mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2301128 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GOULAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et un mémoire récapitulatif, enregistrés les 26 janvier 2023, 22 janvier 2024, 31 janvier 2024 et 13 février 2024, M. B C A, représenté par Me Goulay, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures tel qu'il ressort de son mémoire récapitulatif :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental du Val-d'Oise a confirmé, sur recours préalable formé le 14 septembre 2022, la suspension à compter du 1er juillet 2022 du versement du revenu de solidarité active (RSA) ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise de régulariser sa situation au regard de ses droits au RSA sur la période allant du 1er mars 2021 au 30 juin 2022 ;
3°) de condamner la CAF du Val-d'Oise à lui verser la somme de 1 447 euros, qui lui est due au titre de moins-versés de RSA sur la période du 1er mars 2021 au 30 juin 2022, dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2024, le département du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La caisse d'allocations familiales, à qui la requête a été communiquée en qualité d'observateur, n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- l'ordonnance n° 23VE01844 du 6 septembre 2023 par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Versailles a accordé à M. A l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
Sur les conclusions d'annulation:
2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (.) ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active (RSA) ou à l'aide exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
4. Le versement du revenu de solidarité active à M. A a été suspendu à compter du mois du 1er juillet 2022. M. A a saisi le département du Val-d'Oise le 14 septembre 2022 d'une contestation de cette décision, demande sur laquelle le département a gardé le silence. Toutefois, il résulte de l'instruction que la CAF a régularisé la situation de M. A au regard de ses droits au RSA en lui versant, en cours d'instance, le 24 février 2023 un rappel de droit portant sur la période allant du 1er juillet 2022 au mois de janvier 2023 et a repris le versement mensuel du RSA à compter du mois suivant. M. A ne conteste ni n'avoir perçu ces sommes, ni que sa situation ait été régularisée à compter du 1er juillet 2022. S'il soutient, pour contester l'existence d'un non-lieu à statuer, que la CAF n'a pas régularisé les versements auxquels il estime avoir droit pour les mois de mars 2021 à juin 2022, il résulte de l'instruction que la décision dont M. A demande l'annulation et par laquelle il a lié le contentieux ne porte aucunement sur ce point, mais seulement sur le refus initial du département de lui verser le RSA à compter du 1er juillet 2022.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ".
7. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, du code de justice administrative, il n'appartient pas au tribunal administratif d'adresser des injonctions à l'administration.
8. Si M. A demande au tribunal d'enjoindre au département du Val-d'Oise de lui verser, dans le délai de quinze jours et sous astreinte de 300 euros par jour de retard la somme de 1 547,47 euros de rappel de RSA pour la période allant du 1er mars 2021 au 30 juin 2022, cette conclusion, formulée à titre accessoire, est dépourvue de tout lien avec les conclusions à fin d'annulation formées à titre principal portant sur la suspension du RSA à compter du mois de juillet 2022, comme le présent jugement l'a déjà relevé au point 4. Ainsi, ces conclusions à fin d'injonction doivent être regardées comme présentées à titre principal, n'entrant alors pas dans le champ d'application des dispositions précitées du code de justice administrative. Elles sont dès lors irrecevables.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction de M. A doivent être rejetées sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions pécuniaires :
10. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative: " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ". Aux termes du 2ème alinéa de l'article R. 421-1 de ce code : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle (). ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () ".
11. Les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.
12. Pour établir l'existence d'un refus du département du Val-d'Oise de lui payer la somme de 1 547,47 euros en raison de moins-versés de RSA entre le 1er mars 2021 et le 30 juin 2022, justifiant la saisine du juge administrative, M. A se prévaut d'une réclamation adressée au département du Val-d'Oise en cours d'instance et reçu par cette collectivité le 12 février 2024. Toutefois, compte tenu de la date de cette demande, aucune décision implicite de rejet, n'a pu naître à la date du présent jugement.
13. Au surplus et en tout état de cause, le requérant a déjà formulé dans la présente requête des conclusions à fin d'injonction visant à ce qu'il soit enjoint au département du Val-d'Oise de lui verser ces mêmes sommes. En présentant également des conclusions à fin de condamnation visant à un résultat identique à d'autres conclusions précédemment énoncées, le requérant doit être regardé comme formulant des conclusions irrecevables.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions pécuniaires de M. A sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
15. Si M. A demande que soit mise à la charge de l'État la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ce dernier n'est pas parti à l'instance et ne peut donc être regardé comme la partie perdante. Les conclusions de M. A relatives aux frais liés au litige ne pourront donc qu'être rejetées sur le fondement du 5° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de M. A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A, à Me Goulay à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise et au département du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 19 mars 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. Monteagle
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026