lundi 25 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2303034 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine a maintenu, sur recours administratif préalable obligatoire du 9 février 2021 reçu le 10 février 2021, la suspension du versement de l'aide personnalisée au logement (APL) ;
2°) d'enjoindre à la CAF des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine au bénéfice de son conseil la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision ayant initialement procédé à la suspension de son APL ne lui a jamais été notifiée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision initiale ainsi que la décision de rejet de son recours préalable obligatoire sont entachées d'un défaut de motivation ;
- la décision attaquée méconnaît les droits de la défense et le respect de la procédure contradictoire en méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'aucune procédure contradictoire n'a précédé l'édiction de cette décision, qu'elle n'a pu faire utilement valoir des observations et qu'elle n'a pas reçu copie du rapport du contrôleur ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 822-2 et de l'article R. 823-10 du code de la construction et de l'habitation, dès lors qu'elle avait bien, sur la période considérée, sa résidence principale en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2024, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, représentée par Me Charluet-Marais, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- la décision du 20 février 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 18 février 1980, est allocataire de l'aide personnalisée au logement auprès de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine depuis le 16 novembre 2003. Son droit à cette allocation a été suspendu à compter du mois d'octobre 2020. Par un recours préalable formé le 9 février 2021, elle a contesté cette suspension, demande qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette dernière décision.
2. En premier lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de cette dernière. Par suite, le moyen tiré de ce que la CAF des Hauts-de-Seine n'aurait pas régulièrement notifié à Mme B la suspension du versement de l'APL, inopérant, ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active (RSA) ou à l'aide exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
4. Dès lors que la décision attaquée ne remet pas en cause les versements déjà effectués, il appartient au tribunal de se prononcer directement sur les droits de Mme B à l'aide personnalisée au logement, sans avoir à se prononcer sur les vices propres de l'acte invoqué par la requérante. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et de la méconnaissance des droits de la défense, qui concernent d'éventuels vices propres de la décision attaquées et sont dépourvus d'influence sur les droits réels de l'intéressée à l'allocation qui sont déterminés par le juge dans le cadre du recours contentieux, doivent être écartés comme inopérants.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 351-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Une aide personnalisée au logement est instituée. ". Aux termes de l'article L. 821-1 de ce même code : " Les aides personnelles au logement comprennent :
1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'articles L. 821-2 du code précité :
" I. Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale ". Aux termes de l'article R. 822-23 de ce code : " Est considéré comme résidence principale, pour l'application du premier alinéa du II de l'article L. 822-2, le logement effectivement occupé soit par le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, soit par son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 823-4, au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. "
6. La suspension de l'aide personnalisée au logement versée à Mme B a été mise en œuvre à compter d'octobre 2020 au motif que l'intéressée ne pouvait être regardée comme ayant occupé le logement pour lequel elle bénéficiait d'une APL à titre de résidence principale au regard de la fréquence et de la durée de ses séjours à l'étranger. Mme B se borne à soutenir sans produire aucune pièce, ni n'apporter aucune précision, qu'elle " affirme " avoir toujours résidé de manière stable et effective en France. Toutefois, il résulte de l'instruction, et plus particulièrement du rapport d'enquête de la CAF du 22 juillet 2021, qu'au regard des mouvements sur les comptes bancaires de l'intéressée à partir du Maroc, Mme B a résidé à l'étranger du 5 février 2018 au 1er mars 2018, du 13 août 2018 au 14 novembre 2018, du 6 août 2019 au 28 août 2019 et enfin du 12 septembre 2019 au 6 février 2020. La CAF des Hauts-de-Seine a ainsi relevé que Mme B avait séjourné à l'étranger 99 jours en 2018, 134 jours en 2019 puis 37 jours au début de l'année 2020. En outre, Mme B, qui a déclaré le 22 juillet 2020 que son passeport français avait été volé, n'a pas déféré à la demande du 12 août 2020 de la CAF de produire ses passeports français et marocains ainsi que ceux de sa fille pour contredire utilement les résultats de l'enquête. Au demeurant, elle ne s'est pas davantage présentée aux deux rendez-vous des 1er et 15 avril 2021 auxquels la CAF l'avait convoquée pour examiner sa situation. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la CAF a procédé à une inexacte application des dispositions citées au point 5 en estimant qu'elle ne disposait plus d'une résidence stable en France et en suspendant le versement des APL à compter du mois d'octobre 2020. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne pourra qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation de Mme B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et de celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Desfarges et à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. MonteagleLa greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026