Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2303420
jeudi 29 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2303420 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2023, Mme C B, épouse A, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 mars 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement.
Elle soutient que :
- elle a sollicité, à tort, lors de sa demande de titre de séjour, un changement de statut, alors qu'elle souhaitait obtenir une autorisation provisoire de séjour ;
- son père, étant ressortissant italien, elle est en droit d'obtenir un titre de séjour en qualité de membre de la famille d'un ressortissant de l'Union européenne ;
- ses enfants sont scolarisés et elle est actuellement enceinte - moyen qui doit être interprété comme soulevant l'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il indique confirmer son arrêté et communique l'ensemble des pièces utiles en sa possession.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. d'Argenson, président, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, épouse A, ressortissante tunisienne née le 21 avril 1989 en Italie, est entrée en France le 11 août 2021 munie d'un visa " D " étudiant valable du 7 juillet 2021 au 7 juillet 2022 et a été mise en possession d'un titre de séjour étudiant valable
du 1er juin au 31 décembre 2022. Elle a sollicité le 25 janvier 2023 un changement de statut et demandé un titre de séjour sur le fondement de l'article L 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien
du 17 mars 1988 modifié. Par un arrêté du 8 mars 2023, dont elle demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement.
2. Si Mme B, épouse A, soutient qu'elle est en droit d'obtenir un titre de séjour en qualité de membre de la famille d'un ressortissant de l'Union européenne, en application des dispositions des articles L. 200-1 et L. 200-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'établit pas que son père serait ressortissant italien. Par suite, elle ne dispose ni du droit de solliciter un titre de séjour sur le fondement de l'article
L. 231-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni du droit de circuler et de séjourner librement en France. Par ailleurs, si la requérante soutient qu'elle a sollicité, à tort, un changement de statut, alors qu'elle souhaitait en réalité obtenir une autorisation provisoire de séjour, cette circonstance est sans effet sur la légalité de l'arrêté attaqué. En tout état de cause, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'elle aurait formulé une telle demande. Dès lors ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, épouse A, ne justifie que d'une ancienneté de résidence en France d'une année et cinq mois à la date de la décision portant refus de titre de séjour en litige et qu'elle n'est pas démunie d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident son père, son frère et où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-deux ans. Par ailleurs, ainsi qu'elle indique elle-même, son époux, qui réside régulièrement en France, a fait une demande de regroupement familial qui est cours d'instruction, l'intéressée ne faisant état d'aucun obstacle, y compris de nature médicale compte tenu de sa grossesse, à ce qu'elle retourne en Tunisie, le cas échéant, avec ses enfants le temps de l'instruction de sa demande de regroupement familial. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B, épouse A, doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B, épouse A, est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, épouse A, et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. d'Argenson, président,
M. Robert, premier conseiller,
Mme Bocquet conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 février 2024.
Le président-rapporteur,
signé
P.-H. d'ArgensonL'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
signé
D. Robert
Le greffier,
signé
V. Guillaume
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2303420
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