Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2301923
vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2301923 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 février 2023, M. A B, représenté par Me Toihiri, demande au tribunal :
1°) d'annuler les titres de perception IDF1 19 2600081923, IDF1 19 2600081929, IDF1 20 2600040314 et IDF1 20 2600038802, par lesquels le préfet du Val-d'Oise a mis à sa charge la somme globale de 69 830 euros et de le décharger du paiement de cette somme ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le préfet du Val d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, à titre principal, que la juridiction administrative est incompétente pour connaître du présent litige et, à titre subsidiaire, que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".
2. Par jugement du 6 septembre 1995, le tribunal de grande instance de Pontoise, statuant en matière correctionnelle, a déclaré M. B coupable d'une infraction aux dispositions du code de l'urbanisme, pour avoir exécuté des travaux non conformes au permis de construire qui lui avait été délivré, et ordonné la remise en état des lieux dans un délai de deux mois, sous astreinte de 500 francs par jour de retard, passé ce délai.
3. Conformément à ce jugement, le préfet du Val-d'Oise a procédé, par titres de perception successifs, à la liquidation des astreintes dues, sur la base de constats de non-régularisation de la commune de Cormeilles-en-Parisis.
4. La créance en litige trouve ainsi son fondement dans la condamnation prononcée par la juridiction répressive contre M. B pour violation des règles d'urbanisme. La circonstance qu'il a été procédé à la liquidation de l'astreinte par arrêtés du préfet du Val-d'Oise n'ayant pu modifier ni la nature du litige ni la détermination de la compétence, le contentieux de son recouvrement ressortit aux juridictions de l'ordre judiciaire. La requête de M. B doit donc être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy-Pontoise, le 26 avril 2024.
Le président de la 2ème chambre,
signé
C. Huon
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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