Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2301378

vendredi 22 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2301378
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er février 2023, M. B A demande au Tribunal d'annuler la décision, en date du 15 septembre 2022, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ".

M. A soutient que la décision litigieuse est illégale dès lors qu'il dispose d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié ", qu'il travaille pour la société Capgemini depuis 2017, et que cet emploi lui procure des ressources stables et régulières.

Le préfet des Hauts-de-Seine a été mis en demeure le 21 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Villette, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant chinois, a présenté au préfet des Hauts-de-Seine, le 16 mai 2022, une demande tendant à la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". Par une décision du 15 septembre 2022, dont M. A demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande.

2. Aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer () une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail () ". Il résulte de ces dispositions que la délivrance de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " est notamment subordonnée au caractère stable et suffisant des ressources du demandeur durant les cinq années précédant la demande.

3. M. A soutient qu'il justifierait de ressources stables et suffisantes depuis 2017, dès lors qu'il a été recruté, au cours de cette année, par la société Capgemini pour un salaire initial de 2 385 euros qui n'a, depuis lors, cessé de croître. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a été recruté par la société Capgemini que le 4 septembre 2017, soit moins de cinq ans avant le dépôt de sa demande de carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ", le 16 mai 2022. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé justifiait, à la date de cette demande, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins depuis plus de cinq ans. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 4 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2024.

Le rapporteur,

signé

G. VILLETTE

Le président,

signé

K. KELFANI La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.