Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2303855
vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2303855 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | ESSONO NGUEMA |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 mars 2023 et 3 avril 2024, M. A C, représenté par Me Essono, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures:
1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a confirmé, sur recours préalable obligatoire, la décision du 16 novembre 2022 de la CAF du Val-d'Oise rejetant sa demande d'attribution du revenu de solidarité active (RSA) à compter du 31 octobre 2022 ;
2°) d'enjoindre à la CAF du Val-d'Oise de lui verser le RSA à compter du mois de novembre 2022 ;
3°) de mettre à la charge de la CAF du Val-d'Oise et du département du Val-d'Oise la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 mars 2023 et 13 septembre 2024, Mme B C née D, représentée par Me Laplante, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a confirmé, sur recours préalable obligatoire, la décision du 16 novembre 2022 rejetant la demande de M. C d'attribution du revenu de solidarité active (RSA) pour la période trimestrielle d'octobre à décembre 2022 ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise de l'admettre au bénéfice du RSA à compter du mois de novembre 2022 et de lui verser en conséquence les sommes dues depuis cette date, à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 180 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge des défendeurs la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 octobre 2023 et 4 avril 2024, le département du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Vu :
- la décision du 18 décembre 2023 par laquelle M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise ;
- la décision du 18 décembre 2023 par laquelle Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise ;
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration, ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (), des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". L'article L. 262-3 du code précité dispose que : " L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'État () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes du I de l'article R. 262-7 : " Le montant dû au foyer bénéficiaire du revenu de solidarité active est égal à la moyenne des montants intermédiaires calculés pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
4. Le refus de la CAF de faire droit à la demande de RSA à M. C du 31 octobre 2022 est fondé sur la circonstances que ses ressources sur le trimestre de référence, c'est-à-dire entre le 1er juillet et le 30 septembre 2022, qui s'élevaient à 7 283,60 euros soit une moyenne de 2 427,87 euros par mois, excédaient le montant forfaitaire de ressources garanti pour un couple sans enfant à charge, M. C ayant alors déclaré que son foyer était uniquement constitué de lui-même et de son épouse.
5. D'une part, M. C se borne à soutenir qu'il est " dans un état de précarité avancé ", sans contester aucunement le montant de ses ressources tel qu'il est établi sur la période de référence, et " père de famille nombreuse ", alors qu'il a déclaré l'inverse au département lors du dépôt de sa demande, n'apportant aucune précision sur les noms et âges de ses enfants et ne produisant aucune pièce permettant d'apprécier son allégation.
6. D'autre part et quant à elle, Mme C se prévaut des ressources de son foyer entre le mois de décembre 2022 et le mois de février 2023, c'est-à-dire postérieurement à la demande son époux et à la période de référence prévue par les dispositions de l'article R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles. Si elle fait en outre valoir que le département a fait droit postérieurement à la demande RSA de son époux au cours de l'année 2024, cette circonstance est sans incidence sur l'objet du présent litige qui vise à statuer sur les droits de son foyer au RSA à compter du 31 octobre 2022.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation de M. et Mme C, à l'appui desquelles ils ne présentent que des moyens inopérants, de moyens qui ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ou qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien, ne peuvent qu'être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de même que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Mme B C née D, à Me Essono, à Me Laplante et au département du Val-d'Oise
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 18 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. Monteagle
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618520
01/09/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502745
01/09/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604577
01/09/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2620197
01/09/2026