le décharger du paiement de cette somme ;
3°) d'enjoindre au département des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision du 5 décembre 2019 notifiant l'indu méconnaît les dispositions de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale et celles de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elle ne précise pas le motif de l'indu, le montant exact de la somme réclamée, le délai de deux mois dont elle dispose pour s'acquitter du remboursement et ne comporte pas la signature de son auteur ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la commission de recours amiable n'a pas été saisie de son recours préalable obligatoire ;
- elle viole les droits de la défense et le respect de la procédure contradictoire en méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle n'a pas été informée de son droit à présenter des observations ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la caisse d'allocations familiales (CAF) ne pouvait procéder au recouvrement de la créance par compensation sur les autres prestations dont elle bénéficie ;
- elle procède à une inexacte application les dispositions de l'article L. 262-2 et de l'article R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que l'indu n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2023, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision du 11 juillet 2022 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Pontoise a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de Mme B ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le rapporteur public a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, bénéficiaire du revenu de solidarité active, a fait l'objet d'un contrôle de sa situation, à l'issue duquel a été établi, le 2 décembre 2019, un rapport d'enquête. Par une décision du 5 décembre 2019, le directeur de la caisse d'allocations familiales a notifié à Mme B en conséquence un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 12 150,20 euros. Par un courrier du 16 décembre 2019, adressé au département des Hauts-de-Seine, Mme B doit être regardée comme ayant exercé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision. Par un courrier du 20 janvier 2020, la CAF a rejeté son recours administratif. Par la présente requête, Mme B, qui demande l'annulation de la décision implicite par laquelle son recours préalable a été rejetée, doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 20 janvier 2020 par laquelle la CAF a explicitement rejeté ce recours.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes du 1er alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement le positionnement de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale, et elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
3. Il résulte de ce qui précède que les vices de forme affectant éventuellement la décision du 5 décembre 2019, tenant à sa motivation, aux mentions qui y feraient défaut ou à la signature de son auteur sont sans incidence sur la légalité de la décision du 20 janvier 2020, qui s'y est entièrement substituée. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale et de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, inopérant, doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles: " Lorsqu'elle est saisie, la commission de recours amiable se prononce dans un délai d'un mois à compter de la date de saisine. A réception de l'avis, le président du conseil départemental statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Si elle ne s'est pas prononcée au terme du délai mentionné au précédent alinéa, son avis est réputé rendu et le président du conseil départemental statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. L'avis de la commission et la décision du président du conseil départemental sont motivés ".
5. Dans ce cadre, il appartient au tribunal administratif, saisi d'un moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable de l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, de s'assurer du caractère obligatoire de cette consultation dans l'hypothèse en litige, en vertu des clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et l'organisme. En revanche, la circonstance que le législateur ait entendu permettre à chaque département, agissant par voie de convention avec cet organisme, de déterminer les hypothèses dans lesquelles les réclamations dirigées contre des décisions relatives au revenu de solidarité active sont soumises pour avis à sa commission de recours amiable n'a pas pour effet de retirer à la consultation de cette commission, eu égard à sa nature et à sa composition, le caractère d'une garantie apportée, lorsqu'elle est prévue, au bénéficiaire du revenu de solidarité active.
6. La convention de gestion du revenu de solidarité active conclue entre le conseil départemental des Hauts-de-Seine et la caisse d'allocations familiales de ce département exclut de recueillir l'avis de la commission de recours amiable pour les recours administratifs dirigés contre les décisions relatives au revenu de solidarité active. Par suite, le moyen tiré de la violation des articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles du fait de l'absence de saisine de cette commission et d'avis rendu dans des conditions régulières, inopérant, doit être écarté.
7. En troisième lieu, la requérante invoque une violation du principe du contradictoire et des droits de la défense dès lors qu'elle n'a pas pu présenter ses observations devant l'administration avant l'édiction de la décision contestée. Toutefois, Mme B, qui a exercé un recours administratif préalable, a pu faire valoir ses observations à l'occasion de l'exercice de ce recours de même qu'elle avait pu le faire à plusieurs reprises au cours de l'enquête de situation conduite par la CAF. Par suite, Mme B, qui ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre d'une décision qui n'émane pas d'un tribunal au sens de ces stipulations, n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnaît les droits de la défense et le respect de la procédure contradictoire. Dès lors, le moyen doit être écarté.
8. En quatrième lieu, si Mme B soutient que la CAF a poursuivi, après leur notification, le recouvrement des indus litigieux, en méconnaissance du caractère suspensif du recours contentieux qu'elle avait engagé, cette circonstance, à la supposer avérée et qui est relative aux conditions d'exécution de la décision attaquée, est sans incidence sur la légalité de cette dernière. Ce moyen, inopérant, doit donc être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (.) ". L'article L. 262-3 du même code dispose que : " [] L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active [] ". L'article R. 262-37 du même code précise que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête établi par un contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine le 2 décembre 2019, que Mme B, qui a déposé des déclarations trimestrielles faisant apparaître des ressources nulles de 2017 à 2019, possédait un compte bancaire à son nom alimenté par des virements et des dépôts d'espèces représentant la somme totale de 8 020 euros en 2017, 11 825 euros en 2018 et 3 868 euros en 2019. Si Mme B soutient que les sommes en cause ne lui étaient pas destinées, ne faisant que transiter par son compte, elle n'a produit aucune pièce permettant de l'établir, alors qu'elle s'est bornée à des allégations non circonstanciées. Dès lors, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a pris en compte ces ressources non-déclarées et procédé à une révision des droits de Mme B sur la période litigieuse.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées. Il y a également lieu de rejeter par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et de décharge présentées par la requérante.
Sur les frais liés au litige :
12. Le présent jugement rejetant l'ensemble des conclusions présentées par Mme B, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne pourront, par voie de conséquence et en tout état de cause, qu'être rejetées.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Desfarges, au département des Hauts-de-Seine.
Copie en sera faite à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. MonteagleLa greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026