jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2301005 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET DUMET-BOISSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2023, Hauts-de-Seine Habitat-OPH, représentée par Me Brault, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la société par actions simplifiée (SAS) Sicatel à lui verser une provision de 39 844,08 euros, correspondant à des factures et retenues de garantie acquittées deux fois, à assortir des intérêts au taux légal à compter du 4 décembre 2019 et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge de la SAS Sicatel la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa créance sur la SAS Sicatel n'est pas sérieusement contestable dès lors qu'elle correspond à des sommes payées par erreur deux fois ;
- les intérêts moratoires auxquels elle a droit doivent courir à compter du 4 décembre 2019, date à laquelle la SAS Sicatel a indument perçu des sommes qui lui avaient déjà été payées.
La SAS Sicatel a été mise en demeure de présenter des observations par courrier du 27 février 2024 sous un délai d'un mois, en application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 27 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 mars 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En juin 2014, l'Office public de l'Habitat de Clichy-la-Garenne, aux droits et obligations duquel vient Hauts-de-Seine Habitat-OPH, a confié à la société par actions simplifiée (SAS) Sicatel un marché destiné à l'installation, au remplacement et à l'entretien des systèmes de contrôle d'accès aux immeubles, d'une durée de 36 mois et d'un montant estimatif de 535 490,08 euros hors taxes (HT). Après que le marché fut arrivé à expiration, en juillet 2017, Hauts-de-Seine Habitat-OPH a cessé de commander des prestations à la société Sicatel. Estimant qu'elle subissait de ce fait des préjudices liés à une rupture brutale des relations contractuelles, la société a saisi le tribunal d'une requête enregistrée le 5 novembre 2019 sous le n° 1914055, par laquelle elle demandait que Hauts-de-Seine Habitat-OPH soit condamné à lui verser les sommes, d'une part, de 15 600 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre de prestations exécutées et non réglées dans le cadre du marché, et, d'autre part, de 142 000 euros HT en réparation du préjudice né de la perte de chiffre d'affaires liée à la résiliation anticipée du marché, à assortir des intérêts de droit à compter du 4 décembre 2017. Par un jugement du 1er décembre 2022, le tribunal a rejeté cette requête comme étant irrecevable, faute pour la SAS Sicatel de l'avoir précédée de l'envoi d'un mémoire en réclamation adressé à Hauts-de-Seine Habitat-OPH, en méconnaissance des stipulations de l'article 50 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG-Travaux). Prenant acte de cette irrecevabilité contractuelle, le tribunal a subséquemment rejeté les conclusions reconventionnelles de Hauts-de-Seine Habitat-OPH comme étant également irrecevables. Par la présente requête, Hauts-de-Seine Habitat-OPH demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la SAS Sicatel à lui verser, à titre de provision, la somme de de 39 844,08 euros, correspondant à des factures et retenues de garantie acquittées deux fois.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ".
3. Malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 27 février 2024, la SAS Sicatel n'a produit aucun mémoire en défense dans le délai qui lui a été imparti et, en tout état de cause, avant la clôture de l'instruction fixée au 29 mars 2024. Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par les pièces du dossier.
Sur la demande de provision de Hauts-de-Seine Habitat-OPH :
4. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
5. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
En ce qui concerne la répétition de l'indu :
6. Hauts-de-Seine Habitat-OPH soutient avoir réglé par erreur à la SAS Sicatel, les 4 et 9 décembre 2019, les sommes de 31 200 euros et 8 644,08 euros TTC correspondant à des factures et à des retenues de garantie dont le paiement avait déjà été effectué le 22 mars 2019. En dépit de la mise en demeure de produire des observations en réponse à la requête de Hauts-de-Seine Habitat-OPH, qui lui a été adressée le 27 février 2024, la SAS Sicatel n'a formulé aucune observation en défense. Elle est ainsi réputée avoir acquiescé aux faits exposés par Hauts-de-Seine Habitat-OPH dans ses écritures, qui ne sont pas contredits par les pièces du dossier et doivent donc être considérés comme établis. Par suite, Hauts-de-Seine Habitat-OPH est fondé à demander la condamnation de la SAS Sicatel à lui verser à titre de provision la somme de 39 844,08 euros TTC, au titre de la répétition d'un indu non sérieusement contestable dans son principe comme dans son montant.
En ce qui concerne les intérêts moratoires et la capitalisation des intérêts :
7. En premier lieu, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. Selon le principe général dont s'inspirent les dispositions de l'article 1352-7 du code civil, il n'y a lieu de fixer le point de départ des intérêts au jour du paiement que lorsqu'il y a eu mauvaise foi de la part de celui qui a reçu les sommes dont il est demandé répétition.
8. Hauts-de-Seine Habitat-OPH demande que les intérêts de la somme de 39 844,08 euros mentionnée au point 6 ci-dessus soient calculés à compter de la date du premier versement indu dont a bénéficié la SAS Sicatel, le 4 décembre 2019. Toutefois, malgré l'acquiescement aux faits mentionnés ci-dessus, il ne résulte pas de l'instruction que la SAS Sicatel aurait été de mauvaise foi en bénéficiant de l'indu en litige. Hauts-de-Seine Habitat-OPH a donc seulement droit aux intérêts au taux légal sur la somme mentionnée au point précédent à compter du 23 janvier 2023, date d'enregistrement de la présente requête.
9. En second lieu, aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. ".
10. Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande prend toutefois effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée et pourvu qu'à cette date il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.
11. La demande tendant à la capitalisation des intérêts a été présentée le 23 janvier 2023, date d'enregistrement de la requête de Hauts-de-Seine Habitat-OPH. A cette date, une année d'intérêts n'avait pas encore couru. Par suite, les intérêts produits par la somme de 39 844,08 euros TTC mise à la charge de la SAS Sicatel se capitaliseront à compter du 23 janvier 2024 et à chaque échéance annuelle postérieure.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre 1 000 euros à la charge de la SAS Sicatel sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La société par actions simplifiée (SAS) Sicatel est condamnée à verser à Hauts-de-Seine Habitat-OPH une provision de 39 844,08 euros toutes taxes comprises (TTC), assortie des intérêts moratoires et de leur capitalisation dans les conditions prévues aux articles 7 à 11 de la présente ordonnance.
Article 2 : La SAS Sicatel versera la somme de 1 000 euros à Hauts-de-Seine Habitat-OPH sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de Hauts-de-Seine Habitat-OPH sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Hauts-de-Seine Habitat-OPH et à la SAS Sicatel.
Fait à Cergy, le 13 juin 2024.
La juge des référés,
signé
C. Oriol
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026